Emeline Lallemand, fondatrice d’Emkipop : « Je m’inspire de l’univers de la pâtisserie »

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En quelques années, Emkipop s’est imposée comme une référence du bâtonnet glacé artisanal. Derrière la marque, Emeline Lallemand et Guillaume Bacqueville ont transformé une idée née à New York en une aventure entrepreneuriale fondée sur des saveurs audacieuses nées des fruits, des herbes et des épices.

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Émeline Lallemand et Guillaume Bacqueville, fondateurs de l'entreprise Emkipop. Crédit : Emkipop.

À Marseille, la marque Emkipop s’est imposée en quelques années comme une référence du bâtonnet glacé artisanal. Derrière ces créations fruitées, naturelles et souvent surprenantes se cache Emeline Lallemand, qui a fondé l’entreprise en 2016 avec son mari et associé, Guillaume Bacqueville. Dix ans plus tard, la petite structure marseillaise continue de se renouveler tout en restant fidèle à sa philosophie : proposer des glaces gourmandes, naturelles et créatives.

Avant de se lancer dans l’aventure Emkipop, Emeline et Guillaume travaillaient tous les deux dans un cabinet de conseil. Une expérience formatrice, mais qui a fini par susciter une frustration. « On faisait beaucoup de choses, mais rien ne nous appartenait vraiment. C’était très formateur, mais on avait envie de passer à autre chose », déclare Emeline.

L’envie de créer un projet personnel et singulier commence alors à éclore. « Nous étions attentifs à tout ce qu’il y avait autour de nous et l’idée est née presque par hasard lors d’un voyage à New-York en 2015 où ma sœur s’était installée avec son compagnon », se souvient-elle.

Lors d’une journée de grande chaleur à crapahuter dans les rues de New-York, Emeline et Guillaume goûtent un sorbet en bâtonnet. « C’était très rafraîchissant, riche en fruits et à l’époque, nous n’avions pas d’équivalent en France, explique la fondatrice de la marque. On connaissait les Magnum, les fusées ou les glaces torsadées, mais à aucun moment on n’avait goûté un produit à base de fruits naturels, sans colorant. » Fidèles à leur méthodologie d’anciens consultants, ils réalisent une étude de marché approfondie et structurent leur projet.

Premiers pas dans l’artisanat

Mais créer une marque de glace artisanale sans jamais avoir mis un pied dans le secteur de l’agroalimentaire n’est pas chose aisée. « Le premier défi, cela a été de créer les recettes. Quand j’en ai parlé à mes parents, ils ont été très surpris et m’ont rappelé que j’avais toujours été celle qui cuisinait le moins dans la famille. C’est vrai je ne faisais jamais de gâteau », admet tout sourire Emeline.

Pourtant, aujourd’hui, elle est au cœur du développement des recettes et le pari est plutôt réussi. Les bâtonnets Emkipop reposent sur un principe simple : le fruit comme ingrédient principal, sublimé par des épices, des herbes fraîches ou des associations inattendues. « J’aime rappeler que c’est un sorbet, pas une glace à l’eau », précise notre interlocutrice.

Sortir des sentiers battus

L’identité des glaces Emkipop s’est autant construite sur leur forme en bâtonnet que sur leurs saveurs originales, guidées par des associations audacieuses comme la Détox au citron, curcuma et gingembre ou la Désaltérante au citron, concombre et menthe.

« Je m’inspire de l’univers de la pâtisserie mais également de certains jus de fruits ou souvenirs personnels. Certaines recettes, comme La Vitaminée, naissent d’anecdotes familiales », explique Emeline.

D’autres, sont inspirées par des rencontres ou des voyages. « Un jour, une amie m’a parlé d’une glace au sésame noir qu’elle avait gouté au Japon. Elle a voulu que je la reproduise et aujourd’hui, elle fait désormais partie de nos références », confie la fondatrice de la marque.

Au fil des années, Emkipop multiplie également les collaborations avec certains grands noms de la gastronomie. Par le passé, la marque a notamment travaillé avec le chef marseillais Gérald Passédat. Aujourd’hui, c’est au tour de la cheffe pâtissière Jessica Préalpato. Cette dernière a imaginé un bâtonnet à son image – et donc forcément baigné par la naturalité – en proposant une recette à base de basilic, estragon, verveine citronné, menthe et citron.

Ces collaborations permettent d’explorer des produits inattendus comme la criste marine, ou encore la bergamote et la feuille de shiso. « Nous aimons aimons créer avec des experts du goûts et apprendre à travers leur expertise », précise Emeline.

Se différencier auprès des CHR

La marque est aujourd’hui présente dans plus de 1 000 restaurants, hôtels et coffee shops. Depuis deux ans, Emkipop travaille également avec La Compagnie des Desserts, qui les accompagne sur la distribution. « Nous ne sommes pas des logisticiens. Notre travail à nous, c’est de fabriquer de la glace. Cette collaboration nous simplifie beaucoup de choses au niveau du référencement », explique cette dernière.

Pour se différencier, Emkipop mise avant tout sur la naturalité de ses produits. En effet, les listes d’ingrédients sont volontairement courtes, et l’entreprise privilégie autant que possible « des matières premières françaises et locales, proches du laboratoire de fabrication. »

L’identité visuelle joue aussi un rôle important : « Les glaces sont présentées dans des petits écrins cartonnés recyclables. On ne voulait pas sortir un bâtonnet dans du plastique ce qui est tout de même plus élégant lorsqu’on les pose sur une table de restaurant

L’innovation en ligne de mire

Si la glace en bâtonnet reste un produit plutôt traditionnel, la marque, elle, cherche constamment à innover. Parmi les projets en cours figure un bâtonnet entièrement comestible, destiné à remplacer les bâtons en bois.

« Dans cette nouvelle glace, tout se mange. Mais cela a été un vrai défi : il fallait trouver un bâtonnet comestible qui soit croustillant et assez neutre en goût. Et puis, il ne fallait pas que les mains deviennent collantes lors de la dégustation », déclare Emeline. Pour fonctionner, cette nouveauté – à la saveur pâte à tartiner – mise sur une utilisation joyeusement régressive. « Avec cette bâton comestible l’idée était de créer l’effet de la cuillère que l’on plonge dans le pot de pâte à tartiner », précise la jeune femme.

Et pour les prochaines années ? Emeline voit grand, tout en restant fidèle à l’ADN d’Emkipop. « Nous aimerions davantage diffuser Emkipop, notamment dans des lieux de loisirs comme les parcs d’attractions, zoos ou campings. Notre objectif est de proposer quelque chose de gourmand mais avec de bons produits. À terme, ce serait drôle de pouvoir vendre des Emkipop à New York. La boucle serait bouclée », reconnaît-elle. En attendant, Emkipop nous concocte déjà de nombreuses surprises pour célébrer ses dix années de recettes audacieuses et rafraîchissantes.

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