Chassenay d’Arce : le millésime 2026 ou le bouleversement du champagne
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Le millésime 2026 s’annonce d’ores et déjà spécial pour Chassenay d’Arce avec des effets attendus sur la typicité des cuvées de champagne.
En cette fin de mois d’août, Chassenay d’Arce, coopérative de la Côte des Bar, termine ses vendanges. Un millésime 2026 qui s’annonce d’ores et déjà spécial à plus d’un titre pour la cave qui regroupe 130 familles de vignerons et compte 315 hectares de vignes sur 14 villages autour de Ville-sur-Arce (Aube).
Et pour cause, « les vendanges 2026 se terminent avec un sentiment mitigé parce que nous sommes forcément déçus des volumes de récolte. Nous allons récolter environ 5.500 kg par hectare pour une appellation à 8.800. Nous aurions aimé qu’elle soit plus importante », explique Manuel Henon, directeur général de Chassenay d’Arce.
Néanmoins, si la quantité ne se révèle pas au rendez-vous, du fait de la survenance de 13 épisodes de gelée et des différentes vagues de fortes chaleurs, la qualité répond présent. « La vendange se révèle extrêmement saine, mais très mûre, avec des équilibres sucre-acidité que nous n’avons jamais connu au préalable », indique le directeur général de Chassenay d’Arce au sujet du millésime 2026. Les équipes constatent également de fortes concentrations dans les raisins.
L’alerte de Chassenay d’Arce sur les cuvées du millésime 2026
Des évolutions qui devraient impacter de manière significative les qualités organoleptiques des cuvées de champagne. C’est en tout cas ce que croit Manuel Henon : « Cela va vraiment être un enjeu pour nos chefs de cave de tirer la meilleure expression de ce millésime assez particulier, notamment dans la phase de vinification. L’impact de cette vendange sur l’évolution des vins va être assez singulier. Il y a des marqueurs de millésime très forts, cette maturité très rapide, qui amène une aromatique un peu différente. »
Dans ce contexte, le directeur général prévient. « Pour nos millésimes, c’est quelque chose sur laquelle nous pouvons très facilement communiquer auprès d’une clientèle avertie. Mais le vrai impact va être sur les bruts sans année (BSA) pour arriver à conserver la signature maison », estime-t-il ainsi.
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Par ailleurs, ce millésime particulier peut apparaître comme une piqûre de rappel des effets du dérèglement climatique. « C’est le moment pour s’interroger sur nos pratiques viticoles », avance Manuel Henon, citant notamment l’arrêt de l’effeuillage afin de réduire les concentrations. Et d’insister : « Il va falloir essayer des choses, ne plus se dire que nous allons faire comme avant. » Dans cette logique, Chassenay d’Arce travaille sur son empreinte carbone depuis trois ans et a fait chuter depuis cinq ans son utilisation de produits phytosanitaires de plus de 60%.