Les cafés Méo à la conquête de l’hexagone
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À deux ans et demi de son centenaire, Méo, désormais dirigé par Edgar Meauxsoone, cultive son ancrage local et souhaite conquérir les restaurateurs de toute la France. Entretien.
Pouvez-vous vous présenter et nous raconter l’histoire de Méo ?
J’ai rejoint la société familiale après avoir travaillé chez Back Market comme data analyst. Une fois chez Méo, j’ai travaillé aux côtés de mon père et j’ai gravi les échelons jusqu’à prendre la direction générale en juin dernier.
J’ai toujours aimé le café, du moins depuis que j’ai l’âge d’en boire, mais je n’avais pas imaginé en faire mon métier. Je savais que je pouvais intégrer l’entreprise familiale mais je n’ai jamais construit mon parcours autour de cela. C’est tout simplement venu au fil des discussions avec mon père et mes sœurs. Et finalement, je me suis dit que j’avais de l’or entre les mains : Méo est une belle société, une chance que je pouvais difficilement laisser passer. Je ne regrette aucunement ce choix. Aujourd’hui, je suis même encore plus tombé amoureux du produit.
Comment définir l’identité de Méo ?
L’identité de Méo, c’est un équilibre délicat entre tradition et modernité. C’est une vieille société, qui fêtera ses 100 ans dans deux ans et demi. Sa taille lui donne une agilité dont elle ne se prive pas d’user, pour garder un petit temps d’avance sur ses concurrents, notamment sur les attentes des consommateurs. Elle s’est mise très tôt au café biologique et équitable.
Et si pendant des années ces cafés se sont mal vendus – nous étions sans doute arrivés trop tôt – l’entreprise a persévéré. Quand le marché du bio s’est développé, elle était présente, et il a été beaucoup plus facile d’aller voir les distributeurs, qui ont accompagné sa croissance.
Comment les Français consomment-ils le café aujourd’hui ?
Le petit déjeuner reste un gros moment de consommation, puis le café se boit tout au long de la journée, avec une baisse à partir de 17 heures. Ce qui a changé, ce sont les modes de consommation : le café moulu perd du terrain en grandes surfaces, on achète toujours plus de dosettes et de capsules, et les achats de grains augmentent. Les machines avec broyeur intégré sont de plus en plus présentes.
Néanmoins, je constate une grosse différence entre ce que les Français se déclarent prêts à acheter et ce qu’ils achètent vraiment. En effet, 70 % d’entre eux disent préférer un café bio à prix équivalent – ce qui montre une vraie appétence pour le bio – et le label commerce équitable fonctionne bien dans les intentions, mais une fois en rayon, les consommateurs vont chercher le prix le plus bas.
Quelles sont les attentes en hors-domicile ?
Cela dépend de la typologie de l’établissement. Dans un restaurant tout venant, qui n’est ni gastronomique ni haut de gamme, le client veut tout simplement un expresso ou un allongé, avec un petit chocolat ou un petit biscuit. Dès que l’on monte en gamme, notamment dans les bistronomiques, les restaurateurs ont des attentes qu’ils transmettent à leurs clients : un café avec une histoire qui peut être pure origine ou un café de spécialité.
Dans les hôtels, qui sont moins des lieux de restauration, il y a rarement une vraie carte de cafés. On peut y trouver un pur origine ou un café de spécialité.
Quelles sont vos ambitions pour les prochaines années ?
Nos ambitions de développement sont fortes. Le groupe Méo Fichaux représente aujourd’hui 20 % du café consommé en France et malgré cela, il n’est présent que dans le nord de la France et la région bordelaise. Je souhaite faire grandir notre secteur d’activité pour que l’on puisse trouver le café Méo un peu partout dans l’hexagone.