Étude Speak Snacking : un modèle dominant, mais sous tension
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L’étude Speak Snacking 2026 dresse le portrait d’un marché plus que jamais central dans la restauration commerciale.
Le snacking occupe une place dominante dans l’ensemble de la restauration commerciale, selon l’étude Speak Snacking 2026, effectuée à l’occasion du Snack Show. En effet, 2025, la restauration rapide concentre 37 % du chiffre d’affaires du secteur, soit 22,5 milliards d’euros HT, et 57 % des prestations servies, représentant 2,1 milliards de repas. Une domination qui s’affirme dans un contexte où la restauration à table continue de perdre du terrain sous l’effet des arbitrages budgétaires. Avec un chiffre d’affaires porté à 20,6 milliards d’euros, le snacking affiche une croissance solide depuis 2019, renforcée par l’arrivée de 527 enseignes supplémentaires en un an. Le panier moyen atteint désormais 13,40 euros.
Mais cette dynamique reste tout de même en trompe-l’œil. « La progression repose essentiellement sur l’inflation, tandis que les volumes stagnent, analyse Nicolas Nouchi de Strateg’eat. Nous sommes passés d’une logique de plaisir à une logique d’arbitrage. Le consommateur calcule, compare, et surtout cherche à être rassasié. ». Dans un environnement où seuls 15 % des Français n’ont pas réduit leurs dépenses en restauration, les comportements évoluent rapidement. Retour de la « gamelle », recul des sorties du soir, simplification des achats… le hors domicile se rationalise.
D’ailleurs, la satiété devient un critère de choix. « Aujourd’hui, un client veut sortir de table en ayant le sentiment d’en avoir pour son argent, parfois avant même de parler de goût », poursuit Nicolas Nouchi. Ce prisme explique la domination des grands classiques. En effet, la pizza reste le snack préféré des Français (47 %), devant le burger (31 %) et le kebab (25 %). Des valeurs sûres, renforcées par le retour de produits régressifs comme le croque-monsieur, la brioche ou le flan, en phase avec une recherche de réassurance alimentaire.
Hybridation des modèles
En parallèle, l’étude Speak Snacking 2026 dresse le portrait d’un marché plus que jamais central dans la restauration commerciale. marché se transforme en profondeur avec l’essor des formats hybrides. Boulangeries, coffee shops et fast-foods multiplient les croisements d’offres pour capter de nouveaux moments de consommation. Cette mutation s’accompagne d’un boom des boissons, notamment chaudes, en hausse de 16 points en un an. « Le coffee shop est le nouveau lieu de socialisation, bien au-delà de la simple consommation de café », observe Nicolas Nouchi, alors que ces produits deviennent aussi un relais de marge stratégique.
Les attentes évoluent également vers plus de diversité, avec une montée en puissance de l’offre végétale. « L’offre végétale est devenue un levier de trafic plus qu’un simple segment de niche », souligne Nicolas Nouchi, même si les contraintes de prix imposent de maintenir des alternatives accessibles. Dans le même temps, l’exigence opérationnelle s’intensifie. Rapidité d’exécution, digitalisation des parcours, influence croissante des réseaux sociaux. « Un produit doit aujourd’hui être vu avant d’être goûté. L’esthétique est devenue un levier business », insiste Nicolas Nouchi.
Dans cet environnement sous pression, les acteurs doivent concilier trafic, rentabilité et innovation, en diversifiant les usages et en optimisant chaque point de contact. Enfin, si la RSE apparaît momentanément reléguée au second plan, elle reste une attente structurelle. « La RSE n’a pas disparu des attentes, elle est simplement en pause. Elle reviendra au premier plan dès que le contexte se stabilisera », conclut Nicolas Nouchi. Selon lui, à l’aube de 2026, le snacking entre dans une phase plus exigeante. Celle d’un marché mature, où la croissance passera moins par les prix que par la capacité à répondre avec précision aux nouveaux arbitrages des consommateurs.