Grâce à sa fraîcheur, l’AOP pic-saint-loup, qui produit essentiellement du vin rouge, est relativement épargnée par la crise viticole.
Alors que le monde du vin est à la peine, entre impact du dérèglement climatique et évolution des habitudes de consommation, l’AOP pic-saint-loup semble relativement épargnée. « Nous sommes plutôt préservés, confirme Sophie Landreau, directrice du Syndicat de l’AOP pic-saint-loup. Globalement, il se vend ce qu’il se produit, la dynamique commerciale est présente. »
L’appellation qui compte 80 domaines et trois coopératives produit annuellement sept millions de bouteilles. Avec une présence essentiellement auprès des cavistes et CHR, tandis que la vente directe représente tout de même 20% des ventes. Néanmoins, l’enjeu pour l’appellation qui dénombre 1.500 hectares de vignes en production : l’export. « L’AOP a démarré [en 2017 avec le premier millésime en AOP pic-saint-loup, NDLR] à l’export mais s’est ensuite recentrée sur la France. Par la suite, la situation a demeuré compliquée sur l’export », explique la directrice.
De plus, la raison de la relative bonne santé de l’appellation réside dans les caractéristiques de ses vins, dont le rouge représente 95% de la production et le rosé 5%. « La signature de l’AOP pic-saint-loup est la fraîcheur. Nous sommes dans un secteur calcaire entre la Méditerranée et les Cévennes », indique Sophie Landreau. Les importantes amplitudes thermiques entre la journée et la nuit participent également de cette fraîcheur de vins dont le cahier des charges de l’AOP pic-saint-loup autorise principalement la présence de syrah, de grenache et de mourvèdre.
Des vins rouges frais en phase avec les attentes
Une spécificité synonyme de qualité depuis plusieurs années déjà. « Naturellement, nous sommes sur un profil de vin rouge qui plaît, notamment aux jeunes », ajoute-t-elle ainsi. L’image joue aussi avec une étiquette de valeur sûre rattachée aux cuvées de l’appellation. « Nous sommes assez homogènes en termes de qualité », confirme la directrice du syndicat qui souligne la cohésion des différents acteurs de l’AOP, une nécessité pour la faire progresser.
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Un exemple évocateur ? L’organisation régulière de dégustations syndicales, d’abord à l’aveugle avant de dévoiler les différentes cuvées. L’occasion pour les vignerons d’obtenir un point de vue extérieur sur leurs vins et de s’améliorer. « Tout le monde suit le travail des autres », résume Sophie Landreau. Pic Saint Loup a justement besoin de cohésion, le syndicat travaillant sur un projet d’incorporation du blanc dans l’AOP. « Le postulat est le suivant : nous possédons une très belle AOP en rouge, il faut le faire en blanc », conclut la directrice. Affaire à suivre.