Un rapport sur le phénomène « no kids » demande l’interdiction de ces pratiques commerciales
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La Commission nationale consultative des droits de l’Homme demande, dans un rapport du 6 juillet, l’interdiction des espaces no kids dans la sphère publique.
La Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) alerte, dans un rapport publié le 6 juillet, sur le phénomène des espaces « no kids » ou « adult only ». La commission a été saisie, il y a quelques mois, par la Haute commissaire à l’enfance Sarah El Haïry, pour observer cette situation. Les conclusions de l’assemblée observent « une exclusion plus systémique des enfants » en lien avec le développement important d’offres commerciales en ce sens. Elle formule ainsi plusieurs recommandations pour enrayer le phénomène à l’échelle de la société.
Dommage collatéral des évolutions sociétales
La CNCDH explique cette disparition progressive des enfants de l’espace public par la convergence de plusieurs facteurs sociétaux. Elle pointe en premier lieu un espace urbain pensé avant tout pour l’automobile au détriment des piétons. Par ailleurs, elle estime que l’angoisse des parents par rapport à la sécurité des enfants s’est intensifié, conduisant à une protection parfois excessive et à la création d’« enfants d’intérieur ». Enfin, elle constate une intolérance d’une partie de la population face aux enfants, de plus en plus perçus comme des sources de nuisances.
Les conséquences sur les enfants sont mesurables. Selon le rapport, cette exclusion des enfants de l’espace public favorise leur sédentarité et détériore leur capacité à se sociabiliser. Elle nuit également à leur apprentissage de l’autonomie.
Un appel au pouvoir public pour interdire ses pratiques
La commission rappelle le caractère disciminatoire et pénalement répréhensible d’une exclusion liée à l’âge.
Elle appelle les pouvoirs publics à appliquer le principe d’équidignité. En effet, les enfants disposent du « droit à la ville », au même titre que les adultes. La commission rappelle que l’espace commun ne doit pas « être pensé exclusivement par et pour les adultes, mais permette la coexistence intergénérationnelle sans assigner systématiquement les jeunes à des lieux de consommation ou des espaces stéréotypés ».
La commission note notamment une évolution rapide du côté de l’hôtellerie. S’il demeure relativement faible, elle rappelle que le nombre d’hôtels adults only a doublé entre 2016 et 2023. Le rapport souligne notamment l’enjeu économique non négligeable derrière cette tendance. En effet, l’absence d’enfants est un argument commercial qui tend à augmenter le prix.
Des recommandations pour plus d’inclusivité
Dans ce contexte, la CNCDH a formulé 18 recommandations à l’attention des pouvoirs publics. Elle demande d’interdire les espaces sans enfant « lorsqu’ils ne sont pas justifiés par des impératifs de protection ». La pénalisation plus systématique des situations d’exclusions des enfants de l’espace public est aussi évoquée.
Le rapport recommande également à l’État d’engager des campagnes de sensibilisation à l’attention du grand public sur les besoins des enfants. L’objectif serait d’améliorer la tolérance et la cohabitation intergénérationnelle. Aussi, elle incite les autorités à repenser la ville « à hauteur d’enfant ».