Lavazza actionne tous les leviers pour amener de la valeur dans la consommation du café
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Le groupe Lavazza confirme le succès de sa stratégie de premiumisation du café. L’entreprise a présenté des résultats 2025 positifs dans un contexte particulièrement complexe pour le marché.
Le groupe familial italien Lavazza est prêt à renouer avec la stabilité après plusieurs années marquées par l’inflation du café vert et un contexte économique et géopolitique tendu. Giuseppe Lavazza, président du groupe, a annoncé des résultats 2025 « performants malgré le contexte ». L’entreprise affiche 3,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires global (+15,7 %), ramené à 519,5 millions d’euros pour la France (+9,3 %), son premier marché européen (sur un marché national de 4,4 milliards d’euros). Des résultats encourageants, multipliés par 3 en 15 ans, mais au prix d’un jeu d’équilibriste. Le groupe vise tout de même un chiffre d’affaires de 5 milliards, et compte s’appuyer sur de futurs déploiement internationaux.
« Le marché est toujours extrêmement volatile et nous devons nous montrer particulièrement agile pour préserver nos marges et notre capacité à innover, explique-t-il. Pour rappel, entre 2021 et 2025, le prix de l’arabica a bondi de 230 %, celui du robusta de 320 %. Ce contexte a conduit l’entreprise a revoir sa politique tarifaire, notamment pour faire face à la baisse des volumes tout en préservant sa ligne de développement. Dans la mesure où la chute des volumes est limitée, je parlerais plus volontiers de transformation du marché que d’une contraction. »
Pour résister, Lavazza entend préserver la singularité de sa monoactivité autour du café et se place comme un moteur du secteur. Surtout en restauration hors domicile, qui représente 50 % des volumes et 75 % en valeur. « Notre principal ennemi est la banalisation du café. Nous devons actionner tous les leviers pour amener de la valeur ajoutée sur nos tasses et renforcer l’engagement des consommateurs. »
Une diversification par le haut en CHR
La stratégie s’avère payante. « Malgré la hausse des prix, la consommation reste élevée. Le consommateur achète moins mais mieux, un peu comme pour le vin », poursuit Giuseppe Lavazza. La marque mise en effet sur l’engouement pour le café de spécialité et déploie un éventail haut de gamme en CHR. La collection 1895, initiée en 2024, se positionne sur une niche, proposant des cafés d’exceptions en séries souvent limitées. « 1895 ouvre un nouveau potentiel pour Lavazza, celui de travailler une expérience sur-mesure autour du café à travers le cocktail mais aussi par des accords avec des mets et pâtisseries, explique Corentine Girard. L’innovation de demain réside moins dans la diversité des références que dans notre capacité à valoriser des fermentations et procédés vraiment différents. »
Plus accessible, en prix et en terme d’expérience, la gamme Tales of Italy, lancée en 2025, explore les goûts italiens du café à travers quatre assemblages plus travaillés. Elle représente désormais 40 % des ventes en CHR et tend à remplacer progressivement les anciennes références. « La perception de valeur de l’expresso a évolué. Même s’il reste un plaisir accessible, la popularisation des machines à grain à domicile fait porter une exigence de qualité plus forte sur la tasse réalisée dans un café ou restaurant. »
Démultiplier les moments de consommation
Dans sa volonté de démocratiser le café de qualité, Lavazza essaime tous azimuts. « Nous faisons de plus en plus évoluer le mix clients », souligne Corentine Girard, brand manager Lavazza. La marque revendique désormais un leadership grâce à une force de frappe considérable via les points de ventes en entreprise (OCS, office coffee service), permis notamment par le rachat de Maxicoffee en 2023. « Lavazza est accessible dans 110 000 points de contact en France » souligne Giuseppe Lavazza. Ce débouché constitue une promesse de stabilité pour l’entreprise qui cherche désormais à équilibrer son coût matière autrement. « Notre ambition est de développer une division OCS vending à hauteur de 1 milliard d’euros en Europe », indique le président de Lavazza. « C’est nouveaux codes de l’hospitalité arrivent désormais aussi dans l’univers du bureau, nous devons répondre à ces nouvelles exigences », souligne Corentine Girard.
L’entreprise fait aussi les yeux doux à la boulangerie, désormais locomotives sur les nouveaux temps de consommation, tout comme à la gastronomie et à l’hôtellerie en quête de différenciation, ou encore le secteur du loisir. « Le boom des coffee shop amène une élévation des standards des attentes des consommateurs. » Si Lavazza est plutôt spectateur de cette tendance, elle se pose en expert pour accompagner l’évolution des pratiques des professionnels, notamment à travers des Training centers.
Des leviers internationaux
Le lancement de Lavazza sur le marché chinois, en 2020, constitue un autre pas en avant pour le groupe. Ce dernier vise 200 points de vente dans le pays d’ici fin 2026, avec une adaptation forte aux attentes locales de ce marché. Les États-Unis constitueront le prochain challenge, « un ambitieux projet à 4 milliards d’euros » qui permet aussi au groupe d’afficher une santé de fer et de doucher définitivement les velléités de rachat d’autres acteurs du secteur.