Les députés planchent sur l’avenir des commerces de proximité, les CHR auditionnés

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L’Umih et le GHR ont contribué, lors d’une table ronde, à la mission d’information ouverte par l’Assemblée nationale sur l’avenir des commerces de proximité.

café commerce proximité
L'Umih et le GHR, auditionnés dans le cadre de la mission d'information, ont rappelé le caractère structurant des cafés et restaurants pour le commerce de proximité. Crédit : Unsplash

La Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale a ouvert une mission d’information sur l’avenir des commerces de proximité. Cette instance, dont les députés Laurent Lhardit (PS, 2e cir. des Bouches-du-Rhône) et Jean-Pierre Vigier (LR, 2e cir. de Haute-Loire) sont co-rapporteurs, doit permettre de dresser un état des lieux pour accompagner les prochaines propositions législatives en ce sens.

A l’instar d’autres acteurs du tissu économique local, le GHR et l’Umih ont été auditionnés pour faire part de leurs constats sur le terrain et pour formuler des propositions. Les députés ont ainsi convié Franck Chaumès, président national restaurant de l’Umih, Catherine Quérard, présidente du GHR et Franck Trouet, délégué général du GHR, à une table ronde, le 5 mai.

Les instances patronales ont notamment rappelé le rôle social remplit par les établissements CHR, notamment dans les plus petits villages où ils sont souvent le dernier commerce actif. Ils ont également souligné les nombreuses difficultés (coûts et charges en hausse) et mutations que connaît le secteur (digitalisation, livraison, essor du snacking). De ce fait, le GHR a également rappelé la hausse importante de défaillances d’entreprises du secteur, à savoir 9.434 en 2025, et 2.100 au cours du premier trimestre 2026.

Un risque de fracture commerciale territoriale

Le groupement a également alerté sur une concentration de plus en plus importante de l’activité. « Le dynasmisme est fort dans les métropoles, les zones touristiques et littorales, ont indiqué Catherine Quérard et Franck Trouet. Mais les zones rurales et les villes moyennes se fragilisent. Nous constatons des fermetures d’établissements, des difficultés de reprises et une rentabilité fragile des établissements. Il y a un risque réel de fracture commerciale territoriale. »

Pourtant, les cafés, hôtels et restaurants jouent toujours un rôle structurant dans les centres-villes. Ils génèrent du passage, allongent le temps de présence et sont moteurs pour l’ensemble du tissu commerçants et les autres activités locales.

Des freins aux développements des centre-villes

La table ronde a été l’occasion de pointer plusieurs freins aux développements des cafés et restaurants.

Selon le GHR, l’explosion des coûts, notamment des loyers, mais aussi les difficultés de recrutement, grèvent le secteur. Les représentants ont également fait passer aux députés le poids de l’instabilité réglementaire, s’agissant des terrasses, des normes d’exercices ou encore du droit du travail. Ils ont également alerté les élus sur les conséquences du développement massif des locations saisonnières. En effet, en remplaçant les logements résidentiels, elles conduisent à une transformation des quartiers et à une dévitalisation du commerce de proximité.

Parallèlement, les centre-villes connaissent une concurrence de plus en plus marquées des zones commerciales périphériques. Ces dernières connaissent une forte attractivité, plus accessibles en voiture. L’offre commerciale proposée y est, en revanche standardisée.

Les professionnels appellent également la mission d’information à se pencher sur l’encadrement des plateformes de livraison. Si ces dernières amènent du chiffre d’affaires et de la visibilité, elles conduisent aussi à une distorsion de concurrence.

Renforcer les politiques publiques

Les programmes nationaux d’accompagnements du commerce de proximité sont salués, mais les professionnels estiment que l’État peut aller plus loin. Le GHR estime que « la dimension commerce est encore insuffisante » et appelle de ses vœux « des mesures ciblées pour les CHR et une simplification administrative ».

Mieux préparer les entrepreneurs et la transmission

De son côté, l’Umih a défendu l’idée que la pérennité du secteur passe par une meilleure préparation des chefs d’entreprise. Franck Chaumes a présenté l’idée d’instaureur un permis d’entreprendre pour accompagner l’ouverture ou la reprise d’un établissement. Ce dispositif, comprenant 35 heures de formation (gestion, hygiène), viserait à réduire les défaillances prématurées. Les détenteurs de diplômes professionnels (CAP, bac pro, écoles hôtelières) en seraient naturellement exemptés.

L’union confédérale a également mis en exergue l’enjeu de la transmission des entreprises dans le maintien du commerce de proximité. L’Umih s’appuie sur le travail de la commission ruralité et défend l’assouplissement des normes dans les zones rurales pour faciliter le maintien des établissements.

Des propositions concrètes

L’Umih a également formulé plusieurs autres propositions pour préserver l’avenir des CHR au sein du commerce de proximité. Notamment, le principe de réguler l’offre en instaurant un « numerus clausus local ». C’est-à-dire un contrôle sur le changement d’affectation des locaux commerciaux. « Cette mesure permettrait d’équilibrer l’offre et préserver la diversité des commerces de proximité », a avancé Franck Chaumès.

Il a également avancé des arguments pour prévenir le « para-commercialisme » «, et plaidé pour un renforcement des contrôles sur les licences d’alcool et l’encadrement des « marchés gourmands » subventionnés. Cela afin de garantir une concurrence loyale avec les restaurateurs permanents. Il est également revenu sur la nécessité d’harmoniser l’application des normes de sécurité incendie au niveau départemental pour éviter des disparités de traitement entre établissements. Au sujet de l’hébergement des saisonniers, il a suggéré à la commission d’intégrer le logement saisonnier dans les quotas de logements sociaux exigés auprès des villes. L’Umih estime que cela faciliterait la mobilité des salariés et leur accès aux logements.

De son côté, le GHR a plaidé pour une stabilisation de la taxe de séjour, demandant aux députés de renoncer à une nouvelle réforme. En revanche, le groupement les a enjoint à repenser l’usage du titre-restaurant, en gardant à l’esprit, dans ce cadre, la défense de la restauration. Il demande également à l’exécutif de renoncer à étendre les mesures de la loi Egalim à la restauration commerciale. Enfin, s’agissant de l’avenir des commerces de proximité, les représentants incitent les députés à considérer avec attention le sujet de l’emploi et de la formation, notamment en soutenant le développement de l’apprentissage et en assouplissant les formes possibles d’emploi.

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