Interbev presse l’État d’agir pour sauver le cheptel français

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Interbev alerte sur la chute du cheptel et présente dix mesures urgentes pour restaurer la souveraineté alimentaire française.

souveraineté alimentaire INTERBEV
Interbev alerte sur la chute du cheptel français. Crédit photo : unsplash.

À l’approche de l’ouverture des Conférences de la souveraineté alimentaire, l’Interprofession Élevage et Viande (Interbev) dévoile un plan d’action « immédiatement opérationnel ». L’objectif : enrayer la chute du cheptel français et sécuriser l’approvisionnement national. Un signal fort alors que la France a perdu 1,2 million de vaches en dix ans. Mais aussi que les importations de viande bovine ont bondi à 249 000 t en 2024 (+14 %). De plus, certaines productions s’effondrent. À l’instar des veaux (-17 % d’abattages en trois ans) ou les agneaux (-40 % en vingt ans). « Nous n’attendons plus de nouvelles consultations, mais des décisions », insiste Jean-François Guihard, président d’Interbev.

Le plan repose sur dix priorités. Avec un volet commercial offensif et l’opposition explicite aux accords de libre-échange jugés « inéquitables » (Mercosur, Australie, Inde). Et un conditionnement de tout nouvel accord aux mesures miroirs et exigence d’un strict respect des standards européens pour toutes les importations. Autre axe majeur : consolider la production nationale. Avec la sécurisation des aides couplées de la PAC, le renforcement des soutiens ovins, un plan sanitaire fondé sur la prévention et la vaccination, ou encore un programme de renouvellement des générations incluant contractualisation, modernisation des bâtiments et attractivité des métiers. Interbev alerte aussi sur l’urgence à faire entrer la dématérialisation dans sa phase opérationnelle, attendue depuis trois ans.

« Nous n’attendons plus de nouvelles consultations, mais des décisions »
Jean-François Guihard, Président d'Interbev

Des marchés clés pour la souveraineté alimentaire, selon Interbev

Enfin, l’interprofession cible deux leviers de marché clés. La restauration collective – où l’application des lois EGAlim et Climat reste « insuffisante » – et l’information au consommateur. Avec la demande de rétablir l’étiquetage obligatoire de l’origine dans les produits transformés. Mais aussi de former les 7.500 cuisiniers de l’État à l’achat de viandes françaises. Interbev plaide également pour un affichage environnemental intégrant les atouts des systèmes herbagers et pour une reconnaissance claire de la place de la viande dans les repères nutritionnels. Avec 59 % de viande ovine importée, 80 % pour l’équine et une filière caprine en recul (-20 % d’abattages de chevreaux en dix ans), la filière tire la sonnette d’alarme. Sans décisions rapides et cohérentes, la souveraineté alimentaire restera un objectif hors de portée.

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