Pyrex : la conquête du CHR par la diversification

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Avec Pyrex, marque bien connue du grand public, La Maison Française du Verre souhaite conquérir davantage le CHR, grâce à la diversification.

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Martin Fouchez, directeur commercial de La Maison Française du Verre, détaille lors du salon Ambiente 2026 la stratégie CHR de Pyrex. Crédit : Aurélien Peyramaure - Au cœur du CHR.

La Maison Française du Verre, basée à Vincennes (Val-de-Marne), souhaite s’ancrer davantage dans les CHR. Et pour cause, l’entreprise exploite une marque bien connue du grand public pour ses plats en verre et en particulier son plat à tarte : Pyrex. Elle possède en effet la licence d’exploitation pour la zone EMEA (Europe, Moyen-Orient, Afrique). Une marque qui appartient toujours à l’américain Corning, son créateur en 1915.

Les origines de Pyrex sont d’ailleurs à rechercher du côté d’une cuisine. L’ingénieur de Corning Jesse Littleton rapporte chez lui un verre résistant destiné aux lanternes des locomotives. Son épouse Bessie Littleton a alors l’idée de détourner l’usage de ce verre pour l’utiliser comme plat pour sa tarte, ses précédents contenants ne cessant de casser du fait du changement brutal de température. Avec ce verre en borosilicate qui résiste aussi bien à la chaleur qu’au froid, Bessie Littleton peut ainsi mener à terme la cuisson de sa tarte et la réussir. Le nom Pyrex vient de cette expérience : « Py » correspondant à « pie », soit en anglais la tarte ; et « rex » renvoyant au roi.

La problématique de la place du verre en cuisine

Il a néanmoins fallu attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale et le déferlement des produits américains en France et en Europe pour voir arriver Pyrex dans l’Hexagone. Elle a par la suite installé son usine à Châteauroux (Indre), un site qui fonctionne toujours aujourd’hui et qui produit les références en verre borosilicate de la marque pour la zone EMEA. Chaque année, 44 millions de pièces y sont confectionnées, tandis que le catalogue s’élève à environ 1.200 références.

Si Pyrex se révèle essentiellement présent en grande distribution, la marque est également référencée auprès des grossistes, ainsi qu’auprès du CHR, précisément les réseaux d’hôtels et d’appart’hôtels. « Nous sommes trop petits sur le CHR », lâche le directeur commercial Martin Fouchez à propos de Pyrex, lors du salon Ambiente, à Francfort (Allemagne). Pourtant, « il existe de vrais enjeux de société avec le passage du plastique au verre », ajoute-t-il. Néanmoins, la législation applicable aux cuisines professionnelles limite l’utilisation du verre, au profit du plastique. « Nous voulons accompagner ces enjeux mais nous ne souhaitons pas aller contre la loi », complète-t-il alors.

Le verre mais aussi la fonte et l’inox pour Pyrex dans sa quête du CHR

Mais Pyrex compte également mettre en avant ses autres atouts vis-à-vis des CHR : des cocottes en fonte et à partir d’avril 2026 des casseroles en inox, présentées dans les allées du salon de Francfort. L’entreprise mise en effet depuis quelques années déjà sur la diversification. « Nous avions la volonté de sortir du schéma uniquement verre. Le consommateur achète un plat et non pas la matière verre. Il faut savoir s’ouvrir », justifie Martin Fouchez. Et d’ajouter : « Nous allons accélérer sur le côté multi matériel et nous allons réinvestir les médias à travers des plans. »

Et pour cause, « on nous choisit sur le verre et les clients reviennent ensuite acheter d’autres produits », assure le directeur commercial de La Maison Française du Verre, qui compte également la marque Ô Cuisine, plutôt orientée vers l’export. Par ailleurs, alors que La Maison Française du Verre réalise en moyenne un peu moins de 100 millions d’euros de chiffre d’affaires, ses principaux marchés sont le Royaume-Uni et la France, chacun des deux pays représentant environ 20% du chiffre d’affaires.

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