Brasseurs de France alerte sur la compétitivité des brasseries
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Le syndicat professionnel Brasseurs de France déplore la perte de compétitivité des fabricants français de bières alors que le marché se révèle atone.
La période n’est pas à la fête pour la bière en France. Brasseurs de France déplore en effet une baisse de compétitivité des brasseries tricolores. En cause ? « La stagnation des volumes, combinée à la hausse continue des coûts de production », estime le syndicat professionnel qui représente plus de 98% de la production française de bière. Et de développer : « La fin de l’ARENH [Accès Régulé à l’Électricité Nucléaire Historique, NDLR] en 2026, l’augmentation des redevances sur l’eau, l’augmentation de la REP [responsabilité élargie des producteurs, NDLR] emballage ménager, la complexité réglementaire et une pression fiscale permanente sont autant de facteurs pénalisant notre compétitivité et qui affectent directement un secteur composé à 96% de TPE et de PME. »
Les conséquences de cette perte de compétitivité sont alors réelles. L’année dernière, 209 brasseries ont mis la clé sous la porte, ce qui correspond à près de quatre fermetures par semaine. Ce qui correspond à peu près au nombre d’ouvertures de brasseries (213 en 2025). En 2024, le nombre de fermetures avait dépassé celui des ouvertures. Dans ce contexte, afin d’assurer la pérennité des entreprises, des processus de consolidation se réalisent dans le pays européen qui compte le plus grand nombre de brasseries (2.500).
Le hors domicile à la traîne
De plus, le bilan se veut moins noir en termes de consommation. Alors que le marché tricolore a connu une baisse de 7% entre 2022 et 2024, il a été atone l’année dernière. Si la consommation à domicile tire difficilement le marché, avec une légère hausse des volumes de 1,2%, le hors domicile connaît une baisse des volumes du même ordre, à -1,5%. Néanmoins, la bière conserve sur ce segment du hors domicile un poids non négligeable, représentant environ 30% de son chiffre d’affaires.
La filière brassicole dispose des savoir-faire et des capacités d’innovation nécessaires pour répondre aux nouvelles attentes de consommation et continuer à investir en France.
Brasseurs de France se félicite en outre du bel été 2025, qui a vu la bière progresser de 1,4% par rapport à l’été précédent. « Sans inverser la tendance annuelle, un point mérite d’être souligné : entre juillet et août 2025, les consommateurs ont fait le choix de la bière sans alcool, avec 600.000 litres supplémentaires », note également l’interprofession.
L’innovation, la clé de la compétitivité selon Brasseurs de France
Dans ce contexte, Brasseurs de France appelle à l’innovation ainsi qu’à la diversification. Cela passe par le contenant avec les formats canettes et bouteilles de 75 cl qui progressent en volume, respectivement, de 4,8% et de 4,2%. Côté innovation, il est impossible de passer à côté des bières sans alcool, un segment devenu incontournable. Et pour cause, 40% des brasseurs interrogés par l’interprofession lors d’une enquête flash en janvier 2026 produisent de la bière sans alcool. Dans le même temps, 30% déclarent avoir un projet en cours.
Aussi, « près de 60% des brasseurs concernés jugent le marché de la bière sans alcool en croissance. La demande des consommateurs est identifiée comme la principale motivation », ajoute l’interprofession. Et pour cause, la bière sans alcool a connu une progression de 11,5% en un an et représente désormais près de 6% des volumes en grande distribution.
Enfin, « l’enseignement de 2025 est clair : la filière brassicole dispose des savoir-faire et des capacités d’innovation nécessaires pour répondre aux nouvelles attentes de consommation et continuer à investir en France mais la préservation d’un cadre fiscal et réglementaire stable est une condition essentielle pour permettre à ce dynamisme de s’inscrire dans la durée », conclut Magali Filhue, déléguée générale de Brasseurs de France.