Présidence de l’Umih : Franck Chaumès et Valentin Prudon pour « un esprit d’équipe »
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L’élection du nouveau président national de l’Umih se tiendra le 13 octobre prochain. Deux binômes se sont portés candidats, nous sommes allés à leur rencontre. Franck Chaumès expose la vision qu’il porte avec Valentin Prudon pour la première organisation patronale du secteur.
Les adhérents de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) éliront, le 13 octobre prochain, un nouveau président confédéral. Deux binômes se sont portés candidats pour prendre la tête de l’organisation patronale pour les quatre prochaines année, à la suite de Thierry Marx.
Franck Chaumès et Valentin Prudon présentent leur candidature face à Brice Sannac et Céline Viale.
Franck Chaumès est restaurateur à Bordeaux (Gironde), où il détient plusieurs établissements. Il préside l’Umih de Gironde et, depuis 2023, se trouve également à la tête de la branche restauration de l’Umih. Son engagement syndical a démarré en 2008 et s’est développé « sans sauter une marche ». Conseiller en Gironde, vice-président puis président de la branche restauration, vice-président de l’Umih Gironde puis deux fois président de cette Umih départementale, il connaît l’organisation les ressorts de l’organisation.
Valentin Prudon dirige l’Hôtel Logis Europa à Maussac (Corrèze). Il préside également l’Umih départementale Corrèze et Creuse depuis 2023.
Qu’est-ce qui motive votre candidature ?
Franck Chaumès : Je suis fier de mon parcours au sein de l’Umih. Je ne pense pas que cela soit une suite logique, mais une nouvelle opportunité. Depuis le début de mon engagement, j’ai pu appréhender de nombreux postes, analyser les difficultés de nos métiers. Je me considère comme un rassembleur, un trait de caractère qui me vient certainement du monde sportif dont je suis très proche. Un joueur seul ne peut pas gagner, il a besoin de toute une équipe. L’Umih est un collectif de personnes qui mettent leur savoir-faire et leur expérience au service de nos métiers. Je considère qu’il n’existe pas qu’une méthode pour avancer, et certainement pas la mienne. Je veux rassembler et je travaille pour réaliser ce que je dis.
Quelles leçons tirez-vous des trois années passées comme président de la branche restauration ?
Franck Chaumès : En tant que président de la branche restauration, j’ai été en première ligne avec Thierry Marx, la restauration ayant été particulièrement impactée. Mon constat est plutôt mitigé sur la capacité à faire avancer les dossiers. Nous avons connu 4 ministres en moins de 4 ans. Cela implique de redémarrer sans cesse, face à un gouvernement qui n’a plus de moyens financiers. Mais nous avons démontré que des solutions peuvent être trouvées sans argent, mais avec du bon sens. Je ne souhaite pas faire de la politique. Il me semble important pour l’Umih d’élire la personne la mieux armée pour porter la voix de notre secteur d’activité.
Comment définirez-vous vos priorités ?
Franck Chaumès : Il faut travailler en respectant ce que d’autres ont réalisé avant nous. Nous devons avoir ce regard pragmatique, calme et respectueux de chaque personne qui a mis sa pierre à l’édifice de cette ancienne maison. Nous n’étions pas aux responsabilités quand il y a eu la covid. Nos prédécesseurs ont certes laissé leur poste, mais sans eux, nous aurions sans doute mis la clé sous la porte. Certes, la profession rencontre aujourd’hui plus de problèmes que par le passé. Il nous faudra prioriser. Mais avec du travail, nous réussirons. Lorsque nous avons repris l’Umih de Gironde, il y avait 400 adhérents. Nous sommes 1.500 aujourd’hui. Tout cela grâce au travail de chacun. C’est ce qui réuni les adhérents.
À quels sujets souhaitez-vous donner d’avantage d’importance ?
Franck Chaumès : Je ne m’aventurerai pas à annoncer un programme. C’est l’actualité qui dictera nos préoccupations. Mon programme, c’est plutôt d’agir pour faciliter nos méthodes, nos échanges, pour pouvoir agir. Je vois l’Umih comme un réseau qui mutualise les bonnes idées. Et je souhaite que l’on continue à avancer ainsi.
Quel sera votre premier sujet si vous êtes élu ?
Franck Chaumès : Je veux d’abord rassembler. Il faut que les adhérents et les responsables de l’Umih s’entendent avant tout. Il s’agira de se parler franchement pour avancer tous ensemble. Évidemment, nous continueront à mener les combats que nous avons entamés : les pourboire, le fait maison, les titres-restaurant. Mais aussi les meublés de tourisme ou le sujet de l’alcool dans la profession. Mais soyons lucides, le gouvernement changera dans quelques mois, il est naïf de penser qu’on puisse les faire plier. C’est une période difficile qui s’amorce avec l’élection présidentielle en vue. Nous devrons profiter de ce temps intermédiaire pour nous rassembler et nous séparer des personnes qui veulent détruire. Mais je suis conscient du fait que nos leviers seront limités dans un premier temps.
Quelle sera la posture de l’Umih vis-à-vis des pouvoirs publics sous votre présidence ?
Franck Chaumès : Ce n’est pas mon genre de renverser la table du Gouvernement. Il y a d’autres manières de faire et j’ai pu constater encore récemment au moment de la gestion de crise liée aux incendies, que cela fonctionne. Je suis très pragmatique et j’agis à partir d’éléments factuels. Cela a beaucoup plus d’impact que de s’alarmer en tous sens.
Au sein de l’Umih, beaucoup de personnes se trompent : le poste de président n’est pas un poste politique. Nous affrontons des politiques, mais nous n’en faisons pas. Le mensonge est à bannir car tout fini par se savoir. Nous sommes tous des patrons, et nous voulons tous la même chose à l’arrivée. Je n’ai aucun intérêt à faire croire des choses aux gens, aussi bien au niveau confédéral qu’au niveau local. Je serai factuel et respectueux. Je suis entier, peut être que ça me joue des tours, mais je dis les choses.
Envisagez-vous de faire évoluer le mode de gouvernance de l’Umih ? Les statuts ?
Franck Chaumès : J’aimerais faire évoluer la mentalité interne. Qu’elle soit celle de ceux qui rentrent dans le vestiaire heureux de la victoire. L’Umih n’est malheureusement pas consciente de la force dont elle dispose. 35.000 adhérents malgré la conjoncture, soyons fiers de ça ! Je ne souhaite pas annoncer des chiffres, mais des résultats et une méthode de travail. Il y a des choses à améliorer sans pour autant tout mettre par terre. Si on ne se plait pas dans une équipe, on s’en va. Mais n’essayons pas de tout changer. En effet, il faut un porte-parole, mais à l’arrivée, toutes les unions départementales ont agit, pas seulement le président.
Concernant les statuts, j’étais pour le toilettage pour instaurer une logique de liste. Mais je respecte le statu quo actuel. Nous sommes sur un principe instaurant un président et un vice-président, ce qui me conforte dans le fait qu’un programme établi sans scrutin de liste n’a pas vraiment de sens. Chaque président de branche est souverain sur son secteur. Que puis-je promettre dans un programme sans avoir la main sur les décisions des futurs vice-présidents ? Nous devons parler d’une seule voix pour être entendu aux plus hauts sommets de l’État.
Quel message pourrait résumer votre candidature ?
Franck Chaumès : Je partage les victoires et je m’accapare les défaites. C’est ce qui a du sens pour moi.