L’élection de Franck Chaumès à l’Umih créé des remous
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Des réactions assez virulentes se font jour suite à l’élection de Franck Chaumès à la présidence confédérale de l’Umih.
Franck Chaumès a été élu à présidence confédérale de l’Umih le 13 octobre par 50,09% des voix contre 49,91 % pour son concurrent, Brice Sannac.
Un score extrêmement serré qui reflète une polarisation de l’organisation. Et peut-être même à l’échelle de la profession. Brice Sannac appelle désormais Franck Chaumès à l’ouverture. « La campagne a été rugueuse et nous avons été confrontés à des méthodes peu fair play. Malgré cela, nous avons rassemblé 49,91 % des suffrages, c’est-à-dire 1 voix sur 2. Mon idée politique pèse donc à cette hauteur. Je demande donc que 50 % des sièges du directoire soient réserver à mon équipe, ainsi qu’au changement de la direction générale de l’Umih. Le résultat oblige au consensus. Pour ma part, c’était un engagement que j’avais pris vis-à-vis de mon concurrent pendant ma campagne. M. Chaumès ne peut pas agir comme s’il avait gagné à 90 % et ignorer notre score en coupant des têtes. »
Notre maison Umih est divisée en deux. Certes, nous appelions tous les deux à l’unité, mais celle-ci ne se décrète pas. Elle est la conséquence du travail qu’on mène. La crédibilité de l’Umih est désormais entachée par le soupçon.
Le président de la fédération des Pyrénées-Orientales, qui laissera son siège en mars 2027, entend néanmoins « faire preuve d’ouverture », malgré un vote qu’il a dénoncé dès le soir de l’élection. « Nous avons signalé des irrégularités dont nous avons la preuve au conseil de surveillance. Une note a été inscrite dans le procès verbal. Pour preuve de ma volonté de fédérer notre action, je n’attaquerai pas le résultat du vote. Je lui tends la main pour que nous travaillons ensemble pour la profession. Il est sans doute plus pertinent d’aller convaincre de nouvelles entreprises de nous rejoindre que de chasser sur les terres du GHR, au risque de diviser encore plus. »
La division contamine-t-elle toute la profession ?
Le GHR a en effet réagit assez brusquement à l’annonce de la victoire de Franck Chaumès. « Jamais les divergences entre nos organisations n’ont été aussi importantes sur la vision de l’avenir de nos professions, et sur la méthode. » Pour rappel, le groupement pourrait perdre prochainement sa représentation francilienne (plus de 2.000 entreprises) au profit de l’Umih, suite à la décision du conseil d’administration du GHR Paris-Ile-de-France de se désolidariser du GHR, décision co-orchestrée par le nouveau président de l’Umih. Le syndicat de la rue d’Anjou estime ainsi, au contraire, que « ce rapprochement traduit une volonté claire : unir les forces des professionnels indépendants pour mieux défendre leurs intérêts. »
Alors que les deux candidats à la présidence de l’Umih appelaient de leurs vœux l’unité de la profession, dans leurs campagnes respectives, c’est tout l’inverse qui se profile désormais.
En effet, le GHR a également exprimé « sa perplexité face aux orientations défendues par le nouveau président [de l’Umih, NDLR], qui semblent privilégier la seule restauration, au risque de reléguer au second plan les enjeux pourtant majeurs de l’hôtellerie et des autres métiers de notre secteur ».
À l’Umih, la réponse est tout aussi cinglante : « La nouvelle présidence confédérale de l’Umih tient sa légitimité des urnes et elle ne se discute pas. Elle leur donne la responsabilité de porter le projet sur lequel ils ont été élus et de défendre les professionnels qui leur font confiance. Alors que les entreprises du secteur font face à une situation économique préoccupante, l’Umih entend consacrer son énergie à la défense de leurs intérêts plutôt qu’aux querelles entre organisations. »
Les deux organisations tiendront leurs congrès annuels au mois de novembre. Les débats qui en ressortiront présageront de l’état d’esprit de la représentation des CHR auprès des pouvoirs publics, à quelques mois des élections présidentielles.