« Notre café brûle » : le Collectif Café alerte sur la crise de la filière
- Temps de lecture : 3 min
Regroupant 180 acteurs issus principalement de la torréfaction traditionnelle, ce collectif s’insurge de l’état actuel du marché du café
Le café est la deuxième boisson la plus consommée au monde après l’eau. Paris voit naître de nouveaux coffee shops toutes les semaines, voire tous les jours. Le café est la première denrée agricole échangée à travers le monde. Et pourtant, il est « sous pression », affirme le Collectif café. Ce regroupement qui rassemble majoritairement des PME de torréfacteurs (180 adhérents et 400 points de vente en France), s’engage dans la défense d’un café plus éthique et de meilleure qualité.
Selon lui, plusieurs facteurs fragilisent aujourd’hui l’écosystème de la filière. « Crise climatique, tensions géopolitiques, spéculation, vieillissement des producteurs, chute de la qualité, pratiques de grande distribution… » Une liste non exhaustive des éléments qui provoquerait une crise, non pas conjoncturelle « mais véritablement systémique ».
Alors que les cours du café ont explosé ces cinq dernières années (+ 160 % pour l’arabica, + 290 % pour le robusta), cette conjoncture n’est pas une aubaine pour le Collectif Café. « En réalité, cette flambée des prix est la conséquence directe de la dégradation des rendements agricoles, du réchauffement climatique et dérèglement climatique qui, loin d’être temporaires, sont désormais installés », soutient le collectif, dans une tribune diffusée ce 8 septembre.
Un autre regard sur le café
La France est aujourd’hui le 19e pays consommateur de café dans le monde. Environ 80 % des Français déclarent en boire régulièrement. Mais la grande majorité (90 %) achète leur café en grande distribution, « alors que plus de 90 % des consommateurs achètent leur pain en boulangerie », regrette le Collectif.
Prendre un café est une habitude bien ancrée dans le quotidien et le style de vie des Français, dont un tiers (33%) le consomme hors domicile. Le Collectif Café appelle à modifier cette consommation, en valorisant le café de spécialité. Un produit que les torréfacteurs et les coffee shops défendent au quotidien. Et dont la consommation semble s’installer plus durablement.
Le café de spécialité représente en effet près de 8 % des ventes de café en France, et progresse chaque année de 15 %. Mais il reste encore un marché de niche. Le café traditionnel, de « commodité » étant toujours dominant. « Le café est complexe à produire. On a besoin de relais face à une industrie agro-alimentaire hyper puissante », développe Christophe Servell, fondateur de Terres de Café, meilleur torréfacteur de France en 2015 et vice-président du Collectif café.
« Le café répond aux régles du terroir, similaires à celles du vin. Ses arômes divers sont le résultat d’une combinaison unique de climats, de sols, de variétés et de savoir-faire artisanal. Il doit être consommé fraîchement récolté, importé et torréfié (…) Un “bon” café est un café qui respecte les producteurs, la nature, le goût, le plaisir et la santé des consommateurs », développe le Collectif café. Son président, Loïc Marion, estime ainsi qu’«un mauvais café ne brûle pas que l’estomac : il brûle toute une filière. »