La Fourchette à droite, la Bretagne dans le cœur
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Ouvert en mars 2020, avec à sa tête Caroline et Étienne Corson, l’établissement La Fourchette à droite a repris le local d’une adresse bien connue des Malouins, le restaurant Gilles. Le couple Corson s’attache aujourd’hui à présenter une cuisine issue de producteurs régionaux.
Caroline et Étienne Corson auraient pu connaître de meilleurs débuts. Et pour cause, ils ont inauguré leur premier restaurant, La Fourchette à droite, le 7 mars 2020, peu avant la fermeture des CHR et le confinement décidés en réaction à la propagation de la pandémie de Covid-19. « Nous avons ouvert une seule semaine », se souvient Étienne Corson, qui s’empresse toutefois d’ajouter : « L’été a très bien marché, les Français ont joué le jeu en restant en France pour leurs vacances. »
Ces débuts d’activité ont été d’autant plus délicats que le couple avait renommé une affaire datant de plusieurs décennies, le restaurant Gilles, implanté au sein des remparts de la cité corsaire de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) et spécialisé dans le poisson. « Il y avait beaucoup d’habitués, précise Étienne Corson. Mais pas mal reviennent. » D’ailleurs, le nom La Fourchette à droite est tout simplement un clin d’œil au fait que Caroline Corson est gauchère. Or, « les gauchers mangent souvent avec la fourchette à droite et le couteau à gauche », indique-t-elle. Pour pousser encore plus loin cette allusion, le couple a décidé de placer l’ustensile à la droite de l’assiette…
Avec leur restaurant, Caroline, en salle, et Étienne, en cuisine, veulent tirer profit des fruits de leur terroir, avec un approvisionnement au marché de Rocabey et la présence de produits issus de nombreux maraîchers locaux et des criées de la côte d’Émeraude. Mais également des fromages de la Maison Bordier, des algues de Rothéneuf et de la viande française, parfois bretonne. Une démarche somme toute logique pour Caroline Corson, originaire d’une commune située entre Rennes et Redon (Ille-et-Vilaine), et Étienne Corson, des Côtes-d’Armor. Le couple s’est connu au lycée hôtelier, à Rennes, et a vécu de nombreuses expériences professionnelles en commun. D’abord à l’étranger, en Espagne, au Luxembourg, en Irlande ou encore en Suisse, puis en France, et plus spécifiquement la Bretagne, à l’Hôtel de Carantec (Finistère) aux côtés du chef Patrick Jeffroy, deux étoiles Michelin, avant de rejoindre le Bénétin, à Rothéneuf.
Entre-temps, Étienne Corson a travaillé au Chalut, à Saint-Malo, alors récompensé d’une étoile au Guide Rouge, qui a ensuite été vendu pour devenir Méson Chalut. « Ces expériences m’ont permis de comprendre les attentes des clients étrangers », résume Caroline Corson. Un atout puisque leur table accueille une part importante de touristes étrangers. Aussi, « beaucoup de nos clients possèdent une résidence secondaire à Saint-Malo. Et quand ils viennent en ville, ils viennent nous voir », explique-t-elle. En outre, les locaux sont bien présents à l’heure du déjeuner. « Nous travaillons tout au long de l’année », précise-t-elle. « À part les mois de juillet et août, il n’y a pas vraiment de pic d’activité », complète son conjoint.
Par ailleurs, les clients plébiscitent le menu à 36€ en trois services (avec un choix de deux entrées, deux plats et deux desserts). « Au début, nous proposions une formule déjeuner, plat et dessert, qui n’a pas marché plus que cela », raconte le chef. Le couple de restaurateurs, récompensé depuis 2022 d’un Bib Gourmand par le Guide Michelin et d’une note de 11/20 accompagnée d’une toque par le Gault&Millau, dispose également d’une carte de six entrées (entre 12 et 24€), trois plats (entre 24 et 33€) et trois desserts (entre 10 et 11€). Ouvert du vendredi au mardi, de 12h à 13h30 et de 19h à 21h, le restaurant possède une capacité d’accueil de 20 personnes et réalise un ticket moyen compris entre 45 et 55€. Enfin, le couple a décidé de faire évoluer la décoration du lieu, avec des tables en chêne massif et sans nappe.