Titres restaurant : la moitié des utilisateurs sont favorables à des plafonds différenciés pour la restauration et la GMS
- Temps de lecture : 3 min
Dans sa dernière étude sur la pause déjeuner des salariés Français, l’éditeur de titres restaurant Edenred a sonder leur rapport avec les titres restaurant en marge du projet de loi visant réformer ce mode de paiement.
À l’occasion d’une étude menée sur la pause déjeuner des Français, Edenred et Ifop ont sondé le rapport des actifs aux titres restaurant. Les dernières questions de l’enquête ont ainsi mis en évidence plusieurs postures, alors même qu’une proposition de loi pour les réformer fera l’objet de débats dans les prochains mois.
La dernière question de l’enquête prend ainsi à témoin les usagers des titres restaurant. « Afin de soutenir le secteur de la restauration, seriez-vous tout à fait favorable, plutôt favorable, plutôt opposé ou tout à fait opposé à la mise en place d’un plafond d’utilisation des titres-restaurants différencié selon qu’ils soient utilisés dans les grandes surfaces ou dans les restaurants (par exemple : un plafond de 15
euros pour des achats en grande surface et de 25 euros pour une dépense dans un restaurant) ? » À cette question, quelque peu biaisée, la moitié des salariés se disent favorables à la mesure. 34 % s’y opposent.
Cette proposition fait directement écho à celle formulée par les professionnels de la restauration pour contrer le projet de réforme.
Maintien de l’usage en GMS, un débat épineux
La proposition de loi déposée début juin prévoit en effet de pérenniser la possibilité de les utiliser en grandes surfaces. Le projet de loi prévoit ainsi « que les titres‑restaurant peuvent être utilisés pour l’achat de tout produit alimentaire, sauf exceptions qui seront précisées par décret (alcool, confiseries, aliments infantiles et animaliers) ».
La mesure fait bondir les professionnels de la restauration depuis la première heure. La loi du 16 août 2022, pour lutter contre l’inflation, permet en effet aux ménages d’acheter, avec ces titres, des produits alimentaires non directement consommables (riz, farine, pâtes, huile…). Initialement prévue jusqu’à la fin 2022, la mesure a été prolongée deux fois, désormais jusqu’au 31 décembre 2026. « Dans ce contexte, pérenniser cette évolution apparaît comme une adaptation logique aux nouvelles habitudes alimentaires et professionnelles […] tout en assurant un équilibre entre l’ensemble des acteurs concernés », indique le projet de loi, défendu par le député de la 3e circonscription des Vosges, Christophe Naegelen.
Le texte prévoit également la dématérialisation totale des titres restaurant. Une mesure interdit par ailleurs les ristournes par les émetteurs lors de la cession des titres aux employeurs. Notamment pour préserver une équité entre les grands comptes et les TPE/PME. Enfin, une transparence totale sera demandée aux émetteurs des titres. Ils devront communiquer chaque année aux commerçants un récapitulatif des frais et commissions qui leur ont été appliquées. Des mécaniques dont l’effet est censé réduire, à terme, la part des commissions prélevées aux restaurants.
Les actifs français très attachés au dispositif
Les chiffres de la perception des titres-restaurants
des actifs français ont accès à des titres-restaurant par leur entreprise
des salariés des entreprises de 1 000 à 4 999 employés ont des titres-restaurant
des salariés des entreprises de moins de 20 salariés y ont accès
des usagers soulignent leur importance pour leur pouvoir d'achat
Sur l’ensemble des détenteurs de titres restaurant, 54 % indiquent qu’ils leur permettent d’aller plus souvent au restaurant. 45 % ont également confirmé que cela les incitent à dépenser davantage lors de leur repas. De l’ordre de 5 à 10 € supplémentaires en majorité.
Enfin, 47 % des sondés déclarent que, si les titres restaurants disparaissaient, ils réduiraient leurs sorties et leur budget. 24 % indiquent qu’ils ne changeraient pas leurs habitudes.