Figue blanche d’Argenteuil : enfant discret d’Île-de-France 

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Variété ancienne et rustique, la figue blanche d’Argenteuil, une variété bifère, a fait la renommée de la ville du même nom au XIXe siècle.

figue blanche d'argenteuil
La figue blanche d'Argenteuil. Crédit : Pixabay.

Difficile d’imaginer qu’Argenteuil fut autrefois un haut lieu de la figoculture française. Pourtant, à la fin du XIXe siècle, près de 300 producteurs cultivaient ces fruitiers sur environ 50 hectares de coteaux. Aujourd’hui, la mémoire de cette tradition perdure puisque la salle de spectacle de la ville porte encore le nom de « Figuier blanc ».

Toujours vivante

Cette variété — toujours disponible chez les pépiniéristes — convient particulièrement aux jardins situés au nord de la Loire, grâce à sa bonne résistance au froid. Ses figues, de taille moyenne et de forme aplatie, se distinguent par une peau qui vire du vert au blanc à maturité. Sa chair rose, fondante et très sucrée, en fait un fruit particulièrement savoureux.

Par ailleurs, la figue blanche d’Argenteuil a la particularité d’être bifère ce qui signifie que sa récolte a lieu deux fois par an contrairement aux figuiers unifères qui ne fructifient que sur les rameaux de l’année. Une aubaine pour les chefs qui souhaiteraient la mettre à la carte le plus longuement possible.

Figue historique

Dans Le Livre de la ferme et des maisons de campagne publié en 1865, Emmanuel Lhérault décrit en détail cette culture argenteuillaise. C’est ainsi qu’au fil des pages l’auteur souligne l’importance économique de la figoculture locale à l’époque. Sur les coteaux d’Argenteuil, loin des terres à oliviers, les cultivateurs exploitaient près de 50 hectares, produisant en moyenne plus de 400 000 figues par an. Il explique aussi la particularité du marché parisien. En effet, une figue n’est vraiment bonne que si elle mûrit complètement sur l’arbre, ce qui la rend trop fragile pour un long transport. Contrairement aux figues du Midi, souvent cueillies encore vertes pour supporter le voyage, les producteurs d’Argenteuil avaient l’avantage de pouvoir livrer leurs fruits mûrs à Paris en une seule nuit, offrant ainsi une fraîcheur incomparable — même si, de l’aveu même de l’auteur, elles étaient réputées moins sucrées que celles de Provence.

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