Pascal Mousset, GHR Paris-IDF : « Je ne me retrouvais plus dans les propositions du GHR »
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Le GHR Paris-Île-de-France a annoncé rompre sa filiation avec le GHR pour se rapprocher de l’Umih. Son président, Pascal Mousset, explique les raisons de ce changement majeur pour la représentation des entreprises franciliennes.
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Pour quelles raisons avez-vous souhaité rompre avec le GHR ?
Pascal Mousset : « Cette décision n’a pas été facile à prendre mais il y a une urgence d’efficacité et d’unité. Nos métiers sont de plus en plus en difficultés, la restauration traditionnelle ne cesse de reculer à Paris et en Île-de-France. L’urgence est d’agir pour éviter que l’offre proposée à Paris ne devienne semblable à celle qu’on trouve dans n’importe quelle autre capitale. Nous ne pouvons pas perdre notre avantage compétitif, nos indépendants, nos bistrots, ce que viennent chercher les touristes dans notre ville. Nous ne pouvons pas non plus accepter que l’offre hôtelière parisienne devienne inaccessible pour les Français en ne laissant pas la place à des établissements indépendants de classe intermédiaire. Cette urgence là m’oblige à la responsablité. Et les administrateurs qui ont participé à ce groupe de travail ont tous été d’accord pour avoir le courage de cette unité.
Vous estimez que la profession manque d’unité ?
Pascal Mousset : Je pense que le sens de l’histoire c’est d’avoir un seul syndicat pour représenter la profession. À l’aube de l’élection présidentielle 2027, l’économie va être au centre des préoccupations. Il nous semble important de mettre en avant le rôle structurant de nos métiers dans la cohésion sociale. Et cette parole doit être portée d’une seule voix pour être audible au milieu de tous les autres secteurs qui ont eux aussi des revendications.
Vous estimez désormais que le GHR ne dispose pas des arguments nécessaires pour faire attendre la voix des CHR franciliens ?
Pascal Mousset : Je me suis davantage retrouvé dans les communications et propositions récentes de l’Umih, notamment depuis l’événement tragique à Cran Montana, que dans les communications de ma propre organisation. Parce qu’elle est de taille plus modeste, qu’elle est plus jeune, et que sa démarche n’est pas encore assez structurée.
Que cela va-t-il changer pour les adhérents ?
Pascal Mousset : Nous restons un syndicat autonome, nous gardons nos adhérents, la gouvernance ne change pas. Mais nous rejoignons la bannière de l’Umih dans cet esprit d’unité. Il nous semble important de renforcer notre pouvoir syndical à un moment où nos entreprise ont besoin d’être entendues des pouvoirs publics.
Votre initiative marque-t-elle le début d’un mouvement plus global au GHR ?
Pascal Mousset : Nous ne nous sommes pas concertés avec d’autres régions. Nous avons pris cette initiative durant l’été. Nous y réfléchissions depuis plusieurs mois, voyant que nous étions en panne de propositions et d’inspiration. Pendant ce temps, l’Umih produisait un travail qui méritait de l’attention. Nous devions nous renforcer. Par ailleurs, au mois de juin, le GHR a voté de nouveaux statuts. Ils n’ont pas été dans le sens que nous souhaitions. Ils prévoient notamment le renforcement des chaînes de restauration. L’offre de ces établissements est respactable et elle a sa place. Mais nous ne sommes pas alignés avec cette vision de la profession. Le fait que ces chaînes aient désormais 50 % du droit de vote, cela implique qu’elles déterminent l’ordre du jour. Ce qui est préjudiciable aux indépendants qui ne peuvent plus porter leur voix.
Je ne suis pas non plus d’accord avec toutes les propositions de l’Umih. Mais il y a des valeurs, un élan et des propositions sur la table qu’on ne trouve pas de l’autre côté. D’autant que l’opposition interne n’existe désormais plus à cause de cette majorité de blocage qui éludera les sujets qu’elle ne souhaite pas voir mis sur la table. Nous voulons de la transparence pour les adhérents. On ne peut pas continuer à dire que le restaurant est un lieu où on tape sur une borne pour être servi. Ce n’est pas une opposition entre modernité et tradition. Nous exprimons l’envie de préserver et de réglementer l’exercice de nos savoir-faire.
Quel sera le calendrier ?
Pascal Mousset : Nous convoquerons une assemblée générale extraordinaire le 23 octobre pour valider définitivement la démarche. L’Union CHR Paris Ile-de-France entrera en fonction le 1er janvier 2027. Et on tend les bras à tous les syndicats qui défendent nos métiers en Île-de-France. Ils auront une place dans notre gouvernance s’ils souhaitent nous rejoindre. »