Les viandes bio comptent sur la RHD pour se maintenir

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L’Observatoire des viandes bio dresse un état des lieux assez morose des filières et souhaite engager d’autres dynamiques.

viandes bio
La viande bovine bio accuse un repli en 2025. Le veau bio est la filière la plus impactée avec -27% d'abattages entre 2024 et 2025. Crédit : Unsplash

L’Observatoire des viandes bio a dressé un état des lieux des filières ainsi que les dynamiques attendues pour les mois à venir.

En 2025, le marché du bio, toutes filières confondues, a commencé à reprendre des couleurs. Il affiche +3,6 % en valeur et +2% en volumes. Cette consommation reste tout de même portée par la restauration collective et les exigence de la loi Egalim, et les magasins spécialisés.

Pour autant, le potentiel de production reste un sujet surveillé de prêt. Selon les données de l’Observatoire, il continue de s’éroder, avec une diminution des surfaces cultivées de 1,1% et pour la première fois, une baisse du nombre d’exploitations. C’est particulièrement le cas pour les élevages bio. 2025 marque la 4e années consécutive de baisse des abattages. La filière du veau bio est particulièrement impactées (-27 % d’abattages). Les filières bovines sont aussi en baisse.

Les conséquences de la sécheresse de l’état 2026 viendront s’ajouter à une situation déjà complexe. « L’autonomie fourragère des élevages sera compliquée pour les prochains mois. L’INAO a accordé des dérogations exceptionnelles aux filières bio car il n’y aura pas de foin bio en France pour les prochains mois. De ce fait, on peut craindre une accélération de la décapitalisation du cheptel, indique Philippe Sellier, président de la commission bio d’Interbev. En revanche, les éleveurs bio avaient en partie anticipé les sorties d’animaux, pour les valoriser au mieux. » Cela devrait donc impacter les niveaux de prix à la baisse.

La viande bio reste néanmoins plus rémunératrice pour les éleveurs et les représentants de la commission bio misent sur cette attractivité pour inciter des élevages conventionnels à passer en bio.

La RHD, seul moteur

La restauration hors domicile reste le seul moteur de consommation pour la viande bio (+1,6%), principalement boostée par la restauration collective. Mais la restauration commerciale reste un segment porteur, notamment en lien avec le déplacement des habitudes de consommation. « Les Français vont de plus en plus consommer la viande au restaurant, constate Philippe Sellier. Nous devons mener un vrai travail de fond sur ce créneau. Le Sirha sera un rendez-vous important pour nous permettre de rencontrer les grossistes et les informer sur nos produits. »

Pour le représentant, la question du prix n’est pas un sujet. « Dès lors que le consommateur est prêt à payer plus cher pour un service de livraison, il a la capacité de reporter ce potentiel de dépense sur le produit servi à table. » Pour Chloé Charles, chef du restaurant Lago, à Paris, « la qualité organoleptique des viandes bio est indiscutable. Et au-delà de la qualité, l’attention portée à l’impact carbone et au bien-être animal de ce mode d’élevage, invitent à privilégier ces produits. »

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