Index emploi seniors : les PME en tension

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Alors que les sociétés de plus de 1000, puis 300 salariés devraient se préparer à publier un index senior, les PME aussi.

L'assemblée nationale. Crédit : DR.
L'assemblée nationale. Crédit : DR.

L’annonce de la première ministre Elisabeth Borne, le 2 février dernier a surpris les professionnels de l’hôtellerie et de la restauration. Finalement, les entreprises qui emploient moins de 50 salariés devront elles aussi publier un index énonçant le taux d’emploi des seniors (entre 55 ans 64 ans) dans leurs équipes d’ici 2024. Avec cette mesure, le gouvernement entend « objectiver la place des seniors en entreprise, assurer la transparence en matière de gestion des âges et valoriser les bonnes pratiques en la matière. »

Seulement, la première version de cette formalité obligatoire (de l’article 2 du projet de loi de réforme des retraites) ne devait initialement concerner que les entreprises employant plus de 1 000 salariés dès cette année puis, en 2024 les sociétés de plus de 300 employés. Finalement, les PME vont se retrouver dans le périmètre de l’index senior. Une menace de sanction qui est vécue comme une mauvaise nouvelle pour les professionnels de l’hôtellerie et de la restauration. En effet, Didier Chenet, le président du GHR (groupement des professionnels du secteur de l’hôtellerie restauration) « partage la volonté du gouvernement d’améliorer l’emploi des salariés les plus âgés, mais insiste sur le fait que le groupement ne peut pas accepter de contraindre les PME du secteur à respecter une nouvelle formalité administrative. »

Une charge supplémentaire pour les PME

La position du GHR est ferme : la demande est faite à la Première Ministre «de bien vouloir renoncer à étendre aux PME une telle obligation». Pour ces entreprises qui rencontrent déjà des difficultés de recrutements notamment dans le secteur extrêmement tendu de l’hôtellerie et de la restauration, la solution n’est pas adaptée au problème. « Nos professionnels attendent du gouvernement qu’il les aide à faire face à la pénurie d’emploi qui les frappe, pas qu’il leur impose une nouvelle formalité venant s’ajouter à une liste déjà fort longue », a insisté le GHR par la voix de son président.

Même son de cloche du côté de la CPME (confédération des petites et moyennes entreprises) qui s’était réjoui en septembre dernier que le gouvernement accepte sa demande de ne pas étendre le dispositif aux petites structures. Elle s’inquiète de « l’incapacité des PME à mener des stratégies RH aussi ciblées que celle des grandes sociétés. » La confédération préconise plutôt d’entrer dans une « logique pragmatique d’incitation plutôt que de sanction, en diminuant le coût supplémentaire lié à l’ancienneté des seniors ou en allégeant le poids des charges patronales, sous réserve du maintien dans les effectifs des salariés concernés. »

C’est finalement une autre solution qui est retenue par la Première ministre qui pour l’heure, ne regarde qu’en direction de l’Assemblée nationale où débute à ce jour, le 6 février, le débat autour de la réforme de retraites. La mesure phare de cette loi est notamment le recul de l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans. Plus d’actifs seniors resterons donc sur le marché du travail, posant ainsi la question de leur employabilité.

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