Vers le retour du gibier de France

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La Fédération nationale des chasseurs (FNC) vise à la démocratisation de la viande de gibier à travers la marque-label Gibiers de France.

sanglier gibiers de france
Le sanglier fait partie du gibier que la Fédération nationale des chasseurs souhaite promouvoir à travers la marque-label Gibiers de France. Crédit : DGestim.

Promouvoir la viande ? Une idée qui semble aller à contre-courant dans un contexte de baisse de la consommation ces dernières années. Pourtant, c’est bien le chemin que suit la Fédération nationale des chasseurs (FNC) avec la marque-label Gibiers de France. L’objectif est en effet de promouvoir la consommation de gibier sauvage originaire de France. Une stratégie en réponse à un constat : 51% du gibier distribué en France est issu de l’importation. « Il s’agit d’une nouvelle histoire pour la venaison française », s’enthousiasme même Willy Schraen, président de la FNC, qui souhaite ainsi « promouvoir la viande de gibier, la rendre plus accessible ».

Concrètement, le label Gibiers de France garantit la traçabilité et l’origine de la viande, grâce à l’organisme Certipaq qui réalise des audits à chaque étape de la filière. Sur les 26 établissements de traitement de gibier en France, l’objectif est d’atteindre ainsi 20 sites porteurs de la marque-label.

De plus, la fédération souhaite ici répondre à une demande des consommateurs pour du local. En effet, 89% des Français veulent consommer davantage de produits tricolores. Dans le même temps, le gibier intéresse les consommateurs, avec « 80% d’intentions d’achat, mais ils sont très attentifs au prix », relève Olivier Touchard, responsable venaison au sein de la FNC. Et d’assurer : « Nous ne voulons pas créer une filière élitiste. »

Une offre forte comme locomotive de la demande en gibier de France

L’enjeu est alors de structurer cette filière et d’offrir un débouché aux chasseurs. Et pour cause, « nous assistons depuis 50 ans à une explosion des populations de grands gibiers, avec une multiplication par 16 des cervidés et par 22 des sangliers. Mais que faisons-nous de tout ce gibier ? » L’apparition de la marque-label Gibiers de France a ainsi pour but de développer la commercialisation de ce type de viande. Et la FNC y croit. « Dès que le commerce du gibier sera plus large, nous amorcerons sa consommation », estime en effet Olivier Touchard, qui souhaite par ailleurs une désaisonnalisation de sa consommation. Gibier qui représente actuellement seulement 1% de la viande consommée en France.

Enfin, pour séduire les consommateurs et les CHR, la filière mise sur les qualités intrinsèques du gibier. À savoir, une viande très pauvre en graisse, avec 2,3% de matières grasses, soit deux fois moins que le poulet. Mais également une viande qui représente un apport substantiel de protéines (22% à 28%) et qui se révèle riche en fer et en zinc. « Il s’agit d’une viande saine qui peut représenter une alternative assez écologique, avec différents types de gibiers et donc de goûts », analyse alors Pierre-Henri Ducluzeau, professeur en nutrition humaine au CHU de Tours. Une viande qui ne manque donc pas de qualités.

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