Au Bureau, le dynamisme du groupe Bertrand

  • Temps de lecture : 4 min

La chaîne Au Bureau, qui vient de passer la barre des 200 restaurants, affiche sa bonne santé à l’image du groupe Bertrand. L’entreprise a su relancer plusieurs grandes enseignes de restauration en remettant le client au cœur de l’équation.

Au Bureau groupe bertrand
Au Bureau Ludres 2019 Crédit Alma photos.

Ce printemps, l’enseigne Au Bureau, propriété du groupe Bertrand, a installé son 200e restaurant à Marseille. Au total, une vingtaine d’unités devraient voir le jour en 2024. Le groupe Bertrand a relancé ce concept racheté en 2010. Créée en 1989 par Serge De Decker, cette marque a fédéré des débits de boissons de manière assez libre avant de se structurer lorsqu’elle est passée sous le giron d’AB Inbev au début des années 2000. « C’était un pub pizza, nous l’avons transformé en pub brasserie où la nourriture n’était plus accessoire. Un restaurant Au Bureau réalisait en moyenne 1,4M€ de CA il y a dix ans, cette moyenne dépassait 2,1M€ en 2023 et affichait une croissance de 3%, malgré le contexte. C’est la preuve de la maturité », fait observer Vincent Grellier, directeur général de l’enseigne.

Un concept revisité

Le remodelage du concept en 2019 a fait ses preuves : des bâtiments de 350 à 400 m² avec une capacité de 110 à 115 places. « Mais surtout, insiste le dirigeant de la chaîne, les clients vivent une expérience à chaque visite, à travers l’aspect festif des lieux, les retransmissions sportives. Bien manger c’est la base, mais avant tout, c’est l’expérience qui compte. » Les restaurants Au Bureau sont des lieux qui vivent tout au long de la journée et profitent de tous les moments de consommation. Chaque établissement possède une licence IV et la limonade représente 20 à 30% des ventes.

Ce secteur a été mis en avant grâce au partenariat historique avec le brasseur AB Inbev ainsi qu’à un travail très abouti sur les cartes de cocktails qui viennent doper la fréquentation des after works. Le directeur général insiste sur le bras de fer que l’enseigne a dû mener avec l’inflation pour maintenir le ticket moyen (25€) à un niveau acceptable en matière de rapport qualité-prix : « Le burger génère des ventes importantes pour nous. Songez que le prix du steak haché est monté en quelques mois de 8€/kg à 12€/kg. Il est en train de se stabiliser autour de 10,50€/kg. Les équipes ont dû absorber une bonne partie du choc sans le répercuter. »

La force de Bertrand franchise

Le groupe Bertrand a su aussi nouer une relation durable avec les franchisés qui exploitent une large majorité des emplacements. « Bertrand Franchise considère chacun d’eux comme ses clients, souligne Vincent Grellier. Ce sont des chefs d’entreprise qu’il faut respecter en leur donnant tous les outils nécessaires. C’est notamment nous qui trouvons les emplacements vraiment adaptés à l’activité. » À cet égard, Au Bureau est parvenu à s’installer avec succès dans des villes de moins de 12.000 habitants, comme Yvetot (Seine-Maritime). La bonne santé d’Au Bureau est symbolique de la dynamique qui anime les huit enseignes (Burger King, Hippo, Au Bureau, Léon de Bruxelles, Volfoni, Pitaya, Itsu, Joyo) placées dans Bertrand Franchise.

Cette entité concerne aujourd’hui 1.055 établissements. « Notre stratégie de diviser les groupes en deux entités, à savoir Bertrand Franchise et Bertrand hospitality, s’avère payante », indique Christophe Gaschin, directeur général du groupe Bertrand. Le groupe peut ainsi établir une stratégie adaptée aux diverses typologies d’établissements. Le périmètre de Bertrand Franchise a grandi avec le rachat de Pitaya fin 2022, puis récemment d’Asian pub, Joyo, dont le concept est en chantier boulevard des Italiens (Paris 9e) alors qu’Itsu (autre enseigne Bertrand Franchise) vient d’ouvrir rue Scribe (Paris 9e), preuve du vif intérêt du groupe pour le quartier de l’Opéra.

Selon Christophe Gaschin, cet éventail d’enseignes est utile aux nombreux multi-franchisés, ils peuvent organiser leur propre concurrence dans un secteur donné : « Un client peut manger chaque jour de la semaine dans un restaurant différent, sans savoir qu’il est chez Bertrand. C’est l’objectif. » À l’avenir, le directeur général du groupe Bertrand estime que cet arsenal de marques pourrait être complété par un concept autour du poulet et un autre segmenté autour de la restauration healthy. Par ailleurs, la division Bertrand Hospitality n’est pas en reste. Outre ses brasseries traditionnelles, le groupe a lancé de nouvelles tables comme Public House (Paris 2e) ou La Flottille, à Versailles. Il a aussi acquis en 2021 Le Clos de Nonville (Seine-et-Marne), en impulsant une orientation agrotouristique. La même année, il a repris quatre hôtels parisiens remis progressivement en l’état, à l’instar du Balzac (Paris 8e) qui abrite le restaurant Pierre Gagnaire.

PARTAGER