Au cœur de la campagne : à Paris, Emmanuel Grégoire veut préserver la vitalité des quartiers
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Vainqueur de la primaire socialiste pour mener la bataille parisienne, l’ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo, élu député de Paris en 2024, mène une liste d’union de la gauche et des Ecologistes. Il fait du logement l’un de ses principaux combats, notamment pour préserver des quartiers vivants.
Quelles dispositions prévoyez-vous au sujet de l’implantation des terrasses permanentes et éphémères ? Si vous êtes élu, comptez-vous revenir sur les autorisations délivrées par la précédente mandature ?
Nous poursuivrons le régime des terrasses estivales, qui bénéficiera d’un toilettage pour l’affermir juridiquement. Nous considérons que c’est un immense succès. Je crois pouvoir dire que la filière doit une fière chandelle à Anne Hidalgo pour cet immense service rendu au secteur dans un moment critique. Les terrasses, c’est la vie parisienne. Certains nous accusent de privatiser l’espace public. Mais je considère que cela est fait au nom de l’intérêt général car les Parisiens les utilisent beaucoup, pas seulement les touristes.
Je ne modifierai pas non plus les horaires d’activité. Nous assumons la dimension festive et conviviale de Paris et nous le porterons. Par contre, nous serons fermes et durs avec ceux qui ne respectent pas les règles. Le droit à terrasse n’est pas un droit absolu. Et je considère que faire respecter les règles n’est pas attentatoire à la liberté du commerce, c’est attentatoire à la liberté des autres de vivre. Je le dis avec une vigilance sur la qualité de sommeil de chacun.
Pour autant, je veux conserver des lieux de nuit dans Paris. Nous accompagnerons la filière pour continuer les investissements d’insonorisation et de rénovation dans le sens d’une bonne cohabitation des activités avec le quartier.
D’un point de vue de la procédure, l’attribution des droits restera une prérogative des mairies d’arrondissements, après instruction par la direction de l’urbanisme car je pense qu’il ne revient pas au maire de Paris de traiter directement de ces sujets très locaux. Je demanderai simplement que les règles soient respectées. Et si elles ne sont pas approuvées par les professionnels, nous en discuterons. Je souhaite seulement que nous puissions protéger les principes légaux comme l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite. Le maire ne peux pas autoriser l’exploitation d’espaces publics sans une autorisation en bonne et due forme. Mais je souhaite encourager des instructions beaucoup plus rapides, notamment en faisant intervenir l’intelligence artificielle pour accélérer certaines étapes.
Je souhaiterais également travailler sur le sujet de la valorisation des terrasses dans la cession des baux commerciaux. Des situations se présentent où la capacité de la terrasse n’est plus en cohérence avec le nombre de places disponibles en salle. Cela créé des distorsions de valeur sur les baux commerciaux alors même qu’il est impossible d’avoir une valorisation certaine de la terrasse estivale puisque, par définition, c’est un droit révocable.
Que prévoit votre programme concernant la collecte des déchets pour les professionnels des métiers de bouche ? Quelles mesures envisagez-vous s’agissant des biodéchets ?
Les activités professionnelles reposent sur des marchés d’ordures ménagères différents de ceux pour les particuliers. Je propose de ne pas toucher à cet équilibre historique entre régie publique et privé, qui a été posé il y a plus de quarante ans, et qui marche très bien. Mais j’aimerais pouvoir intégrer plus d’activités professionnelles dans la charge de travail en régie, sous forme de prestations payantes. Le sujet est surtout de travailler sur les horaires de sortie des poubelles parce que c’est ce qui attire les nuisibles. Ensuite, faire en sorte d’établir des partenariats entre les acteurs économiques et la régie publique ou les prestataires de la ville pour améliorer l’efficacité du ramassage des ordures professionnelles. Leurs contraintes ne sont pas les mêmes et les horaires de sorties ne sont pas toujours adaptés. Nous referons un travail sur ce sujet des besoins des professionnels. Il faut remettre l’hyper-proximité dans les décisions.
Au sujet des biodéchets, nous avons une obligation légale pour les particuliers et nous avons installé des points d’apport volontaire. Mais cette collecte est encore à parfaire, elle n’est pas à la hauteur des moyens qu’on y met. L’apport volontaire est effectivement complexe à gérer pour les professionnels. Nous avons expérimenté le principe d’une tournée de ramassage, dans le 2e et le 12e arrondissement. C’est extrêmement cher pour un usage assez faible. Nous nous sommes heurté aussi à un problème de disponibilité des locaux poubelles et à l’inconfort lié à l’apparition rapide des moucherons. Je ne dis pas que c’est impossible, mais l’offre industrielle n’est aujourd’hui pas mature.
Comment comptez-vous lutter contre la monoactivité dont souffrent certains quartiers /rues s’agissant des commerces de restauration ? Quelle place pour la préemption commerciale dans votre stratégie ?
Ces phénomènes ne sont pas spécifiquement parisiens, mais ont une acuité très forte à Paris. La raison est simple : quand il n’y a pas d’habitants, nous n’arrivons pas à faire vivre un tissu commercial de proximité parce que les propriétaires des murs louent au plus cher. Au détriment de ce qui fait un tissu commercial équilibré, des coiffeurs, des boulangers, des bouchers, des épiceries, des bistrots. Le sujet de vigilance sur le bistrot est notamment très marquant, parce que le bistrot est identitaire de l’art de vivre à la parisienne.
Le problème se pose ailleurs, notamment à Londres, avec ses pubs traditionnels. Nous sommes confrontés a une uniformisation mondiale de ces grandes chaînes, qui peuvent avoir des qualités, mais au détriment des particularités patrimoniales et historiques. Et des petits acteurs, qui ne bénéficient pas d’immenses centrales d’achats et de capacités de négociation avec les fournisseurs. Et donc, nous allons devoir travailler avec les représentants du monde du commerce à la manière dont on peut créer des réseaux d’acheteurs, et comment la ville, peut agir par des interventions immobilières.
Je porte, par ailleurs, une proposition de loi sur l’encadrement des loyers commerciaux avec mon collègue député de Marseille, Laurent Lardy. C’est un pacte d’urgence pour le commerce dont nous avons besoin, notamment pour protéger cet art de vivre.
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Les modes de consommation sont en mutation. Mais il faut que cela se fasse sous l’effet de l’évolution de la culture et du choix des consommateurs. Non pas de la financiarisation du commerce au détriment des indépendants et de la vie des quartiers.
Je souhaite à ce propos parler de la livraison à domicile qui rogne les marges des restaurateurs, alors qu’elle pourrait être un levier de croissance. En réalité, c’est plutôt du volume à très faible marge. La question du lien des Parisiens à la consommation de la livraison à domicile est un sujet que je veux questionner, et sur lequel nous voulons les interpeller. Parce qu’il faut prendre la mesure que derrière ne se joue pas seulement l’avenir des commerces de proximité. Mais il se joue tout un écosystème qui se fait briser par une cannibalisation de l’économie réelle qui m’est profondément insupportable. J’ai lutté avec détermination contre les dark store et les dark kitchen, avec grand succès. Donc, nous soutiendrons largement les professionnels des CHR à travers les outils à notre disposition. Nous avons notamment besoin d’actions foncières pour soutenir un certain nombre d’activités.
Et je veux vous dire notre détermination totale à accompagner les pouvoirs publics dont c’est la compétence sur la question du blanchiment d’argent et sur la question des activités illégales. La ville n’a pas la compétence d’intervenir pour des fermetures administratives, je veux être honnête sur ce point. Mais nous devrons travailler sur une forme de simplification et d’efficacité d’action avec la préfecture de Région, pour ce qui concerne le travail illégal et l’hygiène. Et avec la préfecture de police pour le blanchiment. Nous avons un levier à travers la réglementation d’urbanisme, mais nous nous heurtons souvent au croisement des compétences avec les autres instances administratives et judiciaires. Nous devons aligner les pouvoirs publics pour lutter contre cela.
Quels engagements prenez-vous vis-à-vis des entreprises sur les impôts et taxes suivantes : cotisation foncière des entreprises (CFE), cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), taxe foncière, redevances de terrasses, taxe sur la publicité extérieure.
J’ai pris l’engagement de ne pas augmenter la taxe foncière. C’est la seule taxe sur laquelle nous avons une liberté de ton. Concernant la redevance des droits de terrasse, je ne peux pas prendre un engagement de stabilité sur six ans. Ce n’est pas sérieux. Tout augmente, y compris pour la ville. L’évolution sera modeste et soutenable. Mais je ne peux pas prendre l’engagement de ne pas augmenter l’occupation du domaine public en général, ce ne serait pas responsable de ma part.
Quelles limites souhaitez-vous poser concernant les nuisances sonores liées aux activités de restauration ? Comment envisagez-vous les relations entre les forces de l’ordre municipales et les CHR ? Les agents seront-ils sensibilisés aux particularités de ces métiers ?
Je souhaite que les professionnels aient moins de méfiance vis-à-vis de la police municipale. Elle est là pour protéger leurs clients et leurs activités dans la régulation. Nous avons besoin des remontées de terrain précises pour que les maires d’arrondissement puissent les identifier et en discuter avec leur chef de police municipale. Nous demandons un niveau d’éthique à nos agents, pour éviter des situations qui nécessiteraient un recours de la part des restaurateurs. En effet, la ville n’a plus la main dès lors qu’une amende administrative est émise car cela sort de son cadre juridique.
Mais je suis tout à fait d’accord pour travailler avec l’autorité judiciaire pour voir comment améliorer les processus de recours. Nous prenons un engagement de ne pas laisser des situations se détériorer, et de les faire passer à un autre échelon que celui de la ville si les mécanismes de verbalisation n’ont pas d’effet. Par exemple en faisant intervenir la commission de régulation ou une autre instance pour ouvrir un dialogue constructif.
Les professionnels montrent le besoin de connaître leurs policiers municipaux de proximité. Nous devons monter en puissance sur la brigade de nuit, qui est pour l’instant modeste et pas territorialisée. Ce sujet demande une coordination entre les polices nationale, municipale et des transports. Par ailleurs, nous ouvrirons une réflexion sur les Pierrots de la nuit. Ces équipes sont régulièrement moquées. Si la filière me dit que ce n’est pas utile, je les fermerai. Mais tous les professionnels de la nuit me disent qu’au contraire, elles sont extrêmement utiles en médiation. Si tel est le cas, je suis prêt à continuer à porter cette politique au profit des acteurs professionnels. A condition qu’ils la défendent aussi. Mais nous pourrons en rediscuter à l’occasion des comités de filières que je souhaite mettre en place (lire la dernière question, ndlr).
Concernant la question de la cohabitation des activités avec les riverains, nous y travaillons collectivement, et arrivons à améliorer les choses. J’en veux pour exemple la rue Oberkampf ou la rue de Lappe qui ont longtemps défrayé la chronique. Ce sont toujours des endroits très vivants mais aujourd’hui beaucoup plus agréables et soutenables. Cela est notamment dû à des mutations d’habitat. Nous serons également mobilisés pour veiller à une bonne articulation entre les politiques de soutien à la filière de la mairie centrale et la nécessité des maires d’arrondissements de ne pas être sourds à la régulation auprès de leurs riverains.
Quelles mesures souhaitez-vous prendre pour réguler les meublés de tourisme ? Quels moyens de contrôle allez-vous mettre en place ?
Paris, du fait de son attractivité, a subi très fortement le manque de régulation des meublés touristiques. A force de tirer la sonnette d’alarme, nous arrivons à avoir des instruments plus efficaces pour enrayer ces mécanismes. Nous avons obtenu des avancées législatives, mais c’est une bataille de longue haleine qui reste devant nous. Les procédures de contrôle sont plus fermes et vont nous permettre de mener une guerre pour éviter que le cœur de Paris se vide de ses habitants comme cela a été le cas à Londres ou à Manhattan.
Nous abordons le sujet par trois axes. D’abord, en arrêtant de créer de nouveaux meublés de tourisme pour faire revenir des logements sur le marché d’habitation. Ou d’en créer dans des quartiers où il n’y en a pas du tout, comme le prévoit désormais le plan local d’urbanisme. Ensuite, en luttant de manière impitoyable contre la fraude car nous estimons autour de 25.000 le nombre de meublés illégaux. De plus, ils conduisent à une déshumanisation de nos villes. Tous ces meublés touristiques se ressemblent partout dans le monde. Je veux que Londres ressemble à Londres, que Paris ressemble à Paris, Berlin à Berlin, et que chacune fasse vivre ses arts de vivre traditionnels.
De quelle manière votre politique en matière de transport sera-t-elle favorable à l’activité des CHR ? Prévoyez-vous d’agir sur le stationnement ?
Quatre millions de personnes fréquentent cette ville chaque jour. 99 % d’entre eux ne se déplacent pas en voiture. Je sais que les politiques de circulation ont pu avoir des impacts sur des commerces hyper-spécialisés qui reposaient sur une clientèle de destination. Mais c’est aussi bénéfique pour l’immense majorité des commerces, dès lors qu’on arrive à créer des zones de chalandise de proximité qui soient suffisamment denses.
Je porte l’idée d’un métro 24h/24. Cette mesure ne bénéficierait d’ailleurs pas forcément le plus aux Parisiens, mais plutôt aux Grands-Parisiens et aux salariés. C’est une mesure qui coûte cher et qui ne se réalisera pas comme par magie. Mais je ne comprends pas pourquoi mes opposants y sont défavorables. Nous allons y travailler, notamment en profitant de la livraison du Grand Paris Express, la plus grande infrastructure de transport public du monde, dans les trois à quatre ans qui viennent. Cela va radicalement changer la vie de cette région dans les déplacements de banlieue à banlieue. Mais aussi dans la capacité de la seconde couronne à venir dans Paris en transport en commun. Cette ligne, ainsi que les lignes 1, 4 et 14 seront notre priorité pour le déploiement du 24h/24.
Sur un plan beaucoup plus modeste, je souhaite améliorer le flux des bus. Ce moyen de transport est très utile, notamment le soir. Plus sûr aussi avec l’arrêt à la demande que nous avons mis en place avec la RATP dans les bus de nuit.
S’agissant du stationnement des professionnels, nous allons tripler le nombre de places de livraison. Nous les distinguerons des places spécifiquement orientées vers les artisans qui ont des besoins particuliers. Les professionnels ont aussi porté à notre connaissance le fait que les places pour transports de fond sont très peu occupées. La loi nous oblige à prévoir ces emplacements, mais nous pouvons étudier les possibilités à envisager. J’envisage également d’élargir le type de véhicules professionnels éligibles à la carte Mobile Pro. Sur ce sujet, nous devons prévoir de nombreux ajustements pour supprimer les points irritants que soulèvent les professionnels.
Concernant le stationnement des particuliers, je ne suis pas favorable à un principe de stationnement rotatifs ou à tarif réduit pour ceux qui consomment dans les restaurants. En revanche, je souhaite étudier des systèmes intelligents pour optimiser le taux d’occupation des parkings souterrains qui sont sous-utilisés. Nous avons aussi prévu de revoir radicalement leurs tarifs. La mairie de Paris pourraient appuyer des offres de types restaurant-parking avec les groupes concessionnaire des souterrains pour inciter les automobilistes à choisir ce stationnement.
Du point de vue du logement, que prévoit votre programme pour faciliter l’accès aux logements de centre ville pour les métiers en tension (dont les CHR) ?
Nous sommes les seuls à proposer des solutions opérationnelles pour loger les salariés des CHR. La plupart ne peuvent pas accéder au marché privé parisien, comme 80 % des personnes qui travaillent à Paris. Cela implique des enjeux de transports et, malgré tout, l’enjeu de préserver l’attractivité économique des entreprises parisiennes . En effet, elles doivent, par ricochet, augmenter les salaires pour attirer des candidats. Nous poursuivrons une politique de logement, à la fois social, mais aussi en développant une offre particulière, pensée spécifiquement pour les classes moyennes. Ce que nous appelons le logement abordable. Enfin, nous lutterons contre la vacance des logements. Un logement sur cinq à Paris n’est pas consacré à héberger des personnes, soit 300.000 logements. Il faut les faire revenir massivement dans le giron de l’habitat permanent. Il s’agit de lutter contre la fraude, contre les meublés touristiques permanents, et de réguler les résidences secondaires.
Juridiquement, nous ne pouvons pas conditionner l’accès à un logement social parisien au fait de travailler à Paris. Le logement social ne peut pas être un logement de fonction au sens juridique du terme. C’est un droit au logement qui est découplé du droit au travail. Rien ne pourrait empêcher un salarié du secteur CHR, qui se serait vu attribuer un logement, de quitter son emploi et même le secteur lui-même. Nous voulons protéger les filières mais nous manquons d’outils juridiques.
Quels moyens et dispositifs souhaitez-vous déployer pour favoriser l’attractivité touristique de la ville ? Quel fléchage budgétaire envisagez-vous pour la taxe de séjour ?
L’attractivité touristique de notre ville ne repose pas seulement sur la Tour Eiffel ou le Louvre, mais aussi et surtout pour l’art de vivre et le paysage de nos rues, presque unique au monde en termes de densité commerciale. Cela relève peut-être du symbolique, mais c’est le point de départ pour mobiliser les outils réglementaires à notre disposition pour lutter contre la vacance, contre la spéculation foncière, accompagner les changements des modes de consommation et prévenir leurs conséquences.
Les meublés touristiques font vivre certains commerces, mais un grand nombre n’en tirent pas profit. On a besoin d’avoir des habitants dans les quartiers, qui consomment dans les commerces. C’est d’abord un discours de responsabilisation collective, mais aussi un discours de promotion de ces lieux. Par exemple, il y a de nombreux marchés couverts à Paris qui connaissent un vrai défaut de signalétique, que ce soit pour les touristes ou pour les habitants de proximité. Je mise beaucoup plus sur la pérennité du commerce par les habitants locaux parce que c’est ce qui permet de concilier les grands enjeux de transformation de la ville et la solvabilité des commerces à long terme.
Par ailleurs, Paris a bénéficié d’un renouveau des activités hôtelières. Beaucoup d’hôtels ont été rénovés et l’offre commence à devenir extrêmement qualitative. Le corollaire, c’est qu’elle est devenue très chère et je me soucie qu’on puisse dormir à Paris pour moins de quatre cents euros par nuit. Pour cela, nous devons développer de l’offre hôtelière en périphérie de Paris et dans les quartiers populaires, ainsi que des activités touristiques. Je suis convaincu qu’on vient à Paris pour la Tour Eiffel, pour Notre-Dame, mais aussi pour Belleville, pour Ménilmontant, pour les quartiers du treizième, qui sont ceux qui donnent à voir l’art de vivre à la parisienne.
De quelle manière vos projets d’aménagement impacteront ou profiteront aux CHR ?
Il y a eu trop de travaux en même temps. Mais il faudra continuer à en faire. La ville n’est pas à l’origine d’une majorité d’entre eux puisque les travaux sont souvent d’origine commerciale. Des installations de gaz ou d’électricité qui relèvent d’une obligation légale pour Enedis.
Mais nous pouvons faire mieux, notamment en faisant en sorte que la mairie de Paris redevienne l’unique maître d’ouvrage des travaux sur l’espace public, comme c’était le cas avant 2015. Nous limiterons également le multi-chantiers, en évitant de tout réaliser en même temps.
Les CHR déplorent la complexité administrative et un manque de communication entre les services centraux et d’arrondissements. Comment comptez-vous fluidifier la communication ? Comptez-vous unifier les réglementations dont relèvent les CHR ou pensez-vous que des chartes locales soient utiles ?
Nous allons créer des comités de filières pour aborder les sujets de manière plus spécifique. Toutes les associations professionnelles pourront y participer, les organisations territoriales et de secteur, comme l’UMIH et le GHR. Nous mettrons également en place un interlocuteur unique qui auront la charge de répondre à toutes les questions liées au secteur. Ce sera une sorte de guichet unique pour la filière qui fera l’objet de déclinaisons administratives et politiques.
Propos recueillis le 20 février 2026 à l’occasion d’une visite aux commerçants du 6e arrondissement, et le 6 mars 2026, lors d’une rencontre avec les restaurateurs, organisée par le GHR Paris-Ile-de-France et l’UMIH-Paris Ile-de-France.