Produits de la mer coréens : la France, laboratoire du marché européen
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Avec l’ouverture d’un bureau à Paris il y a un an, la NFFC souhaite développer la commercialisation des produits de la mer coréens en Europe.
Voilà un an que le Centre de soutien au commerce de Paris a ouvert ses portes. Il vise à accompagner les entreprises sud-coréennes de produits de la mer, aussi nommés K-Seafood, dans la commercialisation sur le marché européen. Et ce, avec l’aide de la Fédération nationale des coopératives de pêche (National Federation of Fisheries Cooperatives – NFFC), qui possède huit agences à l’étranger, parmi lesquelles celle de Paris avec à sa tête Junghoon Lee.
Une implantation qui est le résultat d’une stratégie précise. « La France est l’un des premiers importateurs de produits de la mer coréens dans l’Union européenne (environ 30% en 2024) et possède une culture gastronomique maritime très ancrée », explique ainsi la NFFC.
La France, premier pas vers l’Europe
De plus, la NFFC veut tirer profit du savoir-faire français en matière de transformation des produits de la mer. « Au-delà de la diversité des recettes, l’écosystème de transformation (fumage, conserve, prêt-à-servir) est particulièrement développé, ce qui se marie bien avec nos algues, nos thons et nos produits transformés. La France n’est donc pas seulement un débouché majeur : c’est un point de départ pour concevoir conjointement des formats adaptés et diffuser ensuite ces références à l’échelle européenne », explique la fédération.
En effet, la France représente pour cette dernière une porte d’entrée sur un marché encore plus vaste : l’Europe. En 2024, sur les 740.000 tonnes de produits coréens de la mer exportés, environ 28.000 ont été envoyées vers l’Union européenne, soit 200 millions de dollars américains sur les trois milliards de dollars américains représentés par les exportations totales de K-Seafood. L’Union européenne a ainsi représenté 3,8% du volume et 6,7% de la valeur des exportations. « La part reste modeste mais progresse régulièrement chaque année », assure la NFFC.
Son objectif est alors d’atteindre cette année en termes d’exportations les 3,15 milliards de dollars américains, avec « 70 entreprises dépassant 10 millions de dollars américains de ventes ». De plus, « en Europe, nos priorités portent sur l’élargissement des gammes à forte valeur ajoutée, la conformité aux normes de l’Union européenne et aux certifications de durabilité, ainsi que le co-développement de recettes et formats adaptés au CHR », développe la fédération, citant en exemples des kits de thon carpaccio/tartare/ceviche, des produits d’algues prêts à l’emploi, ou encore des produits transformés à base d’huître.
L’algue et le thon en tête des produits de la mer coréens
Par ailleurs, le marché européen repose historiquement sur les principaux produits de la K-Seafood, à savoir les algues séchées (gim) et le thon, qui ont représenté en 2024 dans les exportations vers le monde, respectivement, 997 millions de dollars américains et 589 millions de dollars américains. Le thon a en effet constitué, en 2024, 55,4% de la valeur des exportations vers l’Union européenne, et les algues 25,1%. Cependant, la Corée du Sud compte bien profiter de l’évolution des habitudes de consommation pour mettre en avant d’autres produits, comme l’explique la NFFC : « Le marché européen bénéficie désormais de la montée des tendances végétales, santé et écoresponsables, favorables aux algues et mollusques. »
En outre, la volonté de la Corée du Sud n’est pas d’opposer une concurrence frontale aux produits français de la mer. L’idée est à l’inverse de constituer un complément. « Il s’agit de compléter l’offre locale sur des espèces ou des périodes moins disponibles en France et d’étendre les produits transformés à haute valeur : huître (fumée, gambas à l’huître, etc.) et thon premium (kits carpaccio/tartare/ceviche) », développe la fédération. En cela, le circuit CHR, qui ne se limite pas aux seuls restaurants coréens, revêt une certaine importance en devenant « un terrain d’essai et de rayonnement vers l’Europe », à travers des événements avec des chefs pour « tester l’intégration menu, ajuster la coupe, le grammage et la texture, puis déployer les formats validés ».