L’édito d’Alice Mariette, rédactrice en cheffe de Au Cœur du CHR, analyse le pouvoir du snacking sur le marché de la restauration.
La restauration à table ne peut plus se permettre d’ignorer le snacking. Elle doit désormais s’en inspirer. Non pas en reniant son identité, mais en intégrant ce qui fait aujourd’hui la force de ce modèle. À savoir la lisibilité de l’offre, la rapidité d’exécution et l’efficacité globale.
C’est le message porté par Nicolas Nouchi (Strateg’eat), à l’occasion du Snack Show, et confirmé dans l’étude Speak Snacking 2026 qui acte un basculement bien plus profond qu’une simple tendance. Les chiffres en témoignent clairement. Avec 37 % du chiffre d’affaires pour 57 % des actes de consommation, le snacking s’impose désormais comme le véritable centre de gravité du marché. Et avec lui, une nouvelle logique s’installe. Le consommateur ne vient plus seulement chercher un moment de plaisir, il arbitre, calcule et compare. Avant même d’être séduit, il veut être rassasié.
Cette priorité donnée à la satiété explique le succès des recettes réconfortantes et une exigence plus forte sur le rapport quantité-prix. Le succès du crousty en est une illustration frappante (voir page 40). Cette barquette aussi simple que généreuse, composée de riz blanc et de poulet frit nappés de sauce, incarne parfaitement cette recherche d’efficacité, de lisibilité et de volume. Une offre sans détour, qui répond frontalement aux attentes du moment.
Le poids de la génération Z
Le snacking est ainsi entré dans une phase de maturité où la croissance se construit dans la précision. Comprendre les usages, maîtriser les flux et clarifier son offre deviennent les véritables leviers de performance. Autre conclusion de l’étude, le poids de la génération Z, qui impose déjà ses codes. Ultra-visuelle et ultra-connectée, elle transforme chaque produit en objet de communication, au point que ce qui ne se partage pas n’existe plus vraiment. Ses attentes en matière d’esthétique, de personnalisation et de transparence redessinent l’offre en profondeur, bien au-delà de son poids actuel dans le chiffre d’affaires.
Enfin, l’étude rappelle que la RSE, elle, marque une pause sans disparaître. Mise en retrait sous l’effet des tensions économiques, elle conserve intact son pouvoir différenciant et reviendra au premier plan dès que le contexte s’y prêtera. Ainsi, les lignes bougent vite. Dans ce nouveau paysage, ne pas évoluer coûte déjà plus cher que se transformer. Il ne suffit plus de suivre le mouvement, il faut désormais changer de logiciel, sans attendre.