Décision business
Avec 36% de son vignoble converti en bio ou biodynamie, alors que « la moyenne nationale s’élève à 21,5% » comme le souligne Aurélia Sovic, en charge des relations presse du Comité interprofessionnel des vins d’Alsace (CIVA), la région alsacienne fait figure de bon élève en France. Sur les 15.000 hectares de vignes qui couvrent le vignoble, 5.600 hectares se révèlent être cultivés en bio, en biodynamie ou sont en conversion. Un statut qui se révèle historique.
En effet, « en France, la biodynamie s’est développée en Alsace, en 1969 », rapporte Aurélia Sovic. Tandis que « le bio a commencé en 1961, nous avons un côté précurseur », complète Thierry Fritsch, œnologue travaillant pour le CIVA. Le fait que le courant ait connu en France sa genèse en Alsace explique, selon Aurélia Sovic, « que nous soyons à la pointe ». Cette dernière justifie l’apparition première de la biodynamie en Alsace du fait « de la proximité à l’Allemagne, où il existe une sensibilité particulière à la nature que nous possédons en commun ».
Une signature qui se poursuit finalement au fil des générations. « Les jeunes qui s’installent convertissent quasiment tous leurs domaines au bio ou à la biodynamie », ajoute-t-elle. Christophe Bléger, du domaine Claude & Christophe Bléger, situé à Orschwiller (Bas-Rhin), a repris l’affaire familiale datant de 1630 au début des années 2000. Il dispose de 9,5 hectares « cultivés en bio depuis toujours », mais certifiés bio depuis 2005. « Nous empruntons beaucoup d’éléments à la biodynamie, mais nous ne sommes pas certifiés », précise-t-il également. Ce dernier justifie la forte présence du bio par « la pluviométrie plus faible qui induit moins de risques de maladies ».
Néanmoins, Christophe Bléger assure ne pas exclusivement communiquer sur cette étiquette écoresponsable. « Nous ne jouons pas spécialement dessus. Il y a 15 ans, je mettais en avant le fait que nous étions en bio. Mais aujourd’hui, je souligne le fait que nous sommes un petit domaine parce que trouver le produit unique est de plus en plus recherché », développe-t-il ainsi.
D’ailleurs, bien que le CIVA mette en avant la spécificité écoresponsable de son vignoble, il ne souhaite en aucun cas pousser les vignerons conventionnels à passer le pas. « Nous n’avons pas la volonté d’emmener tout le monde dans cette direction, indique en effet Aurélia Sovic. Tout le monde ne peut pas se le permettre. » Ainsi, sur les 4.000 acteurs du vignoble alsacien, 667 domaines sont en bio et/ou en biodynamie. Pour rappel, les vins d’Alsace correspondent à une production annuelle d’environ 1,1 million d’hectolitres, soit 150 millions de bouteilles. Le blanc prédomine largement avec 90% des volumes. S’agissant de la distribution, 26% de la production est écoulée à l’export à travers plus de 130 pays, dont, principalement la Belgique. Quant au marché national, qui représente 74% des volumes, la vente directe représente le quart des ventes.
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