One Place, le food court version Grégory Cohen
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Le chef médiatique, Grégory Cohen, a choisi le centre d’affaires de Rungis pour y implanter un food court original. En effet, l’offre thématique classique est complétée par un club privé haut de gamme. Un nouveau concept destiné à fédérer autant les classes sociales que les clientèles d’affaires et de loisirs.
C’est dans le parc d’affaires Icade, sur le territoire de Rungis (Val-de-Marne), que Grégory Cohen a choisi d’implanter One Place, un nouveau food court. Le chef a ouvert ce lieu au début de septembre, après avoir passé trois ans à le mettre au point, et mobilisé un investissement de 3,5 M€. L’établissement dispose d’une surface de 2 400 m2 répartis sur les trois niveaux, d’un emplacement précédemment occupé par un restaurant interentreprises.
Le sous-sol accueille les cuisines, les réserves et les locaux techniques. Le food court occupe le rez-de-chaussée avec cinq offres thématiques de restauration, à travers les enseignes Schmatz (bar et delicatessen), Yalah (méditerranéen), Bella Gigi (pizza), Mademoiselle Chang (asiatique) et Lily and the moon (healthy et végétarien). Une dizaine de bornes permettent aux clients de faire leur choix sur les cinq cartes et de régler leur addition. Un message les prévient via leur smartphone dès que leurs commandes sont disponibles.
Les restaurants se partagent 300 places assises et une terrasse extérieure de 150 places. Ils disposent cependant de zones distinctes avec des décors spécifiques, imaginés par Grégory Cohen et réalisés par BM Agencement. Les choix sont originaux, à l’image de cet olivier qui traverse une table dans l’espace Bella Gigi.
Club privé
Grégory Cohen a choisi d’installer à l’étage un club privé, l’Équerre. L’espace se compose d’un bar, d’une pièce confidentielle où les membres peuvent se réunir. Le chef prévoit de présenter ces cartes d’abonnés au prix de 800 € annuels. Une centaine de sociétés locales pourraient ainsi être admises dans ce cénacle. Cela leur permettrait d’utiliser le lieu pour des réunions informelles de quatre personnes. Le club est complété par une table d’hôte, Temporalité.
D’une taille de 7 m sur 1,80 m, elle accueille les convives devant un écran auquel peut se substituer, selon les besoins, un fourneau mobile derrière lequel un ou plusieurs chefs peuvent animer un événement. Temporalité proposerait ainsi des prestations sur mesure, facturées au-dessus de 100 €/convive. Un grand écart avec le food court où le ticket moyen devrait se stabiliser entre 15 et 20 €. Grégory Cohen espère fédérer les classes sociales autour de One Place, mais aussi les clientèles.
Il est conscient que les 14 000 emplois du centre d’affaires Icade ne suffisent pas à assurer la rentabilité de ce lieu qui emploie 35 personnes. C’est pour cela qu’il s’est installé en périphérie de la zone, en bordure de l’A106, près du siège de Corsair et d’hôtels, en face du MIN de Rungis et à 5 min (en voiture) d’Orly et de Belle Épine. L’arrivée de la ligne 14 pourrait aussi changer la configuration de ce secteur.
Avec une moyenne de 200 couverts par service durant la semaine de l’ouverture, le chef est plutôt satisfait du démarrage. Après avoir rodé la formule, Grégory entend ouvrir le food court au-delà du déjeuner hebdomadaire. Il espère étendre ainsi son activité autour du dîner, en attirant une clientèle de loisirs. Le bar, avec licence IV, permettra sans doute dans un premier temps d’organiser des afterworks, rampes de lancement des dîners. Ainsi, Grégory Cohen a ainsi imaginé ce lieu comme une destination offrant de nombreux motifs de visite, dans un quartier où la concurrence n’est guère développée.
Ce pari est à la mesure de la personnalité de ce chef médiatique au parcours atypique. Formé à la dure dans les cuisines du restaurant de son père, rue de Verneuil (Paris 6e), il a tout plaqué à 23 ans pour s’installer dans la Silicon Valley, aux États-Unis. Repéré par Bill Gates, il est devenu un expert du digital. À 40 ans, il décide à nouveau de changer de vie et renoue avec son ancien métier en France. Il se fait remarquer en créant BAB, où il imagine la notion de burger gastronomique, puis en ouvrant la pâtisserie Mon éclair. Il a animé l’émission « Chéri, c’est moi le chef » sur France 2 et a multiplié les missions de consultant auprès de restaurants et de chaînes hôtelières.