Tara, Mona et Oscar Gaouaoui, la relève des Bistrots Pas Parisiens en salle et en coulisses

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À 26, 25 et 20 ans, Tara, Mona et Oscar Gaouaoui incarnent la nouvelle génération des Bistrots Pas Parisiens. Élevés dans la cohue des services et les effluves de sauces longuement mijotées, le trio avance résolument soudé entre un héritage assumé et une volonté farouche d’imprimer leur signature.

Gaouaoui
Tara, Oscar et Mona accompagnés de leur père Hakim Gaouaoui Crédit : DR.

Il n’y a qu’à les voir ensemble pour comprendre : Mona, Tara et Oscar Gaouaoui sont – en plus d’être les dignes héritiers de leur père Hakim Gaouaoui – inséparables.
« Si elle est spontanée et joyeuse, Mona est aussi déterminée que rigoureuse lorsqu’il s’agit de travail. Tara, elle, est hyper réfléchie, très méticuleuse, dotée d’un goût sûr et d’un humour fin. Plus calme, plus posée, elle rassure », explique Oscar Gaouaoui, leur tout jeune frère. Lui, avance davantage à l’instinct. « Il a beaucoup d’énergie. C’est le meilleur en opérationnel », explique sa sœur Mona.

Cette fratrie, nouvelle génération des Bistrots Pas Parisiens que l’on ne présente plus, a été élevée au rythme de l’hôtellerie-restauration. Ce monde coule dans leurs veines.
« Avant d’évoluer dans les restaurants, nous avons grandi dans un hôtel. Mon père, après avoir travaillé des années dans le Chicago Pie, a décidé d’ouvrir avec ma mère sa propre affaire. Ils ont racheté un hôtel dans le centre de la France, l’Hôtel de Russie, et nous sommes tous partis en Auvergne », raconte Tara Gaouaoui. À l’époque, l’établissement possède également un restaurant. Leur père est en cuisine et leur mère est chargée de la réception et des petits-déjeuners. « Nous mangions tous les soirs au restaurant. Les clients nous connaissaient, certains dînaient même avec nous », se souvient Mona Gaouaoui, sourire aux lèvres.

Le début de la grande aventure

Puis vient le retour en région parisienne. Les parents vendent l’affaire auvergnate et investissent dans un restaurant situé dans les hauteurs de Puteaux qui signe les prémices de l’aventure des Bistrots pas Parisiens.
Devenus jeunes adultes, chacun prend petit à petit sa place. « Je n’étais pas bon à l’école. J’ai tout foiré. J’ai fait toute ma scolarité dans le privé, mais ça ne me plaisait pas. J’ai décidé d’arrêter et de rejoindre mon père », assume sans détour Oscar Gaouaoui.
Il commence alors à réceptionner les marchandises pour les restaurants du groupe. « C’était dur, physique, répétitif », lance-t-il. Il supplie alors son père d’évoluer et devient commis avant de rejoindre la salle en tant que runner. Puis, c’est l’évidence. « Aujourd’hui, je suis responsable d’établissement. Incarner une salle, c’est ce que je voulais. J’aime parler à cinquante clients dans la journée », explique ce dernier.

L’héritage comme catalyseur

Porter un nom est une responsabilité. Mais selon ces derniers, c’est surtout une chance « énorme ». « Aujourd’hui, je me réveille plus stimulée qu’angoissée. Et si notre père est dur avec nous, il croit également beaucoup en nous. Il nous a donné très tôt des responsabilités mais aussi un accès à des sphères professionnelles auxquelles nous n’aurions pas pu prétendre ailleurs », explique Mona Gaouaoui. « Si j’avais travaillé dans un grand groupe, on ne m’aurait pas fait confiance aussi vite », poursuit son jeune frère.

Mais l’héritage a aussi son revers. « Il faut avoir les épaules », glissent-ils, rappelant que leur père peut aussi les reprendre vertement, les rappeler à l’ordre et exiger davantage de ces derniers.
En outre, ils tiennent à conserver de leur père son sens aigu du management. « Il est spontané, visionnaire et ancré dans le présent et il est capable du jour au lendemain, d’imaginer une ouverture dans le Sud ou de lancer une opération spéciale si l’actualité l’exige », indique Mona Gaouaoui.

Marquer son empreinte

Face à la créativité débordante de son père, Mona Gaouaoui souhaite apporter davantage de structure à l’entreprise familiale. « Je veux mettre en place une vision à long terme. Cette organisation devient indispensable à mesure que le groupe grandit. On ne peut plus piloter à vue. Avec le nombre de restaurants et de salariés, on est davantage exposés juridiquement et financièrement. Il faut contrôler les dépenses, les masses salariales, sécuriser la croissance. C’est mon rôle », déclare la jeune femme.
Sa sœur aînée, Tara Gaouaoui, s’occupe quant à elle de la décoration et de la partie juridique.

Avec environ 500 salariés, des départs, des arrivées et beaucoup de turn-over les sujets ne manquent pas. Enfin, Oscar Gaouaoui, le dernier de la fratrie, reste le plus opérationnel. « Ce qui est fondamental, c’est d’incarner la suite. Mon père est le fondateur et président. Nous, nous sommes la continuité. On reprend ce qu’il met en place, mais de manière fraîche et structurée », clame-t-il, sûr de lui. Et une chose est certaine pour le trio : pas question de se faire racheter par un groupe. « Les équipes nous ont vus grandir. On veut garder cette vision familiale », insistent-ils. À l’avenir, la fratrie imagine déployer sa marque de bouillons à l’international. Se séparer ? Impensable. « On sera toujours au téléphone les uns avec les autres », disent-ils en chœur, tout sourire.

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