Présidence de l’Umih : Brice Sannac et Céline Viale veulent « une Umih du XXIe siècle »

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L’élection du nouveau président national de l’Umih se tiendra le 13 octobre prochain. Deux binômes se sont portés candidats, nous sommes allés à leur rencontre. Brice Sannac et Céline Viale exposent leurs projets pour la première organisation patronale du secteur.

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Brice Sannac et Céline Viale ont présenté leur programme le 8 septembre, à Paris. Crédit : Laura Duret

Les adhérents de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) éliront, le 13 octobre prochain, un nouveau président confédéral. Deux binômes se sont portés candidats pour prendre la tête de l’organisation patronale pour les quatre prochaines année, à la suite de Thierry Marx.

Brice Sannac et Céline Viale présentent leur candidature face à Franck Chaumès et Valentin Prudon.

Brice Sannac, 36 ans, dirige l’hôtel-restaurant Les Elmes, à Banyuls-sur-Mer (Pyrénnées-Orientales) depuis 2017, ainsi que l’hôtel La Maison Nova à Collioure. Issue d’une famille d’hôteliers, il occupe des fonctions au sein de l’Umih depuis son installation. Après s’être investi au sein de la branche restauration de l’Umih des Pyrénées-Orientales, il accède à la présidence de la structure départementale. Il est également devenu co-président de l’Umih Occitanie en 2025.

Céline Viale a fondé en 2013 un concept de restauration baptisé Ernest’Inn, qui compte quatre établissements à Angers (Maine-et-Loire). Auparavant, elle a forgé son expérience en tant que directrice d’exploitation au sein du groupe Louvre Hotels. Céline Viale est également présidente de l’Umih du Maine-et-Loire depuis mai 2025. Adhérente à la fédération dès le début de son activité, elle a également occupé les fonctions de secrétaire générale de l’Umih et été membre de la commission nationale restauration.

Qu’est-ce qui motive votre candidature ?

Céline Viale : J’ai toujours été investie, pour moi cela va de pair avec le métier.

Brice Sannac : La force de l’Umih réside dans sa présence sur les territoires et par son conseil d’administration qui joue un rôle de vigie. Mais aujourd’hui, cette confédération a besoin d’un cap. Nous sommes confrontés à des changements majeurs de nos métiers, qui représentent tout de même le quatrième employeur de France. Nous devons préparer l’avenir avec audace et ambition. Le sens de notre candidature, c’est d’amener de l’espoir et de l’optimisme pour le secteur.

Comment définirez-vous vos priorités ?

Brice Sannac : Pour fixer un cap, nous avons besoin de disposer d’une vision à un instant T. Pour cela, nous mettrons en place un observatoire inter-branches regroupant le maximum d’indicateurs socio-économiques (Insee, Urssaf, DGE, France Travail, Carsat, DGFOP) pour avoir une vision qualifiée en temps réel. Dans le même objectif, nous proposerons un livre blanc tous les deux ans, dont le premier en amont de l’élection présidentielle. Nous devons toujours avoir une avance de phase, une vision grand angle de la situation de nos métiers.

Un autre sujet est celui du financement des territoires. Nous ne pouvons pas être un colosse aux pieds d’argile. Nous mettrons en place une clé de répartition du financement du paritarisme. La dotation de l’Umih dans l’APG HCR [association paritaire de gestion du dialogue social pour la branche HCR, NLDR] sera orientée à 60 % vers les Umih départementaux, et à 40 % vers l’Umih national. C’est un dispositif nouveau, dont l’Umih ne s’est pas encore totalement saisi. Donc nous voulons prendre des engagements forts dès le début et encourager les projets des territoires, en renforçant le lien avec Paris.

Céline Viale : On ne parle pas là d’argent sonnant et trébuchant mais d’outils. Nous voulons mettre en place des moyens, à disposition des départements, et mutualiser certains besoins. Il faut faire face au manque de disponibilités des plus petites structures où il n’y a souvent qu’un seul salarié. Notamment pour resyndicaliser. Il y a un gros réservoir d’adhérent à aller chercher. L’Umih compte 35.000 adhérents [sur 220.000 établissements, NDLR], ne nous fixons pas d’objectif à ce sujet, mais nous voulons aller en chercher d’avantage, notre avenir se joue sur la resyndicalisation. De manière générale, nous allouerons les moyens à des projets émanent des départements, dont le montage se fera main dans la main avec le national. À nous également de leur proposer des axes de travail.

À quels sujets souhaitez-vous donner d’avantage d’importance ?

Brice Sannac : Nos métiers ont un problème d’image. Nous devons reprendre la main sur la philosophie des formations en travaillant avec l’Éducation Nationale, les CFA et France Travail. Nous devons repenser le calendrier des formations, pour qu’elles soient plus ancrées dans la réalité de la vie des nos entreprises. L’exonération totale des charges d’apprentissage sera aussi un levier pour encourager l’embauche de jeunes en formation. Pour fidéliser, l’exonération de charges sur les pourboires et leur défiscalisation est un travail que nous devons mener. Tout comme le débat sur les nouvelles formes de travail comme le CDI saisonniers, ainsi que des actions qui accompagnent le logement de ses salariés.

Le recours aux auto-entrepreneurs sera aussi un sujet, nous souhaitons le limiter à 25 % des effectifs. Du point de vue de la sécurité, nous plaiderons pour la création d’une 6e catégorie d’ERP pour mettre fin à une concurrence déloyale dont souffre les hôtels de moins de 10 chambres face aux meublés. S’agissant du monde de la nuit, le cadre réglementaire doit s’appliquer partout, notamment grâce à un fond de mise en conformité sur le modèle de celui des buralistes.

Nous proposerons des modalités pour sécuriser les terrasses et leurs horaires d’exploitation, en homogénéisant les sanctions et la pédagogie autour de la gestion du bruit. Cette convivialité participe aussi à la sauvegarde des cafés de nos villages. Enfin, sur la fiscalité, il nous semble important de pousser en faveur de mesures pour allonger la durée d’amortissement, pour libérer de la trésorerie pour les entreprises. De même, nous plaiderons pour exonérer totalement la transmission des entreprises familiales sous 5 millions d’euros.

Quelle sera la posture de l’Umih vis-à-vis des pouvoirs publics sous votre présidence ?

Brice Sannac : Quand on veut représenter une organisation patronale, on se doit de parler à tout le monde. C’est ce que nous faisons déjà en rencontrant différents candidats à la présidentielle pour faire connaître les besoins du secteur. Le livre blanc sera un outil pour soutenir nos propositions.

Le rôle de l’Umih est évidemment d’aller défendre la profession dans les ministères. Mais c’est aussi de faire redescendre l’information au quotidien. Plus nous aurons d’adhérents, mieux nous pourrons professionnaliser notre syndicat.

Céline Viale : En tant qu’organisation patronale, nous devons aussi nous rapprocher de nos partenaires que sont la CGPME et le Medef. L’association des Maîtres restaurateurs et son titre d’Etat doivent devenir des partenaires de premier plan pour accompagner la transition responsable de nos métiers. Inutile de créer un énième label, nous ne voulons pas diviser les établissements, mais protéger la notion de « restaurant » en valorisant ceux qui transforment des produits bruts et servent sur place. Nous défendons l’idée d’un diplôme obligatoire pour pouvoir ouvrir un restaurant.

Envisagez-vous de faire évoluer le mode de gouvernance de l’Umih ? Les statuts ?

Brice Sannac : Nous souhaitons créer une commission des mandats. L’Umih compte 600 mandats, son rôle sera déterminant pour identifier l’acteur pertinent pour traiter chaque problème, qu’il soit local ou national. Par ailleurs, en lien avec le principe de réalisme que nous soutenons, le mandat syndical sera réservé aux professionnels en activité ou ayant quitté le secteur depuis moins de 4 ans. Nous souhaitons aussi réaffirmer le rôle des présidents de branches, et clarifier celui du directoire.

La question de la réforme des statuts devra aussi être prise à bras le corps, avec un principe de réalisme. Nous ferons travailler le CA des présidents dessus rapidement. Plusieurs tentatives n’ont pas abouti. Même si nous ne voulons brusquer personne, le statu quo n’est pas bon non plus. En faisant évoluer l’Umih, on fait aussi évoluer le secteur. Nous devons passer d’une Umih de conseil et de lobbying à une Umih de service, moins verticale, qui agit pour nourrir l’intelligence collective dans le quotidien des adhérents. Par ailleurs, dans un souci de transparence, nous proposerons la nomination à la commission des finances d’un représentant du candidat défait.

Quelle place accorderez-vous aux présidents de branche ?

Brice Sannac : Leur place est capitale, c’est l’essence même de l’Umih.

Céline Viale : Notre rôle sera de faire vivre un lien transversal entre les branches. Certains travaux de branches sont très qualitatifs, il faut qu’ils puissent profiter à tout le monde. On voit bien l’interpénétration de nos métiers. Nous devons gagner en efficacité.

Brice Sannac : La web app que nous souhaitons créer viendra soutenir cette volonté de transparence et de circulation de l’information. Elle comprendra notamment des webinaires pour les adhérents et un chatbot intelligent capable d’apporter des réponses techniques 24h/24 aux adhérents. L’Umih a aussi vocation à offrir à de petites entreprises les outils qu’utilisent les plus grandes, sur les questions du coût matière, du calcul des marges, par exemple.

Quel sera votre premier sujet si vous êtes élus ?

Brice Sannac : Certainement la réorganisation des compétences en interne. L’Umih compte de nombreux talents que nous devons faire converger. Nous réunirons le CA pour donner le cap rapidement avant d’aller voir l’ensemble de nos partenaires.

Quel message pourrait résumer votre candidature ?

Brice Sannac : Nous exerçons des métiers de sens, à nous Umih de mettre en place l’écosystème qui les fasse rayonner.

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