Le bento, un repas dans la boîte
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Le bento, célèbre boîte à repas compartimentée d’origine japonaise, n’est plus réservé aux écoliers et aux salariés nippons. Avec son format pratique, propice à l’exploration d’un large éventail de saveurs, il s’invite désormais dans de nombreux restaurants en France.
L’histoire raconte que les premiers bentos étaient exclusivement composés de hoshii, du riz cuit à la vapeur avant d’être séché au soleil. « Facile à transporter et riche en énergie, il constituait le repas idéal pour les voyageurs », explique Harue Otomo, fondatrice de Musu’B1, une enseigne spécialisée dans les bentos à Marseille. Puis, la boîte repas s’est diversifiée au fil des siècles laissant apparaître plusieurs ingrédients.
Aujourd’hui encore, les familles japonaises confectionnent des repas compartimentés pour leurs enfants. Née au Japon et installée dans la cité phocéenne depuis plusieurs années, Harue Otomo tenait à proposer à la clientèle de bureau du quartier de la Joliette de « vrais bentos japonais ». Pour cette dernière, le succès du bento dans l’Hexagone s’explique également par son savant équilibre. « C’est un repas complet. Il y a du riz, une protéine et beaucoup de légumes, estime-t-elle. Et surtout, il est pensé pour être mangé à température ambiante, donc il ne nécessite pas de temps de réchauffage. »
Pour Terumi Yoshimura, cheffe consultante japonaise, c’est en partie « l’influence des animés japonais et de la pop culture où le bento apparaît dans des scènes à l’école où dans des parcs, qui a mis le bento sur le devant de la scène ». Elle estime également que cela représente « l’esprit d’hospitalité cher aux Japonais : le désir de penser à celui qui mange et de lui offrir le meilleur repas possible ».
L’exploration des saveurs
Chez Musu’B1, trois recettes permanentes sont proposées. Le poulet karaage, le poisson et le végétarien, auxquels s’ajoute un bento du jour. « Le plus compliqué, c’est de varier les légumes. Dans chaque bento, j’en mets cinq ou six différents. Il faut suivre les saisons, trouver de nouvelles associations et renouveler les recettes pour que les clients ne se lassent pas », explique Harue Otomo. Si le porc pané reste l’une des recettes les plus populaires au Japon, elle a fait le choix de s’en éloigner afin de satisfaire une clientèle plus large. De plus, elle a aussi souhaité adapter certains assaisonnements aux habitudes françaises. « Au Japon, le riz se mange nature, car les garnitures sont déjà suffisamment parfumées. Ici, beaucoup de clients demandent une sauce sucrée-salée. Je dois admettre que je le fais un peu à contrecœur. »
Quelques mois seulement après son ouverture, l’établissement compte déjà de nombreux habitués. « Certains viennent même tous les jours », sourit-elle. Selon la fondatrice de Musu’B1, désormais, le bento ne relève plus « d’un simple effet de mode ». Il répond à une véritable attente : celle d’un « déjeuner complet, pratique et équilibré, adapté au rythme des personnes actives ».