50 chefs signent une tribune contre l’agriculture intensive
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Un total de 50 chefs, parmi lesquels Thierry Marx, Jacques Marcon et Mauro Colagreco, ont signé la tribune de Terra Hominis, publiée dans le journal Le Monde. L’objectif ? Promouvoir une agriculture durable et non intensive.
Dans une tribune parue le 17 mai 2026 dans Le Monde, Terra Hominis, créateur de vignobles en copropriété, et 50 chefs – la plupart étoilés – ont appelé à privilégier une agriculture durable, en opposition à une agriculture intensive.
Parmi les cuisiniers signataires, nous pouvons retrouver Thierry Marx, Alain Dutournier et Christian Têtedoie. Mais aussi les triplement étoilés Jacques Marcon (restaurant Marcon à Saint-Bonnet-le-Froid), Emmanuel Renaut (Flocons de Sel à Megève), Jérôme Banctel (La Réserve à Paris), Mauro Colagreco (Le Mirazur à Menton) et Arnaud Donckele (Cheval Blanc Paris et Saint-Tropez).
Le texte vient en réponse aux propos d’Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, le 23 février dernier s’interrogeant sur la « taille critique » des exploitations « au titre de la compétitivité ». Un avis rejeté par les signataires qui estiment qu’un tel constat revient à « se tromper autant sur les causes que sur les solutions ».
Ils avancent en effet que « les exploitations tournées vers l’exportation sont dépendantes, d’une part, de leur productivité – et donc de facteurs extérieurs […], et, d’autre part, de leurs débouchés, qui dépendent, eux, de marchés volatils et de la bonne volonté des acheteurs ».
La situation de péril de l’agriculture dénoncée par les chefs
Ils pointent également du doigt « la nécessaire spécialisation des exploitations tournées vers l’exportation », qui entraîne alors « des dépendances sur d’autres filières », mais aussi « l’agrandissement des exploitations et leur surmécanisation [qui] rendent leur transmission impossible et risquent de produire un oligopole ».
Par ailleurs, Terra Hominis et les chefs étoilés signataires alertent sur le phénomène de raréfaction des terres agricoles – deux millions d’hectares en moins depuis 1981 à cause de l’artificialisation des sols. Ils rappellent également le risque de disparition de la profession d’agriculteurs avec 40.000 petites fermes en moins entre 2022 et 2025 et le fait qu’un agriculteur sur deux partira à la retraite d’ici à 2030.
« Ce sont autant de terres qui pourraient perdre leur vocation nourricière ou être absorbées par les grandes exploitations voisines », estiment-ils alors. Et d’ajouter : « En voulant étendre nos fermes ou intensifier notre production agricole au nom de la compétitivité, nous ne ferons qu’accroître nos vulnérabilités. »
Face à ces différents périls, les signataires souhaitent favoriser « une agriculture moins intensive, moins extensive et moins nocive, mais plus durable, plus familiale et plus qualitative ». Et ce, en insistant sur la viabilité d’un tel modèle. Ils s’appuient en effet sur le Centre d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural (Civam) qui révèle qu’une ferme dont le modèle est l’agriculture durable conserve près de 40% de la richesse produite sur son territoire, contre 25% pour une ferme conventionnelle.
L’appel à la création d’un fonds foncier national
De plus, « si la compétitivité ne produit que des volumes sans âme, l’agriculture durable crée de véritables richesses, des retombées locales et des aliments de meilleure qualité », insistent les signataires de la tribune. Dans ce cadre et à travers leur tribune sur l’agriculture, Terra Hominis et les chefs étoilés appellent les citoyens à s’engager dans cette voie, en particulier à travers leurs votes lors de l’élection présidentielle de 2027.
D’ici cette échéance, « après l’occasion manquée de la mal nommée “loi d’orientation pour la souveraineté alimentaire”, l’examen du projet de loi d’urgence agricole, prévu à l’Assemblée nationale à partir du mardi 19 mai, pourrait être un premier pas vers ce basculement ». Les signataires avancent ici deux mesures.
D’une part, la création d’un fonds foncier national abondé par de l’épargne citoyenne pour acheter les sols et les louer afin de faciliter l’installation de jeunes agriculteurs. D’autre part, la mise en place d’un « ”Girardin agricole” métropolitain ». Concrètement, une « réduction d’impôt fléchée vers des outils qui créent de la valeur à la ferme », indiquent-ils, citant en exemple des laboratoire de transformation ou des serres.