Groupe Le Duff : « Comment aider les CHR ? Avec notre savoir-faire »
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Bien connu pour ses enseignes Brioche Dorée et Del Arte, ainsi que pour Bridor, le Groupe Le Duff possède également un pôle salé qui comprend les entreprises Frial et Cité Gourmande. Fabrice Taillefer, le directeur général de cette branche, détaille les ambitions de cette dernière sur le segment CHR.
Pouvez-vous présenter le Groupe Le Duff et son pôle salé ?
Dans les années 1970, Louis Le Duff effectue ses études au Canada. Il y découvre le Café Bakery. Il lance alors Brioche Dorée dans les années 1980. Puis, il réfléchit à une usine qui fournirait les établissements, ce qui le conduit à créer Bridor. Ensuite, il fait l’acquisition notamment de Del Arte. La restauration représente un poumon très important pour le groupe. En 2013, sur les 2 milliards de chiffre d’affaires du groupe, elle a représenté 400 millions d’euros. Cependant, la crise du Covid-19 est passée par là et la partie industrie a permis de soutenir la restauration.
Aujourd’hui, le groupe réalise 3,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires, dont 300 millions d’euros pour la partie salée. Ce chiffre est à mettre en perspective avec le chiffre d’affaires du pôle salé en 2013, qui correspondait à 20 millions d’euros. Entre-temps, le Groupe Le Duff a racheté, en 2021, l’entreprise Frial [spécialisée dans les produits de la mer et les plats cuisinés surgelés, NDLR], tandis que la société Cité Gourmande [pomme de terre et légumes cuisinés, NDLR] est passée de 20 millions à 100 millions d’euros de chiffre d’affaires. Par ailleurs, le groupe produit plus de 60 000 tonnes pour le pôle salé, réparties de la façon suivante : 23 000 tonnes pour Frial et 37 000 tonnes pour Cité Gourmande.
Quelle place la restauration traditionnelle occupe-t-elle ?
La restauration traditionnelle représente 2 à 3 % du chiffre d’affaires du pôle salé. Entre 6 et 7 millions d’euros pour la restauration dans sa globalité. Nous sommes un faiseur de produits pour le grand public avant d’être un fournisseur pour la restauration. La grande distribution représente en effet 80 % du chiffre d’affaires du pôle salé, à travers notamment des produits en marque distributeur, tandis que l’export atteint les 17-18 %. Notre objectif est d’atteindre pour la partie restauration les 10 % de notre chiffre d’affaires d’ici 2030. Pour développer la partie RHF (restauration hors foyer), nous devons prévoir des temps forts et proposer des produits ciblés types cuisine ethnique. Nous possédons le savoir-faire à travers nos propres équipes de R&D. En France, la restauration de base est la bistronomie, mais il existe une vraie offre de restauration ethnique, avec des pays et des régions de cuisine : Italie, Espagne, Grèce, Afrique du Nord, le continent asiatique avec le Laos, la Thaïlande ou encore la Chine. Nous devons être capables de s’approprier cette « culinarité » et de la proposer aux restaurants.
Que représente Gourming, votre nouvelle gamme de solutions culinaires surgelées dédiées au CHR ?
Avec Gourming, nous passons de la grande distribution à un métier de restauration. Nous avions besoin d’une plateforme de marque, qui ne soit pas associée à nos entreprises, mais plutôt aux savoir-faire. La gamme se compose de 60 références [sauces et aides culinaires, salades préparées, garnitures céréales et légumes, purées et écrasés, garnitures de pommes de terre, frites et produits de la mer, NDLR]. On peut penser qu’il y a beaucoup de produits mais nous couvrons énormément de segments. Nous avons besoin de cette offre diversifiée parce que nous souhaitons entrer sur le marché de la RHF via le produit.
Comment anticipez-vous les évolutions du marché ?
Nous nous basons sur notre capacité à être présents sur différents marchés. Les États-Unis constituent, par exemple, un marché de tendances. Nous nous nourrissons des différents marchés. Nous sommes également très actifs sur les réseaux sociaux, avec les nouveaux restaurants qui voient le jour. Il faut avoir une ouverture d’esprit, s’inspirer des marchés qui possèdent de l’avance et regarder ce qui se fait.
Que représente l’innovation dans votre groupe ?
L’innovation est le leitmotiv de Louis Le Duff [fondateur du Groupe Le Duff, NDLR]. C’est par elle que nous nous différencions, elle est l’ADN du groupe. Encore une fois, nous ne voulons pas rentrer par le marketing mais par le produit. Nous avons ainsi effectué un important travail de sourcing. Par exemple, Frial compte 15 personnes en R&D tandis que Cité Gourmande en dénombre cinq. En parallèle, nous disposons de 15 chefs de cuisine afin de mettre en œuvre les recettes. Nous nous voyons comme un pourvoyeur de solutions. Notre gamme Gourming se révèle atypique parce que c’est la première fois que nous proposons un catalogue. Ce catalogue a pour objectif de montrer notre savoir-faire.
Quels sont les défis actuels et vos perspectives d’évolution ?
Nous sommes conquérants. Les crises créent les plus grandes opportunités. L’objectif est que Gourming représente 10 % de notre chiffre d’affaires, nous sommes ambitieux. Le contexte de marché se révèle compliqué. Il y a la notion de pouvoir d’achat en France, le phénomène trumpiste aux États-Unis et la parité entre l’euro et le dollar. Cependant, notre force est d’être présents aussi bien en France qu’à l’export. La restauration traverse, quant à elle, une vraie crise, avec notamment la difficulté à recruter du personnel. De moins en moins de personnes veulent se confronter à ce secteur.
Qu’apportez-vous comme réponse ?
De la praticité, avec une facilité de remise en oeuvre et un gain de temps. Tous les restaurants ne peuvent pas bénéficier d’un saucier. Il faut enfin savoir choisir ses combats. Nous avions déjà celui de la grande distribution, nous avions alors une histoire à écrire autour de la marque. Nous sommes aujourd’hui reconnus du consommateur. Désormais, notre prochain terrain de jeu est la restauration. Comment aider les restaurateurs à répondre à leurs problèmes ? Nous avons notre savoir-faire.