Élections législatives : et le CHR dans tout cela ?

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La France se retrouve le lundi 8 juillet avec une Assemblée nationale sans groupe majoritaire. Quelles conséquences pour l’économie en général, et pour celle du CHR ? Va-t-on vers un ralentissement des investissements, des recrutements ? Au Coeur du CHR a contacté trois syndicats, le SDI, le GHR et l’Umih. Regards.

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Assemblée national. Crédit DR.

Pour Catherine Quérard, présidente du GHR, il n’est pas question tout naturellement de s’exprimer sur les résultats des élections législatives pour le CHR, seule la situation importe. « Pour autant, ajoute-t-elle, avec une Assemblée nationale sans majorité absolue, je crains que nous allions vers un statu quo de l’économie. » Et de rappeler que 33.500 entreprises, toutes activités confondues, ont mis la clef sous la porte au 1er semestre de cette année.

« Chaque jour, quelque 7 restaurants traditionnels ferment. Notre secteur est fragile depuis le Covid.»

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Catherine Quérard, présidente du GHR.

Élections législatives CHR : et le SMIC à 1.600€ ?

Et la présidente du GHR d’évoquer l’inflation, la grille des salaires… Sans oublier le remboursement du PGE et l’Urssaf. Les échéances qui avaient été décalées sont à rembourser maintenant.

« Les nuages s’accumulent. D’une part, ce que vivent les ménages Français dans leur quotidien, les TPE et les PME le vivent aussi. Néanmoins, nous ne sommes pas opposés sur le principe au Smic à 1.600€, à condition de ne pas alourdir la barque. D’autre part, le fait qu’il n’y ait plus de majorité, cela ne doit pas rompre le plein emploi. Parallèlement, le législateur doit inscrire notre secteur comme métier sous tension (inscription qui était en cours sous la précédente législature – Ndlr). Nous devons libérer le travail afin de permettre aux salariés de travailler comme ils l’entendent, le tout dans un cadre légal naturellement. Une personne jeune n’a pas forcément les mêmes besoins qu’une autre vivant seule avec deux enfants, par exemple. Laisser le choix.»

Aller de l’avant

Et d’ajouter, sous forme de conclusion : « C’est la quadrature du cercle. Nous voulons pour les TPE/PME de la visibilité, de la stabilité, pas d’augmentation des impôts, le tout dans un cadre où l’État doit réduire sa dette… La France ne doit pas dépenser plus mais moins et mieux. Quoi qu’il en soit, nous sommes dans l’attente et nous allons travailler avec les nouveaux acteurs, les nouveaux élus. Il nous faut avancer ! »

Nous en appelons à un front entrepreneurial en vue de soutenir pour nos 4 millions d’entreprises
Marc Sanchez, secrétaire général du SDI

Réalité économique

« Nous entrons dans une période d’incertitude politique majeure. Cela conduit d’ores et déjà les artisans, commerçants et responsables de TPE à suspendre leurs investissements et leurs recrutements. Voire à les annuler », remarque d’emblée Marc Sanchez, secrétaire général du SDI.

« La suite dépendra de la capacité des forces politiques responsables à organiser un front républicain, au fond véritable vainqueur de ces législatives, en capacité de prendre en compte la réalité économique déjà complexe des TPE/PME.»

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Marc Sanchez, secrétaire général du SDI

Et le secrétaire général du SDI en appelle à la création d’un front entrepreneurial. « Sans jugement de fond sur les valeurs portées, nous constatons que le programme économique de la coalition en tête des législatives présente des dangers majeurs pour l’économie française. Et plus particulièrement pour les artisans, commerçants et dirigeants de TPE », poursuit-il.

« Nos premières remontées d’informations démontrent une crainte majeure de ces professionnels qui suspendent voire annulent leurs investissements prévus. Nous en appelons à un front entrepreneurial. L’objectif est de soutenir auprès de l’Assemblée nationale une voie soutenable économiquement et socialement pour nos 4 millions d’entreprises et autant de salariés. »

Un appel aux nouveaux élus

De son côté pour les élections législatives et le CHR, l’Umih a préféré se référer au document créé en partenariat avec le GNC. Edité quelques jours avant le 1er tour, il s’intitule « 18 mesures pour sauvegarder et développer le secteur de l’hôtellerie-restauration. »

En préambule, il est notamment écrit : « Face à une concurrence accrue, face à une situation économique très tendue, face aux attentes grandissantes des consommateurs et aux difficultés structurelles en matière de recrutement et de formation, des mesures ambitieuses doivent être prises. »

« Nous appelons les futurs élus de l’Assemblée nationale et le futur Gouvernement à les prendre en compte. Elles sont autant de leviers pour soutenir et dynamiser un secteur vital pour notre économie et notre patrimoine culturel. »

Et parmi les 18 propositions, l’une concerne les prélèvements obligatoires, jugés comme trop élevés. Ils totalisent 45% du PIB français contre 39.2% dans la zone euro.

« Nous souhaitons que soit confirmée une politique de l’offre visant à soutenir les entreprises. Ramener les prélèvements obligatoires sur les entreprises au niveau de la moyenne européenne. C’est un objectif à atteindre pour redonner de la compétitivité aux entreprises françaises. » L’appel sera-t-il entendu ?

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