Après un exercice en baisse, Lanson-BCC mise sur la valorisation
- Temps de lecture : 4 min
Après une année 2025 marquée par une baisse de son chiffre d’affaires, Lanson-BCC mise sur la valorisation. Le groupe de maisons de Champagne ambitionne aussi de reconquérir le segment de l’entrée de gamme.
Le groupe de maisons de Champagne Lanson-BCC a souffert du contexte difficile pour la Champagne. Il a en effet réalisé en 2025 un chiffre d’affaires de 233,3 millions d’euros, contre 255,4 millions d’euros en 2024, soit une baisse de 8,7%. Il a été réalisé à 48,4% en France et à 51,6% à l’export. Le chiffre d’affaires au local est marqué par une chute de 10,7%, notamment en grande distribution. Le résultat opérationnel courant s’élève quant à lui à 38,6 millions d’euros, en chute de 16,1% par rapport à 2024 (46 millions d’euros), tandis que le résultat net pour 2025 correspond à 16,2 millions d’euros, contre 23,8 millions en 2024, soit une baisse de 31,9%. Et ce malgré une stratégie de valorisation de la part de Lanson-BCC.
« Dans un environnement de marché difficile, le groupe Lanson-BCC […] a fait le choix en 2025 de privilégier la valeur et la discipline commerciale, tout en poursuivant activement sa stratégie de long terme. […] Cette évolution résulte de la combinaison de trois facteurs : la baisse des volumes, la hausse des prix de revient – notamment du raisin – et l’augmentation du coût de financement des stocks », analyse le groupe viticole.
La remise en cause des prix du raisin
Un contexte que ce dernier déplore. En particulier celui du prix du raisin, jugé trop cher. « Une deuxième année de résultats en baisse montre qu’il est impossible de répercuter le train de hausse de prix du raisin qui arrive wagon après wagon parce que le marché n’accepte plus les hausses de prix. Le groupe prendra donc des mesures de baisse de prix à la vendange 2026 entre 5 et 10% », explique alors Bruno Paillard, P-DG de Lanson-BCC. Ce dernier déplore la panne de croissance du champagne « depuis une dizaine d’années » avec un plafond de production « entre 200, 250 et 300 millions de bouteilles ». Un blocage qu’il impute à la hausse des prix du raisin.
À lire aussi
À défaut d’un développement des volumes, une quête de valorisation apparaît nécessaire pour Lanson-BCC. Elle se révèle néanmoins difficile dans le contexte actuel. « Nous devons impérativement réaliser un développement en valeur mais cela est impossible au regard de l’actuelle réticence des marchés. L’internationalisation marque un peu le pas et nous constatons une baisse continue des ventes en France. Les Champenois ont perdu la clientèle populaire et je pense qu’il s’agit d’une grave erreur », poursuit alors Bruno Paillard.
La volonté de s’adresser à nouveau à la clientèle populaire
Le P-DG de Lanson-BCC souhaite joindre les actes à la parole. Il annonce en effet vouloir reconquérir la France et relancer le segment de l’entrée de gamme. Et ce, à travers la marque Chanoine, présente en grande distribution, et à sa cuvée Chanoine Héritage. Une référence retirée il y a maintenant trois ans afin de privilégier les cuvées les plus valorisées. « Il s’agissait d’une erreur », admet Bruno Paillard. Et d’ajouter : « Il faut relancer cette tranche de marché de 15 euros prix public. »
Le groupe peut également compter sur l’intégration récente de Champagne Heidsieck & Co Monopole au sein de la Maison Burtin, fournisseur de la grande distribution et producteur de champagne pour les grands comptes. Le prix public pour cette marque tourne autour de 23-24 euros.
Une volonté de s’adresser à nouveau aux plus petits portefeuilles, et ce « même si cela doit nous coûter très cher par rapport au coût des stocks en cave ». Le groupe Lanson-BCC mise énormément sur cette stratégie vis-à-vis de la grande distribution afin de relancer les volumes et de reprendre des parts de marché. Quant au circuit traditionnel et à la vente directe, « ces deux secteurs fonctionnent plutôt bien, il n’y a pas besoin de les révolutionner », lance sobrement le P-DG du groupe.
La quête continue de valorisation de Lanson-CC
Par ailleurs, le groupe Lanson-BCC souhaite poursuivre sa stratégie de valorisation, via ses huit maisons. À savoir, Champagne Lanson, vendu à 87% à l’export, Champagne Besserat de Bellefon, destiné au circuit traditionnel, et Champagne Philipponnat, qui a bénéficié d’un énorme travail de montée en gamme et qui cible la distribution sélective et la belle restauration.
Mais aussi Champagne De Venoge, disponible auprès de la distribution sélective, Champagne Boizel, présent sur le circuit traditionnel mais également de manière importante sur la vente directe, et Domaine Alexandre Bonnet, que le groupe souhaite faire devenir « l’un des grands champagnes de vigneron » en ne travaillant que ses propres raisins. Les deux dernières entités correspondent à Chanoine et Burtin, qui s’adressent essentiellement à la grande distribution.