Château Lagrange : l’optimisme au rendez-vous après une vendange satisfaisante

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Château Lagrange, grand cru classé en 1855, en appellation saint-julien, se révèle optimiste après une vendange 2026 satisfaisante.

Matthieu Bordes, directeur général de Château Lagrange, est revenu sur la vendange 2026 satisfaisante.
Matthieu Bordes, directeur général de Château Lagrange, est revenu sur la vendange 2026 satisfaisante. Crédit : Aurélien Peyramaure - Au cœur du CHR.

Malgré une vendange particulièrement précoce, Château Lagrange se révèle satisfait. « Les raisins étaient très concentrés, la qualité est présente. La quantité est dans la moyenne de ces dernières années, je ne suis pas malheureux », indique Matthieu Bordes, directeur général du grand cru classé en 1855, sur l’appellation saint-julien, dans le Médoc.

L’optimisme est de rigueur, malgré le réchauffement climatique. Et pour cause, « techniquement, il s’agit d’une période magnifique » qui permet selon lui de produire dans la région bordelaise de bien meilleurs vins. « En termes de qualité, il n’y a pas photo », insiste-t-il. « Un travail plus précis et les connaissances jouent, mais il s’agit surtout du climat », ajoute-t-il.

Néanmoins, là où le bât blesse, c’est sur l’aspect commercial. « Depuis 20 ans, la situation est plus difficile, nous ne sommes pas dans l’euphorie de l’époque », confirme le directeur général de Château Lagrange. Celui-ci compte jouer sur les stocks de vieux millésimes « qui répondent à une demande » et permettent ainsi de compenser en partie la perte des primeurs.

Le CHR, secteur clé de Château Lagrange

En effet, alors qu’il y a seulement quatre ans, les primeurs représentaient 80% des ventes, ils ont correspondu cette année à seulement 35%, contre 65% des ventes pour les livrables. Un phénomène synonyme de fin de modèle pour le système de la place de Bordeaux ? « Je ne pense pas, 80% des vins à Bordeaux sont exportés », estime Matthieu Bordes. Château Lagrange, qui appartient au groupe nippon Suntory depuis 1983, ne fait ici pas exception, avec le Japon qui représente depuis deux ans son premier marché, devant la France et les États-Unis qui se battent pour la deuxième place.

Aussi, le directeur général constate moins une déconsommation de vin qu’une évolution des habitudes de consommation. « Depuis une dizaine d’années, le modèle de nos parents et grands-parents consistant à acheter du vin et à attendre plusieurs années pour le consommer est désormais moins vrai. Nous sommes aujourd’hui davantage dans l’instantané », explique-t-il.

Par ailleurs, la propriété qui compte 105 hectares de vignes en production et d’un seul tenant autour du château travaille beaucoup sur le circuit traditionnel. Les Fiefs de Lagrange, son second vin, est ainsi beaucoup présent en brasserie, tandis que Château Lagrange, son grand vin, se destine à la restauration mais surtout au circuit caviste.

Enfin, le domaine a développé ses surfaces destinées au vin blanc, passant de quatre hectares il y a 20 ans à 11,5 hectares aujourd’hui pour l’équivalent de 35.000 bouteilles. Pourtant, son directeur général souhaite faire une pause quant au développement des surfaces, face à la multiplication des domaines de la région proposant désormais du blanc. Château Lagrange produit en outre en moyenne 200.000 bouteilles de son grand vin chaque année et 300.000 cols des Fiefs de Lagrange.

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