Umih : « Le titre-restaurant n’a plus du tout de sens aujourd’hui »
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En marge de la présentation de ses 12 propositions dans le cadre des élections municipales, l’Umih est revenu sur le dévoiement actuel du titre-restaurant.
La première organisation professionnelle du secteur CHR a tenu une conférence de presse le 15 janvier dernier. Cette dernière avait pour objectif de présenter les 12 propositions de l’Umih à l’approche des élections municipales de 2026. Avec un message clair adressé aux candidats : « Travaillons ensemble ! » Mais le syndicat patronal est également revenu sur l’utilisation du titre-restaurant, qu’il juge détourné aujourd’hui.
« Les maires ont une connaissance du terrain. Ça peut nous aider auprès du Sénat et l’Assemblée nationale », lance Thierry Marx, le président confédéral. Évoquant à plusieurs reprises le manque de régulation dans la profession, les cadres de l’Umih soutiennent que le titre-restaurant n’est pas épargné. Bien au contraire.
« Le titre-restaurant n’a plus du tout de sens aujourd’hui », affirme Franck Chaumès. Le président de la branche restauration de l’Umih s’insurge que l’agrément soit accordé à l’enseigne Hema. « Aujourd’hui c’est Hema, et demain ça sera Décathlon et Zara »
Une utilisation dévoyée
L’Umih pensait avoir été entendu sur le sujet des titres-restaurant par Serge Papin, le nouveau ministre des PME. Mais l’organisation a vite déchanté lorsque Hema a reçu l’agrément. L’enseigne néerlandaise est loin d’être un restaurant, et ne vend « 17 % » de produits alimentaires, selon l’Umih.
« Là aussi, on ne peut pas avoir un discours politique qui se dérégule. Dévoyer le titre-restaurant est une erreur, ajoute Thierry Marx. Aller au restaurant a une dynamique, ce n’est pas seulement nourrir un ventre. »
Créer « un titre-alimentation »
« Les émetteurs sont prêts à travailler sur un titre-alimentation », poursuit le président confédéral de l’Umih. À l’instar d’Edenred, les émetteurs de titres-restaurant sont conscients de la situation actuelle, note le syndicat de la rue d’Anjou (Paris 8e). « C’est un avantage fiscal mais tout le monde peut y perdre », alerte Franck Chaumès. Le président de la branche restauration de l’Umih avance une solution. L’agrément devrait être attribué uniquement à des établissements proposant « plus de 50 % d’alimentation ».
Le manque de règles pourrait aboutir à la disparition de ce titre s’inquiète l’organisation. « Il faut paramétrer les caisses enregistreuses pour le titre-restaurant », propose enfin le président de la fédération girondine de l’Umih.