Ninkasi rassure sur sa sauvegarde et se montre ambitieux
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Malgré l’ouverture d’une procédure de sauvegarde pour Ninkasi, en décembre dernier, Christophe Fargier, son président fondateur, rassure et se montre ambitieux. Il annonce un redéveloppement du réseau de bars-restaurants en 2027 et des innovations dès cette année.
L’enjeu était grand. Après des derniers mois compliqués marqués par l’ouverture d’une procédure de sauvegarde pour Ninkasi, Christophe Fargier, son président fondateur, a tenu à rassurer, lors de sa traditionnelle conférence de presse annuelle, organisée ce 31 mars, et s’est même montré ambitieux. « Ninkasi n’est pas une entreprise en danger ou qui risque de disparaître », précise-t-il. Avant de justifier la mise en place d’une telle procédure, qui permet « de créer les conditions de la pérennité du projet ».
Et pour cause, l’entreprise de bars-restaurants qui produit ses propres bières et ses spiritueux paie en quelques sortes son énorme investissement de 2023 dans une brasserie-distillerie flambant neuve à Tarare (Rhône) pour la coquette somme de 32 millions d’euros. Un outil qui permet de produire des bières à des prix compétitifs, en particulier face aux mastodontes, mais qui pèse dans un contexte délicat.
Malgré la sauvegarde, Ninkasi demeure ambitieux
En effet, alors que la distillerie, dont l’activité reste minime à l’échelle de l’entreprise, a quasiment doublé son chiffre d’affaires, la partie réseau a quant à elle vu son chiffre d’affaires reculer de 2%. Une baisse que Christophe Fargier relativise par rapport à la moyenne du secteur des établissements chaînés à thème, qui correspond à -7%. Du côté de la bière, son chiffre d’affaires a augmenté de 4% en 2025, loin de l’objectif de 10%.
Le développement de l’entreprise ne s’effectue pas de façon assez rapide pour faire face aux échéances de remboursement, d’où la nécessité de restructurer la dette.
« Il y a du positif mais le développement de l’entreprise ne s’effectue pas de façon assez rapide pour faire face aux échéances de remboursement, d’où la nécessité de restructurer la dette », résume alors le président fondateur. Et de poursuivre : « Nous découvrons un moyen très utile pour l’entreprise de passer les turbulences. Nous avons voulu le faire de façon amiable mais il a été nécessaire d’en passer par là. » Sous-entendu, Ninkasi a tenté de discuter avec ses différents fournisseurs afin de renégocier ses contrats mais cette approche n’a pas abouti.
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L’objectif est clair : traquer les économies à réaliser. Ninkasi a réussi en 2024 à réaliser 500.000 euros d’économies et même un million d’euros l’année passée. L’objectif pour 2026 s’élève à 500.000 euros. À titre d’exemple, « la renégociation des contrats d’énergie nous a permis de réaliser quasiment 300.000 euros d’économies », souligne le président de l’entreprise qui a réalisé un chiffre d’affaires de 23 millions d’euros.
Le développement du réseau Ninkasi mis en pause à cause de la sauvegarde
En outre, alors que la période d’observation a connu un premier renouvellement de trois mois avec une prochaine audience le 23 juin prochain, Christophe Fargier annonce la couleur : il est possible que la procédure de sauvegarde dure au final 12 mois, au regard du nombre important de partenaires avec qui discuter.
Notre stratégie reste la même, à savoir un développement national avec des partenaires franchisés.
De plus, dans ce contexte, Ninkasi a calmé ses prétentions nationales, alors que son 26e bar-restaurant ouvrira le 7 avril prochain à Rennes (Ille-et-Vilaine), avec un duo de franchisés, le premier établissement avec la nouvelle charte d’aménagement. « Notre stratégie reste la même, à savoir un développement national avec des partenaires franchisés », lance alors Camille Vidal, responsable du développement franchise de l’enseigne, avant de préciser : « La sauvegarde impose un rythme plus calme sur les ouvertures cette année. L’idée est de prendre le temps de bien penser les nouveaux projets et d’aller voir les banques au bon moment. »
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Raison pour laquelle Ninkasi n’a pas participé à l’édition 2026 de Franchise Expo Paris, organisée du 14 au 16 mars à Paris Expo Porte de Versailles. Néanmoins, la marque sera bien présente au salon de la franchise de Lyon à l’automne 2026 et à Franchise Expo Paris 2027 « pour reprendre notre développement », ajoute Christophe Fargier.
Le premier compte d’âge de 10 ans
Néanmoins, cette période de « calme » n’exclut pas un développement régional. En effet, Ninkasi prévoit pour 2027 deux ouvertures : l’une dans le centre-ville de Roanne (Loire) et l’autre en périphérie d’Annecy. En parallèle, l’entreprise espère avancer sur son vaisseau amiral : le Ninkasi Gerland, dans le quartier du même nom à Lyon. Le chantier de construction devrait débuter en juin 2026 pour une livraison estimée pour l’automne 2028.
Par ailleurs, malgré ce placement sous sauvegarde, Ninkasi se veut toujours autant ambitieux par l’innovation. Des nouveautés sur les formats du côté de la bière avec le lancement d’un pack de 6 x 25 cl (PMC : 7,90 euros) pour la Ninkasi Blonde (4% vol.). Et ce, afin de « sortir du rayon cave à bières et de toucher de nouveaux consommateurs », comme l’explique Pauline Schmitt, cheffe de produit boisson. Un format qui a représenté 63% des ventes en volume en grande distribution en 2025. Aussi, la marque poursuit l’élargissement de son offre en canette avec la Ninkasi Rosée (4% vol.) et de la Ninkasi Triple (8,4% vol.) en canette de 44 cl (PMC : 2,95 euros). La gamme de canette comprend désormais six références, dont cinq distribuées nationalement et la Rosée réservée à la région Auvergne-Rhône-Alpes.
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Enfin, du côté du whisky, Ninkasi dévoile cette fois une innovation produit. L’entreprise lance en effet LAB 16 (52,5% vol.), son premier compte d’âge de 10 ans. Il s’agit d’un brut de fût qui a connu un premier élevage dans d’anciens fûts de viognier, puis un deuxième élevage de deux ans en fût de chêne américain neuf. La référence se limite à 264 bouteilles de 70 cl, au PMC de 79,90 euros.