Crémant : une vendange 2026 ambivalente
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Malgré une vendange 2026 ambivalente, bonne en qualité mais limitée en quantité, la FNPEC savoure la croissance continue de la consommation de crémant et rappelle ses objectifs principaux : la valorisation et la défense du cahier des charges.
À l’image des vignobles français, la Fédération nationale des producteurs et élaborateurs de crémant (FNPEC) pointe du doigt la vendange 2026 assez ambivalente. « La campagne a été assez compliquée avec des événements extrêmes. Un débourrement précoce en mars avec quelques petites gelées à la fin du mois et de la chaleur fin avril », explique Dominique Furlan, président de la FNPEC.
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De plus, les vignerons cultivant du raisin destiné au crémant ont plus que jamais ressenti les effets du dérèglement climatique lors de cette vendange 2026. « La récolte a débuté le 30 juillet à Limoux et toutes les régions ont récolté en août. C’est du jamais-vu ! », souligne-t-il. Le président de l’interprofession annonce d’ores et déjà que les volumes de la vendange 2026 de crémant seront inférieurs à ceux du millésime 2025, qui s’est élevé à environ un million d’hectolitres. Et pour cause, « l’été caniculaire a fait fondre le volume des baies ». Quant à la qualité, « il n’y a pas de problème, c’est l’avantage du soleil et des conditions climatiques sèches », assure Dominique Furlan.
L’impact du climat sur la vendange de crémant
Au-delà des vendanges, l’évolution climatique pose des questions de fond. Et ce, avec un impact clair sur la production, tandis que « des marchés sont à honorer » et d’autres à conquérir. Les huit appellations françaises de crémant (Alsace, Bordeaux, Bourgogne, Die, Jura, Limoux, Loire et Savoie), connaissent depuis plusieurs années une croissance à faire pâlir les autres appellations de vin effervescent.
« Les ventes ont atteint un peu plus de 122 millions de bouteilles en 2025, un chiffre en hausse de 7,5% par rapport à 2024, alors que cette dernière année était elle-même déjà en hausse de 7,5% par rapport à 2023 », indique Louison Bosse-Platière, animateur de la FNPEC. Et de savourer : « La progression s’installe depuis plus de 10 ans, ce qui est un paradoxe dans un contexte difficile pour la viticulture française. »
Il n’y a d’ailleurs pas que les ventes qui augmentent, les surfaces également. Elles passent ainsi de 14.868 hectares en 2024 à 15.999 hectares en 2025 et devraient encore progresser cette année. L’animateur de l’interprofession pointe ici un « phénomène de report : des vignerons vont vers le crémant au détriment d’autres appellations ».
Les multiples atouts du crémant
Une tendance permise par la bonne santé de ces bulles obtenues par la méthode traditionnelle. Un procédé qui constitue l’un des atouts des crémants selon Dominique Furlan. Il met d’ailleurs en avant trois autres raisons expliquant, selon lui, le succès du crémant. Tout d’abord, « un produit désiré et désirable qui correspond aux nouvelles tendances de consommation : il se situe hors des repas traditionnels, dans des contextes conviviaux, il est frais, présente des bulles et se mixe facilement à travers les cocktails ».
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Le critère du prix entre également en ligne de compte, avec un positionnement « très abordable dans un contexte tendu pour le pouvoir d’achat ». Enfin, son « portage national », à savoir le fait de retrouver une appellation de crémant dans bon nombre de régions à travers la France.
Par ailleurs, l’enjeu est aujourd’hui de maintenir la bonne santé des différentes appellations de crémant, en dépit des aléas climatiques. Cela passe notamment par la mise en avant de cépages longtemps considérés comme tardifs.
L’enjeu de la valorisation des cuvées
Aussi, la fédération souligne encore une fois l’importance de la valorisation des cuvées en ciblant spécifiquement la fourchette de prix comprise entre 10 et 15 euros en grande distribution. Cela passe par des cuvées spéciales, avec des élevages plus longs pouvant atteindre les 36 mois et donnant des vins plus complexes.
L’interprofession cible également le marché export, qui prend d’année en année de l’ampleur. Et ce, avec une répartition entre l’étranger et la France qui tend à s’équilibrer. À titre d’exemple, la part de l’export a augmenté de trois points entre 2024 et 2025, passant de 40% à 43%. En effet, le marché national étant considéré comme mature, l’export représente une terre de conquête. « Le produit crémant est amené à parler à de plus en plus de gens et de pays », estime Louison Bosse-Platière.
Face à une internationalisation de ce vin et à un intérêt toujours plus marqué des consommateurs pour celui-ci, la FNPEC souhaite protéger les différentes AOP existantes. Et ce, en rappelant les différents critères constitutifs, à savoir la méthode traditionnelle, la vendange manuelle et le rattachement à une zone géographique délimitée. Or, l’interprofession relève des cas en Allemagne ou en Italie où le mot crémant sert seulement de mention valorisante, sans que le produit n’ait un lien avec une appellation d’origine. Dans l’idéal, « nous espérons que chaque crémant étranger soit homologué sous la forme d’une appellation autonome », conclut Louison Bosse-Platière, animateur de la FNPEC.