Crémant de Bourgogne : 50 ans et plus que jamais dynamique

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Alors qu’elle vient de célébrer ses 50 ans, l’AOC crémant-de-bourgogne révèle une dynamique positive, aussi bien à l’export que sur le marché français.

bouteille crémant Bourgogne
Cinquante ans après sa création, le crémant de Bourgogne connaît une dynamique intéressante. Crédit : DR

Un demi-siècle d’existence. C’est ce qu’ont célébré à la fin de l’année 2025 les vignerons de l’AOC crémant-de-Bourgogne, à savoir 1.550 viticulteurs et 132 élaborateurs à travers 3.800 hectares de vignes. Le décret établissant la naissance de l’appellation date en effet du 17 octobre 1975. Néanmoins, si le crémant de Bourgogne souffle les 50 bougies de son AOC, la dynamique de l’effervescence en Bourgogne remonte à bien plus longtemps.

Une riche histoire que les équipes de l’appellation ont souhaité mettre en avant en faisant appel à l’historien Thomas Labbé, dont les fruits de son enquête sont à retrouver dans l’ouvrage Bulles, l’histoire singulière du crémant de Bourgogne, aux éditions de La Martinière. « Un moine franciscain italien de passage du côté d’Auxerre décrit en 1248 ces vins qui pleurent », relève Pierre du Couëdic, délégué général de l’Union des producteurs et élaborateurs de crémant de Bourgogne (UPECB). Et de préciser : « Il ne s’agissait pas de vins effervescents mais de vins perlants. Ils étaient à l’époque recherchés, ce dont nous ignorions. »

La production en hausse de 6%

S’ensuit une alternance entre périodes de prospérité et conjonctures contraires jusqu’à 1975 et l’apparition de l’AOC crémant-de-bourgogne. « Nous possédons donc une vraie légitimité dans l’effervescent », ajoute-t-il ainsi. Aujourd’hui, l’appellation connaît une belle dynamique et représente la troisième de crémant en termes de ventes mais également la troisième de Bourgogne. Sa production dépasse en 2025 les 25 millions de bouteilles, avec une hausse des volumes de 6% à la fin octobre 2025. Attention cependant, « nous n’avons pas l’ambition de monter à 40 ou 50 millions de bouteilles comme l’AOC crémant-d’alsace », assure Pierre Jury, directeur de la division vins effervescents du groupe Boisset, qui comprend notamment la maison Louis Bouillot.

Nous avons stabilisé nos prix, contrairement aux autres appellations de crémant.
Pierre du Couëdic, délégué général de l’Union des producteurs et élaborateurs de crémant de Bourgogne (UPECB).

Aussi, « pour la première fois dans l’histoire de l’AOC, nous vendons davantage à l’export qu’en France ; l’année 2025 marque cette bascule », note-t-il. L’international a ainsi connu une progression de 14,1% en volume et 14,6% en valeur. « Nous continuons de performer sur nos importants marchés, à savoir l’Amérique du Nord et la Scandinavie. Nous connaissons également un dynamisme depuis plusieurs années au Royaume-Uni, avec une hausse de 52% en un an », détaille Pierre du Couëdic. À noter en outre la belle santé du marché italien depuis cinq ans, avec notamment +22% en un an.

La reconnaissance des lieux-dits pour le crémant de Bourgogne

Sur le marché français cette fois, la vente directe représente 15% des volumes, contre moins de 30% pour la grande distribution, le reste étant réalisé par le circuit traditionnel. Néanmoins, l’UPECB porte une attention toute particulière sur ce dernier circuit. « Nous travaillons sur le marché français et le circuit traditionnel pour faire comprendre ce qu’est un vin effervescent de Bourgogne », indique en effet le délégué général. Avant de déplorer le peu d’originalité des cartes des restaurants : « Sur une carte de vins blancs et rouges, il existe souvent plein de régions. Alors que du côté des vins effervescents, la carte prévoit quatre à cinq champagnes mais seulement une à deux références de bulles. »

Raison pour laquelle il souhaite mettre en avant les multiples arguments des crémants de Bourgogne. En particulier la riche histoire de l’effervescence bourguignonne mais également l’excellent rapport qualité-prix. « Nous avons stabilisé nos prix, contrairement aux autres appellations de crémant », assure Pierre du Couëdic, qui précise que le prix moyen en vente directe s’élève à 12 € la bouteille. L’offre a par ailleurs connu un beau développement. Il n’est pas rare de découvrir maintenant « sept, huit, voire dix cuvées de crémant de Bourgogne chez les opérateurs ». Une diversité désormais possible sous le prisme du terroir, avec la reconnaissance par l’Inao des lieux-dits pour l’AOC crémant-de-bourgogne. « Nous pouvons maintenant revendiquer les terroirs pour le crémant », se félicite Pierre Jury. Une bonne nouvelle qui devrait alimenter la dynamique positive du crémant de Bourgogne.

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