Heineken France : l’ambition par l’innovation
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Après une année 2025 en demi-teinte, Heineken France se montre particulièrement ambitieux avec un programme chargé d’innovations.
L’année 2026 promet d’être soutenue. Heineken France annonce en effet un programme ambitieux autour de l’innovation durant cette année. Et ce, pour redynamiser son activité après une année 2025 impactée par les difficiles négociations commerciales avec certains acteurs de la grande distribution. En effet, les négociations avec la centrale d’achats Aura (Auchan, Intermarché, Casino) avaient mené à une impasse, ce qui avait entraîné une absence des références d’Heineken dans ces enseignes de mars à mai 2025. Un manque de distribution qui s’est répercuté sur les volumes de vente, en baisse l’année dernière.
Néanmoins, Heineken France se veut optimiste. « Hors Aura, nous avons gagné 0,3 point de parts de marché en grande distribution et 0,3 point en CHR. Ce sont les fondamentaux sur lesquels nous nous appuyons », indique Annick Vincenty, présidente d’Heineken France. Et de poursuivre : « Nous souhaitons accélérer très fort. L’objectif est de retrouver les volumes perdus en 2025 et de chercher la croissance sur les deux réseaux. »
Heineken Blonde de blé, l’innovation pensée pour la France
Le circuit CHR demeure une priorité, représentant plus de 25% de son activité. « Un secteur clé au-delà du poids en volume », précise alors Mimi Tran, directrice marketing d’Heineken France. Le brasseur, qui se présente comme le leader en France avec 25,5% de parts de marché en GMS, investit en outre chaque année plus de 90 millions d’euros sur ce segment, que ce soit auprès des professionnels ou de ses marques.
S’agissant de la première de ses 20 marques – Heineken – une nouvelle référence fait son apparition : Heineken Blonde de blé (5,5% vol.). Une innovation réservée à la France, qui se révèle être « l’un des marchés les plus sophistiqués en matière de diversité de goûts », analyse la directrice marketing d’Heineken France. Et de justifier la nouveauté : « Nous avons collé au goût des Français. L’idée est d’inventer un nouveau style de bière : en partant de l’originale, qui contient de l’orge et la levure A, à laquelle nous avons ajouté du blé et du houblon. »
De la nouveauté dans le contenu mais également au niveau du contenant avec l’arrivée d’un verre à pied. « Nous avons la volonté d’apporter la dégustation dans le rituel », ajoute la directrice marketing. La bière Heineken Blonde de blé apparaît dès ce mois de mars en CHR, dans des fûts de 20 litres, tandis qu’elle arrivera en GMS à partir du mois de septembre 2026.
Heineken Studio désormais sur les routes de France
En parallèle, Heineken Studio, le laboratoire de Recherche et Développement (R&D) se transformera en un camion pour réaliser un tour de France. Mimi Tran confirme en outre la poursuite de la présence d’Heineken au Stade de France (Saint-Denis), au Groupama Stadium (Décines-Charpieu) et à l’Orange Vélodrome (Marseille).
Du côté de la bière aromatisée Desperados, qui a célébré ses 30 ans en 2025 à travers le lancement de Sunlight, dont Heineken France se félicite du succès commercial, ce dernier prévoit une extension de la gamme avec deux nouvelles références en canettes de 50 cl et en fût David de 20 litres.
De plus, la bière italienne Moretti, déjà présente dans les CHR français, fait son entrée en GMS pour « accompagner l’appétence des Français » pour la culture transalpine. De son côté, la marque alsacienne Fischer dévoile deux nouveautés à destination, notamment, des CHR. D’une part, la Fischer Rosée, en fût de 20 litres, pour répondre à l’« explosion de la demande en bière blanche rosée dans l’Est depuis deux ans », explique Mimi Tran. D’autre part, la Fischer IPA, en fût de 20 litres, « le deuxième bec devenant de plus en plus de l’IPA ».
Le rôle spécial d’innovation de Gallia chez Heineken France
Aussi, Heineken France souhaite donner à sa bière Pélican un « ancrage très Flandres ». La raison ? « Les marques particulièrement en croissance en France sont de typicité Flandres-Belgique », justifie Mimi Tran. De nouveaux formats apparaissent : le fût David de 20 litres et la bouteille 33 cl pour le CHR ; le fût de cinq litres pour la grande distribution. Pélican lance également en GMS une bière ambrée, avec une touche de chicorée.
Enfin, Gallia occupe une place spéciale dans le portefeuille d’Heineken France avec la micro brasserie de Pantin (Seine-Saint-Denis) d’une capacité de 8.000 hectolitres, véritable laboratoire brassicole et clé de l’innovation de l’entreprise. La marque dévoile deux nouveautés pour les circuits GMS et CHR : la NEIPA East Machine (5% vol.) et une IPA sans alcool. En parallèle, Gallia dévoile uniquement pour le CHR sa référence éphémère Pantinific, une bière IPA.
Par ailleurs, en complément de ces multiples innovations, Heineken France réaffirme certains piliers de sa stratégie RSE. À savoir la consommation modérée d’alcool, qui passe notamment par les références sans alcool, qui représentent environ 6% du portefeuille d’Heineken France. « Nous disposons d’une gamme très étoffée pour séduire un public large », souligne Annick Vincenty. Une gamme qui s’étend donc avec la Gallia IPA 0.0 et qui devrait encore se développer dans les mois et années à venir. Et pour cause, « nous avons la volonté d’investir fortement dans le sans alcool. Un certain nombre de choses arriveront », prévient Mimi Tran.
Aucune nouvelle suppression de postes annoncée
La RSE passe aussi par l’empreinte environnementale. Sur ce point, Heineken France poursuit sa promotion de l’usage de la canette, « économe en émission carbone, entièrement recyclable et légère », détaille la présidente. L’entreprise mise également beaucoup sur le réemploi. « 80% de nos formats en CHR sont réemployables mais en GMS nous défrichons le terrain », poursuit-elle. La volonté est de mettre en place un programme et d’éduquer le consommateur.
Une problématique de premier ordre, les emballages représentant 47% de l’empreinte carbone d’Heineken France, tandis que l’approvisionnement correspond à 22% de son empreinte carbone. Sur ce dernier point, le brasseur s’est engagé auprès de Soufflet Malt pour accompagner les producteurs dans les principes d’agriculture régénératrice. Ainsi, en 2026, 36% de l’orge d’Heineken France devraient être concernés et même la moitié en 2027. Étant précisé que l’intégralité de l’orge utilisée par le brasseur est produite en France.
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Enfin, alors qu’Heineken France emploie plus de 3.500 personnes en France, à travers les 68 entrepôts de distribution de France Boissons et ses deux brasseries (La Valentine, à Marseille, et Mons-en-Barœul, dans le Nord), le groupe Heineken compte supprimer 5.000 à 6.000 postes supplémentaires à travers le monde. « Le groupe a annoncé des efforts de production. L’Europe et la France étaient déjà en train de travailler dessus, la fermeture de la brasserie de Schiltigheim correspond à ce plan. Nous n’annonçons rien de plus parce que nous étions déjà dans cet effort de productivité », répond sobrement Annick Vincenty.