Zeina Thomé, accompagner l’essor de la cuisine levantine
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Cuisine saine, saveurs méditerranéennes et ingrédients bruts : les attentes des clients redessinent les cartes du CHR. Pour y répondre, Zeina Thomé développe une offre libanaise pensée pour les chefs.
Pouvez-vous raconter l’histoire derrière la création de vos gammes de produits libanais ?
Nous développons aujourd’hui trois gammes. La première, Terroirs du Liban, existe depuis près de 20 ans et s’inscrit dans une démarche de commerce équitable. Elle valorise le savoir-faire local et les producteurs libanais. Ce sont des produits que l’on retrouve en épiceries fines.
Puis à partir de 2020, nous avons souhaité aller plus loin en lançant une seconde gamme destinée à la GMS et une autre à destination des CHR : Janna Mezze et Terra Medius. L’objectif était de proposer une offre plus large, accessible à une nouvelle cible, tout en accompagnant l’essor de la cuisine libanaise et levantine, de plus en plus populaire en France.
Comment est née Terra Medius, votre offre dédiée aux professionnels du CHR ?
Terra Medus est née directement de la demande des professionnels du CHR. Progressivement, nous avons été sollicités pour certains produits spécifiques comme l’eau de fleur d’oranger, le zaatar ou encore le sumac.
Nous avons donc développé une gamme dédiée, en proposant notamment nos meilleures ventes en formats adaptés. Aujourd’hui, nous fournissons de nombreux établissements. À titre d’exemple, certains coffee shops utilisent nos ingrédients pour leurs boissons ou desserts. Des restaurateurs, notamment à Marseille, utilisent notre tahini pour leurs houmous ou caviars d’aubergine, tandis que d’autres travaillent avec notre mélasse de grenade ou de caroube pour réaliser leur recette de salade fattouche.
Quels besoins des restaurateurs vous ont inspiré dans le développement de vos produits ?
Les restaurateurs sont constamment à la recherche de nouveautés pour enrichir leurs cartes et fidéliser leur clientèle. Ils souhaitent intégrer des ingrédients différenciants, tout en restant dans une cuisine tendance, saine et accessible.
Par exemple, la demande pour un tahini 100 % pur a été déterminante : beaucoup de produits sur le marché sont dilués. Les chefs recherchent des produits concentrés et authentiques.
Cela fait environ deux ans et demi que nous structurons cette gamme CHR en réponse à ces attentes.
Qu’est-ce qui distingue vos produits des autres références du marché ?
La qualité est au cœur de notre démarche. Nous proposons des produits premium, notamment pour le CHR, avec des épices 100 % naturelles, sans mélange ni ajout.
Par exemple, dans nos zaatars et nos sumacs, nous refusons toute dilution ou ajout visant à réduire les coûts. Nous avons mené de nombreux tests pour atteindre un niveau de qualité optimal.
Nos produits séduisent ainsi les professionnels à la recherche d’authenticité et du goût véritable des ingrédients libanais.
Comment vos produits permettent-ils d’enrichir une carte sans complexifier les opérations ?
Nos produits ont l’avantage de s’intégrer facilement dans des recettes existantes, en apportant une touche d’originalité.
Par exemple :
-une boulangerie peut intégrer de la fleur d’oranger dans ses madeleines,
-un restaurateur peut revisiter une salade en y ajoutant de la mélasse de grenade, ou encore twister une tarte aux asperges avec du tahini.
Cela permet d’introduire de la nouveauté sans basculer vers une cuisine totalement étrangère, mais en enrichissant des recettes du quotidien.
Avez-vous des retours concrets de professionnels sur l’impact de vos produits ?
Les retours portent avant tout sur la qualité. En termes de rentabilité, le cas du tahini est particulièrement intéressant.
Bien qu’il puisse être légèrement plus cher à l’achat, il est 100 % sésame et non dilué, ce qui signifie qu’il en faut moins pour obtenir la texture et le goût souhaités. Les professionnels y gagnent donc à l’usage.
Nous proposons également des formats adaptés, notamment en 2 kg, qui sont plus pratiques pour les petites cuisines. Contrairement aux grands contenants, ils permettent une utilisation complète du produit, sans perte. Les établissements plus importants, eux, privilégient les formats de 18 kg.
Comment voyez-vous évoluer la place de la cuisine libanaise dans le CHR en France ?
Depuis la crise de 2019-2020, de nombreux jeunes Libanais se sont installés en France et ont ouvert leurs établissements.
On observe une véritable évolution : la cuisine libanaise ne se limite plus à la street food. Elle devient plus créative, plus contemporaine, et s’inscrit dans une approche méditerranéenne élargie.
C’est une cuisine perçue comme saine, équilibrée, et en phase avec les attentes actuelles autour du « healthy » et de la fusion culinaire.