On a testé : l’oeuf mayo

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Il est le classique des classiques de l’entrée bistrotière. L’œuf mayonnaise est une proposition simple mais qui nécessite de réelles compétences : choix de l’œuf, réalisation de la sauce, cuisson idoine. Malgré la sobriété de son intitulé, il fait, lui aussi, sa mue. Plusieurs adresses l’adaptent aux tendances culinaires. Un accompagnement de salade (pour l’équilibre), des épices ou des plantes (pour exhausser la mayo) ou encore divers agréments (poisson, croûtons, légumes…) peuvent apporter de la créativité à ce plat. Nous l’avons testé au sein de 14 tables du Grand Paris, dressant ainsi un panel élargi de l’œuf mayo.

chez georges
L'oeuf mayo de chez Georges (Paris 2e). Crédit : Elisa Hendrickx.

Le Bistrot du coin

7,90 €, 257, rue Diderot Vincennes (Val-de-Marne)

Simplement délicieux. Logé près du carrefour des Rigollots, à la frontière de Fontenay-sous-Bois, l’établissement est discret. Mais son âme réside à l’intérieur. Au milieu de la petite salle, l’ardoise décline la carte du jour : l’œuf mayonnaise figure en première position. Dans l’assiette, l’agencement de cette entrée surprend. Présentés le dos blanc apparent, les trois demi-œufs — jaune orangé et moelleux à l’intérieur — reposent sur un tapis de feuilles vertes et de pommes de terre assaisonnées, le tout surmonté par une délicate et goûteuse mayonnaise maison. Au milieu, l’olive noire surgit de son nid. Le trait de vinaigre balsamique porte la touche finale et le quartier de tomate, une couleur vive. Ces saveurs mélangées se répondent. La tomate et la salade apportent fraîcheur et légèreté. Ainsi, l’estomac se sent prêt à déguster le plat. Martine Favier

Maison Saint Martin

8 €, 33, rue du Château-d’Eau Paris (10e)

Le surprenant. Dans sa nouvelle brasserie, David Zenouda a prévenu qu’il voulait sortir des codes classiques du bistrot. Et c’est exactement ce qu’il fait avec son œuf mayo. Quatre moitiés d’œufs mollets panés au panko, frites juste ce qu’il faut pour offrir une coque craquante avant de céder sur un jaune parfaitement coulant. Le tout nappé d’une mayonnaise spicy bien relevée. Les pickles et la roquette allègent l’ensemble et réveillent chaque bouchée. Si l’on retrouve les codes rassurants du classique bistrotier, on s’émerveille d’être ainsi déstabilisé. Il y a du croquant, du moelleux, et surtout, du goût. On peut toutefois questionner le choix de l’assiette longue et étroite, séduisante en salle, mais peu pratique à table : elle bride un peu le plaisir du geste. Mais c’est un détail face à cette relecture inspirée, gourmande et franchement réjouissante. Alice Mariette

Chez Georges

9,50 €, 1, rue du Mail Paris (2e)

La perfection. Chez Georges, les œufs mayo sont bio et généreux. En effet, dans cette institution, les demi-œufs sont servis par quatre (ils le sont par trois dans la plupart des brasseries). Accompagnés d’une salade frisée croquante à souhait — dont l’amertume tranche avec la douceur de l’œuf — et d’une baguette de très bonne facture, il est bien difficile de leur résister. Alors, on sauce. On sauce cette douce et crémeuse mayo, déposée sur le blanc de l’œuf pour ne pas humidifier le jaune orangé et fondant. Et même si l’adresse est cotée, leur prix ne dépasse pas la barre des 10 €, un presque exploit pour un établissement de ce genre dans la capitale… Elisa Hendrickx

Bistrot Sauvageon

8 €, 104, avenue Simon-Bolivar Paris (19e)

La simplicité. Chez Sauvageon, entre Colonel-Fabien et les Buttes-Chaumont, le classique œuf mayo — désormais nommé « œuf mimosa » — est proposé dans une version fidèle à l’esprit du bistrot de quartier. Un œuf dur servi entier, accompagné d’une généreuse dose de mayonnaise maison, d’une poignée de salade de frisée pour l’équilibre, et de tuiles de parmesan pour le croquant. L’ensemble est simple, assez bien exécuté et correctement assaisonné. Il reste toutefois sans sur-prise particulière, dans une approche efficace plutôt que créative. Alice Mariette

Le Bouillon du Coq

2,95 €, 37, boulevard Jean-Jaurès Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis)

Qualité-prix correct. L’établissement de cuisine bistrotière du chef Thierry Marx n’a évidemment pas éludé cette entrée. Un basique à tout petit prix, simple et efficace. La mayonnaise montée à la moutarde à l’ancienne montre un bon caractère, bien qu’on regrette le peu de longueur en bouche et une texture assez grasse. La quantité (trois demi-œufs) est bonne, la mayonnaise un peu juste. On ne s’en offusque pas outre mesure, car sa densité n’incite pas forcément à y plonger du pain. La cuisson des œufs est plutôt ferme, l’écalage un peu grossier, dommage pour le visuel. Mais à ce prix, le contrat est rempli. Laura Duret

À mi-chemin

12 €, 31, rue Boulard Paris (14e)

De grandes espérances. À mi-chemin, mythique bistrot du 14e arrondissement, mes voisins de droite et de gauche me disent avoir traversé la capitale pour venir goûter le « fameux couscous de Nourdine », le propriétaire des lieux. Mais aussi les œufs mayo, référencés à l’Association pour la sauvegarde de l’œuf mayonnaise (ASOM). Si ces derniers sont pour le moins originaux, pour ne pas dire extrêmement chic —puisqu’ils sont servis avec de la poutargue —, ils sont surtout un peu décevants, malgré leur cuisson parfaite. Car si l’idée est bonne — pourquoi ne pas saler les œufs avec de la poutargue — on regrette tout de même de ne pas avoir sur nos jaunes de « vrais » morceaux de pou- targue. Cette dernière, râpée comme du parmesan, en perdant sa mâche tant aimée perd aussi malheureusement de sa saveur. Un petit plaisir pour le moins salé, puisqu’il fait monter la facture à 12 €. Elisa Hendrickx

Le Bistrot Paul Bert

8 €, 18, rue Paul-Bert Paris (11e)

Plein d’harmonie. Dans cet élégant bistrot parisien penchant vers la brasserie, l’ensemble du personnel arbore une chemise blanche. Les œufs mayonnaise proposés ici sont du même acabit. Dressés sur un lit de céleri rémoulade, ces quatre demi-ovoïdes s’accompagnent d’une salade de laitue agrémentée de radis jaunes et d’oignons rouges. La cuisson des œufs est quasi parfaite. Le jaune est légèrement baveux en son cœur, tandis que les contours sont plus poreux. Le tout est sublimé par une onctueuse mayonnaise, réalisée avec de l’ail des ours. L’aspect gustatif apporté par cette plante aromatique est autant bienvenu que la polychromie offerte par l’assiette. Jeremy Denoyer

Au Rêve

9 €, 89, rue Caulaincourt Paris (18e)

Oeufs concours. Ce chic bistrot de quartier, au pied de Montmartre, fait désormais déplacer le Tout-Paris pour son œuf de champion ! Le chef Mathieu Renucci s’est en effet distingué, en novembre dernier, en remportant le très sérieux Championnat du monde de l’œuf mayonnaise. La recette lauréate, toujours à la carte, présente trois élégants demi-œufs, au jaune parfaitement al dente, nappés d’une mayonnaise généreuse, en quantité autant qu’en goût. La sauce est nappante et onctueuse, bien moutardée et relevée d’une nuance vinaigrée. La tuile de pain bien craquante, déposée dessus, apporte de la texture. En guise de socle, la fondue de poireaux peut diviser car elle aurait tendance à diluer les saveurs. Laura Duret

Café du Commerce

6,50 €, 51, rue du Commerce Paris (15e)

Fondant. Cette brasserie à l’ambiance Art Déco présente quatre belles moitiés d’œuf garnies d’une belle couche de mayonnaise. Au centre de l’assiette, une salade de jeunes pousses parfaitement assaisonnée. Dans sa recette, le Café du Commerce a opté pour des œufs mollets qui apportent un vrai plus. Une texture fondante du jaune d’œuf — de couleur orangée — qui sonne comme un rappel de la mayonnaise, à la consistance et à la souplesse parfaites. Bien équilibrée, cette mayonnaise dégage une certaine authenticité, avec une légère pointe de moutarde qui apporte de la vivacité. Une réussite. Aurélien Peyramaure

La Rôtisserie d’Argent

12 €, 19, quai de la Tournelle Paris (5e)

L’enseigne bistrotière du Groupe Tour d’Argent, installée à quelques pas du restaurant étoilé éponyme, est un spécialiste des volailles rôties mais aussi une institution de l’œuf mayo, dont elle a décroché le titre de Champion du monde 2022. Nous avions d’ailleurs consacré un portrait du chef de l’époque, Sébastien Devos, dans L’Auvergnat (octobre-novembre 2025). Déposés sur un épais cercle de pressé de pommes de terre, les trois demi-œufs mayo ont fière allure. Du persil et quelques graines de moutarde surplombent une mayonnaise pleine de tenue et de peps. La cuisson de l’œuf, arborant un jaune bichrome, est parfaite. L’ensemble de chaque bouchée se révèle très généreux… et peut-être un peu trop. La densité de cette entrée aurait eu plus d’équilibre avec un socle plus allégé. Jeremy Denoyer

Bouillon République

2,50 €, 39, boulevard du Temple Paris (3e)

Simple et efficace. Dans l’environnement en pleine effervescence du Bouillon République, au milieu des banquettes, tables et chaises de bistrot, le serveur apporte les œufs mayo présentés de manière sobre, sans fioriture. Trois moitiés d’œuf collées à l’assiette à l’aide de mayonnaise, complétées de quelques feuilles d’épinard, l’ensemble légèrement poivré. Le jaune de l’œuf est vivace, loin d’être terne. La mayonnaise qui garnit généreusement les œufs se révèle parfaitement bien équilibrée. Une pointe de moutarde apparaît au palais pour apporter une légère puissance bienvenue. Une mayonnaise addictive. Une recette sérieuse, d’autant plus au regard du prix défiant toute concurrence. Quoi demander de mieux ? Aurélien Peyramaure

Café du Commerce

6,50 €, 51, rue du Commerce Paris (15e)

Fondant. Cette brasserie à l’ambiance Art Déco présente quatre belles moitiés d’œuf garnies d’une belle couche de mayonnaise. Au centre de l’assiette, une salade de jeunes pousses parfaitement assaisonnée. Dans sa recette, le Café du Commerce a opté pour des œufs mollets qui apportent un vrai plus. Une texture fondante du jaune d’œuf — de couleur orangée — qui sonne comme un rappel de la mayonnaise, à la consistance et à la souplesse parfaites. Bien équilibrée, cette mayonnaise dégage une certaine authenticité, avec une légère pointe de moutarde qui apporte de la vivacité. Une réussite. Aurélien Peyramaure

Le Relais

8,50 €, 7, avenue Georges-Clemenceau Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne)

Généreux. Attablés sur la terrasse arborée de ce bistrot de quartier offrant comme un air de guinguette, nous réceptionnons une assiette généreusement garnie. L’« œuf mayonnaise du Relais » se compose de quatre moitiés d’œuf abondamment garnies de mayonnaise. Ils se révèlent cuits, et sans doute trop. Quant à la mayonnaise, elle s’avère légère, pas écœurante. Toutefois, l’on regrette un manque de dynamisme : elle présente une relative platitude en bouche. Par ailleurs, une salade copieuse et parfaitement assaisonnée complète les œufs mayo, agrémentée de carottes râpées et d’une tranche de tomate. Un ensemble tellement généreux que le plat pourrait être considéré comme une salade à part entière. Aurélien Peyramaure

Grande Brasserie Bastille

13 €, 6, rue de la Bastille Paris (4e)

Presque parfait. Trois demi-œufs au jaune tendre, généreusement nappés d’une mayonnaise maison, onctueuse et bien relevée. À la Grande Brasserie Bastille, l’œuf mayo est tout en équilibre, notamment grâce à un lit de céleri rémoulade aux herbes et graines de moutarde. Cette création, championne du monde 2023, met le produit à l’honneur avec précision. Proposée à 13 €, l’entrée peut sembler un peu chère, mais la portion est généreuse. On se laisse même facilement aller à saucer l’assiette avec l’excellent pain servi, dans cette belle brasserie portée par un service impeccable. Alice Mariette

Le Vieux Belleville

7,50 €, 12, rue des Envierges Paris (20e)

Convenable. Les mentions « café chantant » et « restaurant musette » sur la devanture de cet établissement, implanté tout près du belvédère de Belleville, sont à la hauteur du chaleureux accueil réservé. Il n’est pas étonnant de retrouver l’œuf mayonnaise à la carte de cette adresse à l’ancienne offrant un menu déjeuner accessible (16,50 €). Au centre de l’assiette, la salade est bien assaisonnée. La mayonnaise, assurément faite maison, est d’une honnête qualité. Mais présentée dans un ramequin, elle trahit une cuisson hasardeuse des œufs. Le jaune, aux bords gris, s’avère trop bouilli et s’échappe aisément du blanc. Globalement, l’ensemble reste correct. Toutefois, ce test démontre à qui veut l’entendre la technicité que sollicite la réalisation d’un œuf mayo. Jeremy Denoyer

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