Étude : la pause déjeuner des Français à la loupe
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Une vaste étude se penche sur les habitudes de consommation des Français au déjeuner. Entre arbitrages de consommation et modalité d’utilisation des titres-restaurant, elle vient éclairer les voies à suivre pour les restaurateurs.
Une étude inédite, publiée par l’Ifop et Edenred, acteur majeur des titres-restaurant, met en lumière les usages des actifs français lors de leur pause déjeuner. Elle permet ainsi de mieux comprendre l’évolution de ce temps de consommation, mais aussi d’envisager des formats plus adaptés, notamment vis-à-vis des particularités géographiques.
Une chose reste immuable : la pause déjeuner reste un moment sacralisé par les Français. 79 % en prennent une tous les jours et 88 % la considère même comme un moment indispensable. Elle reste aussi majoritairement (65 %) un temps partagé, avec ses collègues ou les proches dans une moindre mesure. Ils y consacrent en moyenne 46 min. Le moment de la pause varie cependant selon les région. Si elle est majoritairement prise entre 12h et 13h, les régions de l’Est ont tendance à déjeuner plus tôt, celle de l’Ouest plus tard. Il est à noter que malgré l’accélération des rythmes de vie, cette durée ne change pas pour 76 % des sondés, signe d’un attachement fort à ce moment.
Télétravail et inflation remodèlent les habitudes
Les salariés ont changé leurs habitudes au cours des dernières années. Le déjeuner à domicile ou préparé à la maison l’emporte largement (63 %). Une disparité nette apparaît entre Paris (46 %) et la région (68 %). Par ailleurs, les femmes sont plus nombreuses à opter pour cette option (76 % vs 56 % pour les hommes). Le pouvoir d’achat intervient aussi largement. Les salariés des professions intermédiaires et des catégories populaires amènent plus spontanément leur repas. La contribution de l’entreprise à la pause déjeuner (cantine, titre-restaurant) influence aussi largement le choix de la solution de restauration.
Le déjeuner en restauration traditionnelle est ainsi la deuxième solution plébiscitée. En Île-de-France, cela concerne 27 % des actifs. L’étude démontre que l’achat du déjeuner en restauration est fortement corrélé à l’accès aux titres-restaurant. Les salariés qui en bénéficient sont plus de deux fois plus nombreux (25%) à y acheter leur déjeuner que ceux qui n’y ont pas accès (11%). Parmi les autres déterminants socio-démographiques, les hommes (21%), les cadres et professions intellectuelles supérieures (20%) ainsi que les salariés des grandes PME (100 à 249 salariés – 26%) sont les meilleurs clients de la restauration au déjeuner.
Le restaurant d’entreprise arrive en troisième position avec 14% des actifs qui s’y restaurent. La solution du supermarché reste la moins prisée, utilisée par seulement 7 % des travailleurs.
Un budget moyen en hausse avec les titres-restaurant
Edenred a également souhaité mesurer l’impact de l’utilisation des titres-restaurant sur le ticket moyen. Avec une dépense moyenne de 10 €, les bénéficiaires dépensent 25 % de plus en restauration que les personnes qui n’en ont pas. Tous publics confondus, la moyenne globale est de 8,30 €.
La composition du repas est également scrutée. Le plat principal est quasi systématique, accompagné le plus souvent d’un dessert (71 %). Les boissons non alcoolisées (39 %), le café (27 %), l’entrée et encore moins le fromage, sont plébiscités.
S’agissant du palmarès des plats plus demandés, les salades de tous types l’emportent sur l’entrée. Surprise sur le plat, les spghettis carbonara sont plébiscités devant le steak frites et le burger. La tarte tire son épingle du jeu côté dessert, devant les fruits frais et le flan.
Le titre-restaurant jugé indispensable
L’enquête s’est également intéressée au rôle du titre-restaurant dans la pause déjeuner des Français. Premier enseignement, 93% des bénéficiaires considèrent qu’il s’agit d’un dispositif essentiel pour leur pouvoir d’achat. Ils sont également 71% à estimer que les titres-restaurant les aident à accéder à une alimentation de qualité durant leur pause déjeuner. Plus d’un bénéficiaire sur deux (54%) déclare par ailleurs que les titres-restaurant l’incitent à ne pas sauter la pause déjeuner.
Si leurs titres-restaurant leur étaient retirés, trois quarts des bénéficiaires (76%) déclarent qu’ils iraient moins souvent au restaurant ou y dépenseraient moins. Près d’un actif sur deux (47%) déclare qu’il irait moins souvent au restaurant tout en y dépensant moins.
Les Français souhaitent que le dispositif bénéficie en priorité à l’activité des restaurateurs. 50% se déclarent favorables à la mise en place d’un plafond d’utilisation différencié entre restaurateurs (25 €) et supermarchés (15 €) contre 34% qui s’y déclarent défavorables. Les actifs qui mangent au restaurant pour leur pause déjeuner (65%) et les ouvriers (55%) sont les plus favorables à cette mesure de soutien aux restaurateurs.